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Bilan de la saison des bonus 2017 : les banquiers sont-ils satisfaits ou déçus ?

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La saison des bonus 2017 est terminée. Les banquiers connaissent désormais tous le montant des primes que leur banque leur a accordées au titre de l’année 2016. Sont-ils plutôt satisfaits ou mécontents ? La question mérite d’être posée car si les banquiers sont insatisfaits de leur bonus, ils chercheront sans doute à changer d’employeur ces prochains mois.

C’est pourquoi, afin de mesurer leur degré de satisfaction, le site de benchmarking de salaires dans le secteur financier Emolument.com a analysé 1.640 bonus de banquier de Londres et 264 bonus de banquiers à Paris en leur demandant quelles étaient leur ressenti au sujet des bonus qu’ils ont reçus.

Sans surprise, les résultats montrent que les banques américaines (Bank of America Merrill Lynch, Citigroup, Goldman Sachs, JP Morgan, Morgan Stanley) font toujours la course en tête, loin devant les banques britanniques (Barclays, HSBC, RBS, Lloyds) et d’Europe continentale (BNP Paribas, Commerzbank, Credit Suisse, Deutsche Bank, ING, Santander, SocGen, UBS, Unicredit), et ce quel que soit le niveau de séniorité, comme l’illustre le tableau ci-dessous :

Salaires et bonus médians 2017 des banquiers front-office à Londres

Bonus Emolument

Source  : Emolument

Des banquiers pour la plupart mécontents

A Londres, c’est chez JP Morgan que les banquiers sont les plus nombreux (28%) à se dire satisfaits. Ceux qui travaillent dans les banques françaises (BNP ou SocGen) sont moins d’un quart à se montrer satisfaits, mais ce n’est pas vraiment une surprise étant donné qu’elles ont la réputation d’être les moins généreuses de la City, tant en termes de salaires que de bonus.

En revanche, à Paris, les banquiers travaillant chez CACIB sont presque une majorité (47%) à se dire satisfaits du montant de leur bonus. Explication avancée par Emolument : SocGen, BNP ou Natixis sont souvent considérées comme faisant partie du ‘top tier’ des banques d’investissement, et leurs employés sont donc tentés de comparer leur bonus aux employés de ce top tier (JP Morgan, Morgan Stanley, Goldman Sachs, Barclays…). La comparaison est rarement à leur avantage… CACIB n’étant généralement pas considérée comme étant membre de ce top tier, ses banquiers ont des attentes moindres, et se satisfont plus facilement de leur bonus.

Quand la déception est au rendez-vous

Les banquiers savent que leur bonus ne dépend pas seulement de leur performance individuelle mais également de celle de leur équipe et de la banque en général. Si certains ont été agréablement surpris comme c’est le cas des banquiers de RBS qui s’attendaient à des enveloppes de bonus réduites suite aux résultats médiocres de leur banque en 2016, d’autres sont profondément déçus au regard des performances de leur activité.

C’est notamment le cas chez Goldman Sachs qui a pourtant réalisé un exercice meilleur que prévu, ou bien chez les traders fixed income de SocGen à Londres qui s’attendaient à être bien payés au vu de leurs performances, sauf que des chasseurs de têtes nous ont rapporté que cela n’avait pas été le cas. Et il n’est pas dit qu’ils puissent changer de banque rapidement étant donné les délais de préavis à respecter en cas de démission.

Pas de quoi se plaindre, quoique…

« Alors que les réglementations strictes ont substantiellement plafonné les montants des bonus au cours des 10 dernières années, le secteur bancaire est encore de loin celui qui paie le mieux, de nombreux banquiers recevant près de 100% de leurs salaires de base annuels, qui ont été augmentés pour compenser une baisse du montant des bonus », relativise Alice Leguay, co-fondatrice et COO chez Emolument.com.

Cependant, même un salaire élevé ne dissipe pas complètement la frustration des banquiers vis-à-vis de leur carrière. « La banque n’est plus perçue comme un métier glamour, et est désormais très contrôlée et réglementée, avec beaucoup d’entraves pour y supporter la routine en attendant qu’une opportunité se présente pour se recycler vers le secteur des hedge funds ou du private equity », conclut Alice Leguay.

PARIS

LONDRES


Crédits photo : nullplus / gettyimages

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