☰ Menu eFinancialCareers

Travailler pour une grande banque française à l’international: OUI mais OÙ ?

World Map, mosaic, bank of the Tagus river, Lisbon

Vous rêvez de faire carrière dans la finance à l’international et de préférence dans une grande banque française où vous vous sentirez plus proche culturellement ? Encore faut-il savoir où les établissements bancaires hexagonaux ont-ils renforcé leur présence ou bien réduit la voilure ces derniers mois. Afin de vous aider à y voir un peu plus clair, voici les pays où vous devriez envoyer votre candidature et ceux pour lesquels il vaudrait peut-être mieux patienter un peu :

EUROPE

Allemagne-Benelux-Europe de l’Est : A l’heure où les grandes banques licencient massivement, notamment en Allemagne et aux Pays-Bas (Deutsche Bank, Commerzbank, ABN Amro, ING…), les banques françaises maintiennent leur présence, à l’image de BNP Paribas qui a même renforcé sa présence en Allemagne ces dernières années (Consorsbank, DAB Bank…). A noter que Société Générale Securities Services renforce ses équipes en Pologne.

Royaume-Uni : Depuis le vote en faveur du Brexit, les recrutements dans les grandes banques françaises présentes à la City de Londres ne semblent plus être vraiment à l’ordre du jour. « Nous avons gelé les transferts internes prévus à Londres. Et quand nous embauchons, nous optons si possible pour une destination autre que Londres », rapporte sous couvert d’anonymat un cadre dirigeant de Société Générale cité cette semaine par le Financial Times.

Même son de cloche chez BNP Paribas avec les propos rapportés par ce banquier : « Officiellement, il n’y a pas de changement dans notre politique, mais officieusement, nous ne créons pas de nouveaux postes à Londres pour le moment ».

Suisse : Non seulement les banques suisses ne recrutent pas beaucoup, mais certaines banques françaises présentes dans la Confédération helvétique réduisent actuellement la voilure, à l’instar de Société Générale Private Banking qui se trouve sur le point de remercier environ 80 collaborateurs, sur 420 employés actifs actuellement sur ses sites de Genève, Lausanne et Zurich.

Dans le même temps, d’autres font le choix de se renforcer, comme Natixis Global Asset Management qui, le mois dernier, a inauguré un second bureau à Zurich en plus de celui de Genève. Quant à BNP Paribas, elle signe son grand retour dans le financement du négoce.

Europe du Sud : BNP Paribas envisage de supprimer 700 emplois et 100 agences de sa banque de détail italienne BNL d’ici 2020. Dans le même temps,  « la banque veut créer un “hub” de Ressources humaines au Portugal pour les activités de CIB dans la région Europe, Moyen-Orient et Afrique », indique une source interne qui indique que BNP devrait supprimer 19 postes en France et transférer une partie de ces emplois vers Lisbonne.

ASIE / PACIFIQUE

Du fait notamment du ralentissement économique de la Chine, de nombreuses banques américaines et européennes ont décidé de réduire leur développement en Asie et de geler leurs plans de recrutements. A contrario, les banques françaises présentes historiquement dans la zone Asie-Pacifique (Crédit Agricole CIB a fêté en 2014 ses 120 ans de présence à Hong Kong), ont choisi depuis l’an dernier d’y doper leur présence, notamment dans la gestion d’actifs et la banque d’investissement.

C’est le cas par exemple de Natixis qui il y a moins d’un an a inauguré une succursale à Pékin. «Cette ouverture démontre notre engagement en Chine et nous permet d’accompagner plus étroitement nos clients chinois dans leur croissance et mettre à leur service toutes nos expertises déjà développées en Europe et à l’international », s’est félicité François Riahi, responsable de la plate-forme Asie-Pacifique qui compte plus de 600 collaborateurs répartis dans 12 pays.

Si les banques françaises semblent davantage miser sur une stratégie de long-terme, cela ne les empêche pas bien sûr de s’adapter à la conjoncture quand cela est nécessaire. Société Générale, qui compte dans la zone Asie-Pacifique 6.600 employés répartis dans 11 pays, a ainsi cédé l’an dernier son activité de banque privée en Asie à la banque singapourienne DBS pour 220 millions de dollars, et a dans le même temps redéployé ses activités de prêt aux entreprises en Asie-Pacifique, essentiellement sur le marché de la dette (debt capital market).

