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La vraie raison pour laquelle (quasiment) personne ne quitte SocGen à Londres…

Socgen notice period

Si la victoire de Macron relance les chances de Paris de devenir la principale place financière post-Brexit, l’impact sur le cours des actions de la Société Générale semble moins évident. En effet, celui-ci a cédé 3% lundi matin pour revenir au niveau précédant l’annonce par SocGen la semaine dernière des bonnes performances de ses activités trading.

Mais si les employés ne quittent pas SocGen, ce n’est pas parce qu’ils attendent que les actions – auxquels sont adossés leurs bonus différés – voient leurs cours remonter. C’est parce qu’ils ne le peuvent tout simplement pas : ils sont pieds et mains liés.

Alors que la plupart des banques de la City disposent d’un délai de préavis de trois mois pour son personnel démissionnaire, la période de préavis chez SocGen est de cinq mois. Cela concerne les traders seniors depuis au moins 2006, mais des chasseurs de tête rapportent que la banque française a étendu en 2012 cette politique à tous les candidats.

« SocGen est la seule banque avec une période de préavis aussi longue pour tous les analysts et associates », précise un chasseur de tête fixed income, s’exprimant sous couvert d’anonymat. Et d’ajouter : « Cela devient problématique lorsque les autres banques tentent de débaucher auprès de SocGen ».

Dans sa conception d’origine, la politique de Socgen était destinée à empêcher le départ de ses talentueux traders seniors. Il faut dire que la banque française constitue depuis longtemps une véritable pépinière d’excellents mathématiciens financiers qui, après avoir fait leurs premières armes chez SocGen, partent pour des postes mieux rémunérés dans des banques américaines voire européennes.

Cette année, cependant, les chasseurs de tête disent que les longues périodes de préavis de SocGen ont eu pour effet de retenir les juniors candidats au départ. « SocGen n’a pas bien payé lors du dernier round de bonus, ni d’ailleurs lors des deux premiers rounds qui précédaient », rapporte le chasseur de têtes. « La période de préavis s’est transformée en moyen de retenir les personnes après les avoir payées au-dessous du marché ».

Bien que SocGen ait procédé à de gros recrutements aux États-Unis, elle est également en train de réduire les coûts de sa banque d’investissement de 220 millions d’euros, ce qui pourrait se traduire par un plan de départs volontaires des cadres seniors parmi les plus onéreux. Ainsi, Niamh Whooley, son directeur de la recherche actions, investissement social et gouvernance est parti le mois dernier. Pierre Kervella, ancien responsable du trading delta one et responsable adjoint du financement est parti en novembre.

Enfin, Maxime Kahn, l’un de ses principaux traders et ancien responsable du trading actions est parti en septembre, sans doute pour rejoindre un hedge fund, même si cela reste à confirmer. Les profils de LinkedIn de Kervella et Kahn disent qu’ils sont en garden leave – une situation qui dure déjà depuis respectivement sept et neuf mois.


Photo credit: red lock by darwin Bell is licensed under CC BY 2.0.

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