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TÉMOIGNAGE : « Ce qui fait la richesse et l’intérêt de mon métier, c’est que la journée-type n’existe pas ! »

Audrey Cauchet, Head of Prudential Regulatory Affairs, Mazars

Audrey Cauchet, Head of Prudential Regulatory Affairs, Mazars

Diplômée d’un Master à l’Audencia Business School (spécialisation en audit-contrôle de gestion), Audrey Cauchet-Kimak est actuellement Head of Prudential Regulatory Affairs chez Mazars. Précédemment, elle était Head of the Solvency/Leverage team chez CA CIB. Elle est par ailleurs trésorière et membre du Comité Exécutif de Financi’Elles, la première fédération de réseaux de promotion de la mixité du secteur de la banque, de l’assurance et de la finance.

Vous avez à la fois travaillé en banque d’investissement et cabinet d’audit & de conseil dans des fonctions liées à la réglementation. Pourquoi avoir choisi de travailler dans ce secteur en particulier ?

Mon orientation vers le réglementaire remonte à l’été 2011, on parlait déjà du passage à Bâle III et je savais qu’il y aurait des opportunités intéressantes à saisir dans ce domaine. C’est ainsi que j’ai tenté ma chance chez CA CIB, persuadée qu’une première expérience dans les ratios prudentiels sous Bâle II (ou Bâle 2.5) me permettrait de mieux comprendre par la suite les enjeux de Bâle III.

Et je n’ai pas été déçue ! C’est un secteur qui change constamment, soit par l’évolution, soit par la mise en place d’une norme, donc l’ennui n’existe pas, et ce qui fait le charme du sujet, c’est aussi le décryptage des enjeux sous-jacents, c’est-à-dire comprendre comment les rapports de force s’instaurent entre banques et autorités de tutelle, pourquoi telle évolution est imposée et quel est l’impact escompté. Intellectuellement parlant, je trouve cela passionnant !

Sur la base de votre expérience professionnelle, le travail est-il très différent selon le type d’établissement ?

Selon moi, ce n’est pas le travail mais l’angle d’approche qui est différent. La supervision bancaire est désormais européenne et les règles qui s’imposent aux établissements sont communes même si, bien évidemment, le type de structure, la taille et le secteur d’activités sont autant de critères qui hiérarchisent l’impact des réglementations et influent sur la façon de les analyser.

En revanche, si on aborde la question de manière très opérationnelle, qu’on travaille en interne ou en cabinet sur les sujets réglementaires, cela reste une relation clients-fournisseur. Dans une banque, l’expert réglementaire est principalement sollicité par les métiers ou les fonctions support (Risques et Finance), et en cabinet, je suis sollicitée par différentes typologies de clients au travers de mes collègues.

Pouvez-vous en quelques phrases nous décrire votre journée-type ?

Ce qui fait justement la richesse et l’intérêt de mon métier, c’est que la journée-type n’existe pas ! Je peux répondre à une question pour un client le matin, puis participer à une conférence l’après-midi, ou animer une réunion de veille, rédiger une publication, préparer un support de formation… Le dénominateur commun, c’est l’intensité du rythme car ce ne sont pas les sujets qui manquent !

Quotidiennement, je me réserve toujours un moment pour lire la presse, non seulement sur les nouveautés réglementaires mais aussi sur le monde bancaire en général, il est important de prendre du recul pour comprendre les différents enjeux. Et j’entretiens aussi mon réseau car ce sont les informations « off » qui sont les plus essentielles pour avoir un coup d’avance sur les prochaines évolutions. Il y a un côté « électron libre » dans mon métier et il faut savoir être flexible aussi car l’imprévu fait partie du quotidien.

Quel est selon vous le profil idéal pour faire carrière dans ces métiers ?

Je dirais qu’il faut avant tout être curieux, avoir une soif d’apprendre et savoir faire preuve d’esprit critique car lorsqu’on lit un texte réglementaire, il faut savoir lire entre les lignes et avoir cette capacité de prise de recul pour mettre en perspective les sujets et comprendre de quelle manière ils interagissent les uns avec les autres.

On ne peut pas être expert de toutes les réglementations, donc pour moi, ce n’est pas le profil universitaire ni une expérience donnée qui peuvent permettre d’avoir le profil idéal, même si les connaissances sont bien évidemment importantes. Je suis intimement convaincue que le tempérament influe davantage et c’est justement la diversité des profils que l’on doit favoriser pour créer des synergies et progresser collectivement.

Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui voudrait travailler dans les métiers liés à la réglementation ?

Il faut tout d’abord accepter que la réglementation est mouvante et que maîtriser tous les tenants et aboutissants est peine perdue. Il me semble important de trouver un ou deux domaines de spécialisation, sa zone de confort en quelque sorte, mais de ne négliger aucun sujet car l’enjeu actuel, c’est d’arriver à comprendre comment l’évolution d’une réglementation peut impacter différents ratios où les effets sont parfois contraires (voire contradictoires) d’un ratio à l’autre.

Il ne faut jamais croire que tout est acquis et garder cette envie de se former continuellement, que ce soit par la lecture des textes, mais aussi par des échanges avec ses pairs, ses clients, ses collègues… La réglementation ne se résume nullement à de la théorie, il faut au contraire rester au contact de la vision opérationnelle pour garder un pied dans la « vraie » vie.


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