SGCIB, vient de nommer cette semaine un nouveau responsable des Activités de Financement pour l’Asie Pacifique où elle est présente depuis plus de 20 ans. Dans les pays à fort développement comme la Chine, l’Indonésie et la Malaisie, les opportunités de financement sont naturellement plus fortes que dans les pays matures (en particulier au Japon, en Corée et à Taïwan), où les banques proposent des solutions d’investissement sur mesure.

L’Inde semble avoir aussi les faveurs des banques françaises : Société Générale a lancé Catalyst, un accélérateur de startups afin de capitaliser sur la richesse de l’écosystème des startups en Inde, tandis que sa filiale Société Générale Securities Services y a récemment renforcé ses équipes.

AMÉRIQUES

BNP Paribas a annoncé cet été la création aux États-Unis (son marché le plus important après l’Europe) de BNP Paribas USA « qui incarne notre engagement et notre investissement sur le marché américain », a déclaré Michael Shepherd, président de la nouvelle entité. « Avec une équipe de talent composée de dirigeants issus de nos différentes entités, BNP Paribas USA va réaliser l’intégration de certains processus des différents métiers, promouvoir la coordination entre nos activités et nous fournir de nouvelles capacités pour mieux servir tous nos clients ».

L’activité de BNP Paribas aux États-Unis a connu une croissance significative depuis deux ans tant dans la banque de détail qu’auprès des clientèles entreprises et institutionnelles : en 2015, les revenus de CIB et de Retail Banking & Services en Amérique du Nord se sont accrus respectivement de 15 % et 5 % (en USD) par rapport à 2014.Présente sur le marché américain depuis la fin du 19ème siècle, la banque y emploie aujourd’hui plus de 16.000 collaborateurs.

Par ailleurs, les banques françaises entendent bien participer à l’envol des financements d’infrastructure aux États-Unis, comme Société Générale qui accompagne le projet de rénovation et de transformation de LaGuardia, un des principaux aéroports de New York.

Il en va de même pour les fusions et acquistions. Natixis étend cette activité aux Etats-Unis grâce à la finalisation cet été de l’acquisition d’une participation majoritaire dans Peter J. Solomon, une société basée à New-York et spécialisée en conseils indépendants en fusions-acquisitions, opérations de haut de bilan et restructurations, à destination d’entreprises cotées et non cotées qui compte une cinquantaine de banquiers et a conseillé plus de 500 transactions depuis sa création en 1989.

Enfin, le Canada n’est pas oublié. En mai dernier, Credit Agricole CIB a obtenu le statut officiel de succursale au Canada. « La création d’une succursale au Canada souligne la présence croissante de Crédit Agricole CIB au Canada et son rôle de plus en plus important dans ce pays. Ce statut devrait notamment accroître de façon significative sa capacité à servir la clientèle canadienne, de plus en plus nombreuse », explique Xavier Roux, Senior Country Officer pour le Canada.

AFRIQUE / MOYEN-ORIENT

CACIB a recruté le mois dernier Marc Sfeir (ex-BoA Merrill Lynch) comme nouveau responsable pour ses activités de fusions-acquisitions au Moyen-Orient, un poste qui n’était plus occupé localement depuis cinq ans. Une nomination qui coïnciderait avec le redéploiement des activités de Cacib dans la région après la relocalisation à Paris d’une partie des activités suite à la crise financière qui avait touché Dubaï et la région en 2011, selon des sources proches du dossier.

A noter également que Société Générale multiplie les investissements dans les fintechs sur le continent africain : la banque française est ainsi entrée au capital de Tagpay pour développer la banque mobile en Afrique et vient de dévoiler la création d’un Lab à Dakar ayant pour vocation de stimuler et d’accélérer l’innovation au sein de toutes ses filiales d’Afrique subsaharienne.


Crédits photo : DEA / W. BUSS / Contributeur gettyimages

commentaires (0)

Comments

Votre commentaire est en attente de modération. Il apparaîtra sur le site une fois validé

Réagissez

Pseudo

Adresse e-mail

Consultez notre règlement concernant notre communauté ici