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Et si vous postuliez dans l’un des cinq secteurs financiers vantés par Paris dans le cadre du Brexit…

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Vous cherchez à faire carrière dans la finance parisienne ou à changer de secteur d’activité ? Le rapport stratégique publié cette semaine par Paris Europlace sur le positionnement et l’offre de services de la place financière parisienne par rapport à ses principales concurrentes européennes, tant au niveau de l’écosystème que par secteurs financiers, est riche d’enseignements.

Intitulé Brexit : La Place de Paris en pole position en Europe pour attirer les entreprises, ce pavé de 40 pages a pour objectif de faire plus largement connaître aux établissements internationaux les atouts de la Place de Paris et attirer ainsi les potentielles relocalisations d’activités consécutives au Brexit, mais aussi de démontrer l’opportunité historique que représente, en termes économiques, le Brexit pour la Place de Paris et l’importance d’accompagner sa compétitivité et sa promotion.

Qui plus est, le rapport bat en brèche de nombreux clichés autour de la place financière parisienne. « Contrairement aux idées reçues, son régime fiscal, sur les entreprises comme sur les particuliers, y est favorable. Son droit du travail est en profonde mutation et évolue vers une plus grande flexibilité », explique ainsi Gérard Mestrallet, président de Paris Europlace. Et de citer le taux d’imposition sur les sociétés de 33% (similaire à celui de l’Allemagne) ou le taux d’imposition sur les hauts revenus (>300.000 euros, 38%), l’un des plus bas d’Europe.

Evidemment, la publication de ce rapport n’est qu’une première étape et Paris Europlace entend élargir les road shows de promotion de la Place de Paris. En attendant de savoir si ce rapport tapera dans l’oeil des établissements financiers basés à la City, voici les cinq secteurs financiers où la place de Paris entend tirer parti du Brexit et où, par la même occasion, vous devriez peut-être postuler :

1. Gestion d’Actifs

C’est l’une des filières prioritaires pour laquelle la Place de Paris exerce une forte capacité d’attraction pour les sociétés internationales qui souhaitent relocaliser des activités dans l’Union Européenne, suite au retrait prévisible de l’avantage du passeport européen dans le contexte du Brexit. Paris entend bien en profiter pour consolider sa position de première Place de gestion d’actifs dans l’UE.

D’ores et déjà, « elle gère plus de 30% des encours de l’UE, loin devant l’Allemagne (16%) et dispose d’un vaste réservoir de talents avec 4.400 gérants, actifs dans plus de 600 sociétés de gestion de toutes tailles, contre environ 2.500 gérants en Allemagne », rappelle Philippe Marchessaux, ex-directeur général de BNP Paribas Asset Management et président du « Collège Investisseurs » de Paris Europlace.

En outre, la place de Paris bénéficie de 3 dépositaires dans le top 5 européen et dispose d’un environnement réglementaire sans équivalent en Europe pour sa qualité et sa réactivité, avec moins de 17 jours ouvrés pour autoriser un fonds, contre 2 à 4 mois au Luxembourg.

Gestion d'actifs

2. Banque de Financement et d’Investissement (BFI)

« Paris a pour objectif de devenir la première Place de l’Union Européenne dans les 5 domaines suivants : actions, dérivés actions, instruments de dette, finance structurée, corporate lending », explique Séverin Cabannes, DG adjoint de la Société Générale et président du « Collège BFI » de Paris Europlace. Il faut reconnaître que la place ne manque pas d’atouts.

La présence d’une masse critique d’acteurs majeurs (entreprises multinationales clientes des BFI, investisseurs de rang mondial, 4 BFI françaises dans le top 20 européen, qui opèrent depuis la France vers le reste du monde) et la culture de marché de Paris, très proche de celle de Londres, avec un accès large à un stock diversifié de talents (finance, ingénieurs, juristes, risque) sont autant de facteurs d’attractivité pour les banques de financement internationales qui étudient un rééquilibrage de leurs activités vers l’Europe continentale.

