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Vivre dangereusement : journal d’un spécialiste ABS (6e épisode)

L’épisode au cours duquel une proposition d’emploi est partie plus vite qu’elle n’est arrivée…

C’est bien connu, le réseautage peut sortir un type de sa malchance, et cette semaine, j’ai pour la première fois pu tester l’efficacité de ce principe. Un ancien collègue m’a gentiment organisé un entretien avec un fonds d’investissement. J’estimais avoir beaucoup de chance de passer un entretien pour un poste qui n’était pas encore tombé entre les mains d’un cabinet de recrutement.

À l’entretien, on m’a demandé de décrire mon expérience et j’ai répondu modestement qu’elle était très riche dans le domaine des financements structurés, à l’exception des CDOs. Mon interlocuteur toussota, sourit et me répondit que ce qu’il recherchait, c’était précisément quelqu’un avec une solide expérience dans les CDOs afin de gérer leurs positions existantes et d’examiner de futures opportunités d’investissement.

Dans ma liste des entretiens lamentablement échoués, celui-ci tient le haut du pavé. En plus, c’était la première fois depuis l’université que je passais un entretien sans être en poste quelque part… Malheureusement, la vive recommandation de mon ancien collègue ne me serait plus d’aucune utilité.

Surtout, j’étais assez surpris de constater qu’il y avait encore de la demande pour des postes CDO. J’ai aussitôt rétorqué à mon interlocuteur que ce n’était pas ce genre de profil qui manquait sur le marché et qu’il finirait très vite par trouver quelqu’un.

Finalement, c’était une bonne chose que d’avoir pu passer ce premier entretien depuis mon licenciement. Cela m’a mis un peu de baume au cceur dans un marché en berne. Et ce, même si j’ai réduit à néant le peu de chances que j’avais de travailler pour le fonds en question. De toute façon, leur réceptionniste était bien trop sexy et les autres femmes de l’étage auraient exercé trop de distractions pour que j’effectue mon travail sereinement.

Pour me redonner du courage, j’ai souscrit un contrat pour un BlackBerry. Je me sentais nu sans et me suis persuadé que d’avoir cette petite boîte noire vrombissante dans ma poche pourrait m’aider à retrouver ma dignité. C’était à la limite du pathétique que de choisir cet outil de travail plutôt qu’un téléphone fashion comme on en fait aujourd’hui. Cependant, cela portait déjà ses fruits, je me sentais déjà mieux !

Parallèlement, le fait que les licenciements semblaient se multiplier un peu partout m’a donné quelques frissons de plaisir sadique : je me sentais moins seul. J’étais certes outragé par l’épouvantable comportement de la banque pour laquelle j’avais travaillé mais, la semaine dernière, j’avais entendu parler d’un bien plus choquant licenciement en masse de types qui travaillaient dans les financements structurés. Le FT résuma en une ligne que l’agence de notation canadienne DBRS allait fermer sa filiale en Europe. Les employés ont été renvoyés chez eux. DBRS n’a pas confirmé l’information, mais j’ai entendu dire qu’il n’y avait non seulement aucune garantie que leur congé forcé soit payé, mais qu’il n’y avait pas d’assurance non plus que le salaire du mois de janvier leur soit versé.

Les agences de notation ont joué la carte de la séduction en proposant des jobs réputés plus sécurisés que dans les banques et aussi moins lourds en termes d’horaires. Que restera-t-il de cette réputation dans les conditions de marché actuelles ?

ABS : Asset-Backed Security : dans le cadre d’opérations de titrisation, titres émis par le véhicule ad hoc afin de lui permettre d’acheter des actifs, comme des stocks ou des créances clients, auxquels ils sont donc adossés.

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