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Salaires et bonus : les banques françaises parmi les moins généreuses de la City ?

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La saison des bonus bat son plein. Si les employés des banques françaises dans l’Hexagone n’ont pas encore communiqué sur le montant de leurs primes, ceux basés dans des banques françaises à la City de Londres connaissent désormais le montant de leurs bonus 2017 versé au titre de l’année 2016.

A ce sujet, le site de benchmarking de salaires dans le secteur financier Emolument.com a compilé les salaires et bonus en front office sur 2016-2017 versés par les banques françaises à Londres, et les a comparés à ceux des banques américaines et européennes basées à la City, sur la base de 1.337 déclarations.

Force est de constater que les employés en front office travaillant dans les grands banques d’investissement françaises à Londres ont perçu en moyenne des salaires et bonus moins élevés que ceux des autres banques. Ainsi, un analyst perçoit une rémunération globale de 54.000 £ (62.400 €), inférieure de près de 5% à ses homologues des banques européennes et de 25% comparé aux grandes banques américaines.

L’écart est encore plus prononcé au sommet de la hiérarchie où un managing director d’une banque tricolore peut espérer toucher 422.000 £ (487.000 €), soit 9% de moins qu’une banque européenne et 35% de moins qu’une bulge bracket.

Les raisons d’un tel écart

« Historiquement, les banques francaises ont toujours été moins agressives en terme de rémunération par rapport à leurs compétiteurs européens et américains », constate Alice Leguay, co-fondatrice et COO chez Emolument.com. « Ceci s’explique notamment par une sécurité de l’emploi accrue en France a contrario d’autres centres financiers européens, qui se défont plus aisément de leurs employés ».

« Il faut également considérer que les bureaux des banques françaises à Londres sont rarement le centre névralgique de la banque, qui aura souvent vocation à se situer au sein de la maison mère parisienne dont tout éloignement signifie souvent une diminution des rémunérations », poursuit Alice Leguay.

L’écart avec Wall Street se creuse

Alors que Wall Street enregistre une reprise des bonus, la saison est en nette baisse en Europe. « La différence est croissante entre les banques américaines et européennes », précise dans Les Echos Jon Terry, senior associate chez PwC à Londres, qui estime que la baisse globale de l’enveloppe des bonus atteindra de 15 à 20 % en Europe.

Chez BNP Paribas, après -5 % en 2015, l’enveloppe sur l’Europe devrait ainsi reculer de 10 %, avec une forte sélectivité, selon une source interne. Chez SocGen, la déception est de mise suite à la divulgation des bonus sur le desk trading fixed income de Londres où, d’après le responsable d’un cabinet de recrutement, « l’enveloppe est en baisse d’environ 5% », les juniors étant les principaux touchés.

Pas mieux sur la France où  Emolument.com qui a compulsé des données sur les professionnnels des M&A et de l’origination, sur la base de 74 vice-presidents (VP’s) travaillant en banque d’investissement à Paris, table sur une baisse de 15-16% de leurs bonus.

Paradoxalement, pourtant, les grandes banques françaises (et européennes) ont dû consentir plus d’efforts sur les bonus que leurs concurrentes américaines en proportion de leurs revenus : UBS a ainsi versé 40 % des revenus de sa BFI, contre 27,1 % chez JP Morgan ou 37 % chez Goldman Sachs. De quoi relativiser le manque de générosité de ces banques…

BonusCity

Source: Emolument.com


Crédits photo : Guido Mieth / gettyimages

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