Pourtant, alors que Goldman Sachs envisagerait sérieusement de s’installer à Francfort et que Citigroup aurait déjà commencé à prospecter les disponibilités de bureau à Dublin, la capitale française ne semble pas être encore à ce jour dans le radar des grandes banques d’investissement installées à la City. A ce sujet, Gérard Mestrallet a une réponse toute trouvée : « Si les britanniques hésitent à parler de Paris, c’est que nous représentons une vraie menace », a-t-il déclaré lors d’une interview sur BFM TV Business. L’avenir dira s’il a raison.

BFI

3. Capital-investissement

« L’objectif pour la Place de Paris est de consolider sa position de leader du capital-investissement dans l’Union Européenne, particulièrement pour les small/mid caps, avec un objectif d’investissement de 20 milliards d’euros par an », relève Christophe Bavière, directeur général d’ID Invest et qui préside le groupe de travail sur le capital-investissement.

Aujourd’hui, le capital-investissement français est le premier d’Europe continentale en montants investis dans les entreprises (le double de l’Allemagne) et le premier en Europe par le nombre d’entreprises accompagnées par an. Le capital-innovation qui finance les start-up est depuis 2015 le premier d’Europe.

Le cadre prudentiel et fiscal y est favorable : les plus-values sont soumises à la fiscalité du pays d’origine, contrairement à l’Allemagne, le secteur bénéficie du carried interest, comme à Londres, et la création d’un véhicule d’investissement adapté tel que la « SLP » (limited partnership à la française) est un avantage par rapport à l’Allemagne.

4. FinTech

« La Place de Paris est en très forte accélération sur ce segment et leader en Europe continentale, à parité avec Berlin. Paris entend consolider sa place de premier rang en Europe continentale dans l’investissement en Fintech », relève Stanislas de Bentzmann, directeur général de Devoteam, société conseil en IT, sécurité, cloud computing et big data, et par ailleurs président le groupe de travail FinTech.

Parmi les atouts de l’écosystème parisien, on peut citer un cadre règlementaire d’avant-garde conforme à la règlementation européenne pour les fintech (crowdlending pionnier de la règlementation européenne) avec des régulateurs déterminés à soutenir les fintechs (2 Week Ticket introduit par l’équipe de l’AMF en charge des fintech) dans l’obtention de leur agrément.

Vient ensuite un soutien au financement par les acteurs du capital-risque (une quinzaine étant actifs dans les fintechs) et les entreprises financières à travers de nombreux programmes et investissements fintech au sein des principales banques et sociétés d’assurance, et des investissements directs de la part de certaines banques (ex. Crédit Mutuel Arkea, Natixis).

Ajoutons enfin un accès aux talents via des écoles d’ingénieurs reconnues de haut niveau, une école startup dédiée au codage (Ecole 42) et le plus grand incubateur du monde (la Halle Freyssinet) ainsi qu’un apport financier substantiel de l’Etat pour accélérer la mutation numérique des services publics et développer la blockchain.

fintech

SOURCE: PME Finance

5. Infrastructures de marché

« Avec le Brexit, Paris entend consolider sa position de pôle de référence de compensation et règlement-livraison en euros et de hub européen pour le trading actions », indique Denis Beau, directeur général de la Banque de France et président du groupe de trravail Infrastructures de marché. La Place de Paris dispose de nombreux atouts en matière d’infrastructures de marché. A commencer par une chambre de compensation très diversifiée et offrant des services de compensation sur plusieurs segments comme cash equity et equity, commodity derivatives, fixed income, OTC derivatives.

Paris peur également compter sur Euronext, la première plateforme de trading actions et la plus active en termes de listing au sein de la zone euro, ainsi qu’Euroclear France, une chambre de règlement-livraison principal CSD domestique d’Europe continentale qui intervient aux côtés des trois acteurs français de la conservation de titres (BPSS, SGSS et CACEIS), leaders mondiaux qui contrôlent un tiers du marché européen.

Actifs en conservation, 2010, milliards d’euros

Infra

SOURCE : The Asian Banker


Crédits : TomasSereda / gettyimages

commentaires (1)

Comments
  1. Il me semble que le dernier graphique est en milliers de milliards d’euros.

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