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Mal classées dans les league tables, les banques françaises renforcent leurs équipes M&A…

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La fin de l’année coïncide avec la publication des league tables, ces fameux classements qui recensent les banques intervenues comme conseil dans les opérations de fusions et acquisitions (M&A). On observe cette année une particularité : les banques françaises peinent à se hisser dans le peloton de tête alors que la taille de leur bilan et leur présence à l’international pourraient justifier une influence plus significative.

Selon les données de Thomson Reuters pour 2016, aucune des quatre grandes banques françaises ne figure parmi les 20 premières banques conseil en M&A dans un classement mondial largement dominé par les groupes américains. Seule la banque d’affaires indépendante Rothschild figure à la 13e place. Même constat sur le marché européen, leur terrain de prédilection: elles ne figurent pas non plus cette année dans le Top 20 des banques conseil, selon ces mêmes données.

« Ce ne sont pas les moyens financiers, les équipes ou les implantations des banques françaises qui expliquent ces classements. La raison vient plus, selon moi, de leurs relations et réseaux d’influence à l’international », souligne un consultant spécialisé en M&A cité par Reuters. « Aux Etats-Unis par exemple, il est important d’avoir des réseaux au sein de certaines instances de régulation. C’est pourquoi les entreprises privilégient les banques anglo-saxonnes, et surtout américaines, pour leurs opérations de M&A ».

Des équipes étoffées à Londres…

Dans ce contexte, on comprend donc mieux la volonté d’une banque telle que BNP Paribas de renforcer ses équipes M&A en Grande-Bretagne, le marché britannique s’étant caractérisé en 2016 par de nombreuses transactions entre les Etats-Unis et la Grande-Bretagne pour lesquelles les entreprises ont préféré mandater des banques britanniques et américaines. Et si BNP Paribas a bien conseillé EDF pour son projet de construction de deux réacteurs nucléaires de type EPR à Hinkley Point en Grande-Bretagne, ce projet n’est toutefois pas intégré dans les données de Thomson Reuters.

Qui plus est, si l’impact du référendum sur le ‘Brexit’ s’est fait ressentir sur le marché britannique des M&A avec un volume des transactions en chute de 58% à 162 milliards de dollars cette année, il n’entame pas les ambitions de la banque de la rue d’Antin. « Le Brexit crée de l’incertitude, mais aussi de nouvelles opportunités, ce qui se manifeste aujourd’hui par une reprise de l’activité M&A », indique Eric Jacquemot, responsable Corporate Finance UK chez BNP Paribas CIB, cité par Reuters.

« Nous allons continuer à investir en Grande-Bretagne pour renforcer nos activités de conseil en M&A. Depuis le 1er septembre, nous avons une équipe de 15 collaborateurs dédiée au marché britannique et deux recrutements de banquiers senior sont prévus en 2017. Et de poursuivre : « Nous procédons aussi à un recrutement en Equity Capital Market (ECM) ». Et pour cause : si les introductions en bourse (IPOs) devraient avoir du mal à se reprendre, les émissions d’actions ne devraient pas poser de problème pour les bons dossiers. 

Plutôt de bon augure donc lorsque l’on sait qu’il y a seulement deux mois en arrière, un banquier senior de chez BNP Paribas déclarait au FT : « Officiellement, il n’y a pas de changement dans notre politique, mais officieusement, nous ne créons pas de nouveaux postes à Londres pour le moment ». Et qu’en mai dernier, il était question selon certaines sources de réduire d’environ 5% les effectifs londoniens dans la BFI de BNP Paribas à Londres.

…mais également à l’international

Surtout, il n’y a pas que sur le marché britannique que BNP Paribas entend se renforcer. La banque mise sur une reprise des M&A l’an prochain, marché sur lequel elle veut grossir, essentiellement à l’international, et notamment en Allemagne dans les pays scandinaves, ainsi qu’aux Etats-Unis où des annonces sont prochainement prévues. « Il est dans nos axes stratégiques de gagner des parts de marché en banque d’investissement en dehors de France même s’il est vrai que notre cœur de marché reste l’Europe continentale », déclare ainsi Sophie Javary, responsable EMEA Corporate Finance chez BNP Paribas CIB.

Les autres banques françaises entendent elles aussi se renforcer, à l’image de Crédit Agricole CIB qui a récemment nommé un tout nouveau responsable mondial adjoint des fusions acquisitions. « 2016 a été une très bonne année pour nos activités de banque d’investissement et tout particulièrement en M&A où nous avons été très actifs. 2017 devrait suivre la même tendance », rappelle Hélène Combe-Guillemet, responsable mondiale de la banque d’investissement. Reste à attendre la publication des prochaines league tables afin de savoir si toutes ces mesures porteront leurs fruits…


Crédits photo : Jirsak / gettyimages

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