Les banques européennes ont plutôt bien payé l’an dernier. Ce ne sera pas le cas cette année

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Quiconque vous affirmera catégoriquement que les bonus des banques européennes sont bien inférieurs à ceux des banques américaines dans le bonus round de cette année met la charrue avant les bœufs. Les banques U.S. ont déjà informé tous leurs employés des bonus qu’ils toucheront au titre de l’année 2018, mais la plupart des banques européennes ne le feront que d’ici quelques semaines. Personne ne sait donc exactement combien les banquiers européens gagneront.

Mais il est clair que les bonus dans les banques européennes ne seront pas excellents. « Les marchés ont été épouvantables en 2018. La rentabilité des divisions BFI des banques européennes a grandement chuté, notamment chez BNP Paribas ou Société Générale, alors que le besoin en fonds propres s’accroît », explique Eric Singer, partner au sein du cabinet de chasse de têtes Singer & Hamilton.

Ainsi, le Financial Times a rapporté jeudi que Credit Suisse gelait son bonus pool 2018 au niveau 2017 et baisserait son enveloppe allouée aux traders (au profit des banquiers corporate finance). Bloomberg avait déjà annoncé que Deutsche Bank réduirait son bonus pool de 10% cette année (peut-être encore plus étant donné la forte baisse des dépenses de rémunération de la BFI de la banque allemande au quatrième trimestre).

Pas mieux du côté des banques françaises. « Ce ne sera pas une bonne année pour les bonus des traders », a d’ores et déjà indiqué à Reuters William Kadouch-Chassaing, le CFO de SocGen, certaines sources internes à la banque évoquant une baisse pouvant aller jusqu’à 25%. Quant aux bonus de BNP Paribas, ils pourraient pâtir des réductions de coûts supplémentaires de 350 M€ dans la banque d’investissement.

Parmi les banques européennes, il n’y a guère que Barclays et UBS qui pourraient tirer leur épingle du jeu. Cependant, Barclays qui est harcelée par un investisseur activiste déterminé à vendre sa banque d’investissement pourrait être tentée de jouer la carte de la modération sur les rémunérations des banquiers et traders. Quant aux banquiers d’UBS, ils ont connu un quatrième trimestre épouvantable au point que la banque suisse a ramené la proportion de son enveloppe de rémunérations à son niveau le plus bas depuis plusieurs années.

Les banques U.S. ont gagné la bataille

Tout cela n’est pas anodin, d’autant plus que les banques U.S. n’ont pas si mal payé en 2018. « En règle générale, ceux qui ont surperformé dans les banques américaines ont pu voir leur bonus augmenter jusqu’à 15% quand ceux qui ont sous-performé ont subi une baisse de 10% », rapporte un chasseur de têtes.

Comme nous l'avions annoncé le mois dernier, les banquiers de Morgan Stanley ont de bonnes raisons d’être satisfaits après avoir été informés que la banque envisageait de faire passer le pourcentage de son bonus pool « de bas à moyen ».  En comparaison, les banquiers européens semblent bien mal lotis.

Qui plus est, ce n'est pas la première fois que les banques européennes torpillent leurs bonus pools. SocGen, par exemple, avait réduit l’an dernier de 25% son pool de bonus réservé aux traders. En 2015, le pool de bonus du Credit Suisse a été réduit de 30%. Quant aux collaborateurs de Deutsche Bank, ils ne se sont toujours pas remis du choc de la suppression de leurs bonus en 2017.

« Dans ce contexte, on peut faire deux remarques pour 2019 : on n'est pas loin du gel des recrutements voire de plans sociaux en BFI. Les bonus seront réservés uniquement aux ''majors de promotion'' », analyse Eric Singer. « Les banques européennes ont perdu la bataille des banques d'affaires. Ce marché est aujourd'hui trusté au cœur même de l’Europe par les banques américaines ».

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