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Audit interne : des compétences à combler sur fond de guerre des talents

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Deloitte vient de publier ce mois-ci les résultats de son enquête mondiale réalisée dans 298 pays auprès de 1.200 directeurs de l’audit interne (DAI) dont 229 travaillent dans les services financiers. Principal constat à retenir si vous travaillez déjà dans ce secteur ou souhaitez y faire carrière : les écarts en termes de compétences doivent être comblés.

« Plus de la moitié des DAI (59%) n’est pas convaincue que les équipes disposent des compétences et de l’expertise requises afin de satisfaire les exigences actuelles des parties prenantes, sans parler des exigences futures », explique ainsi Marc Duchevet, Associé chez Deloitte, en charge des activités risk advisory pour les secteurs industrie, services et secteur public.

Un constat d’autant plus alarmant que les activités de conseil vont se développer. Dans le monde, « plus de la moitié des participants (55 %) anticipe un accroissement des missions de conseil sous trois à cinq ans », relève pour sa part Antoine de Sars, Directeur Risk Advisory chez Deloitte. La proportion est de 47% en France.

Si le niveau de satisfaction des DAI concernant les compétences de leurs équipes est plus élevé en France qu’en moyenne dans le monde (54% contre 41%), les lacunes constatées dans le domaine de l’analytique sont nettement plus prononcées : 89% des sondés utilisent les techniques Analytics à un niveau basique ou n’y ont pas recours, alors que l’utilisation d’outils Analytics et de data visualisation dynamiques devrait être multiplié par 5 d’ici trois à cinq ans.

En France comme dans le monde, la plupart des fonctions d’audit interne communiquent leurs résultats au moyen des mêmes rapports statiques depuis des années. Cela peut être une des raisons qui expliquent son faible impact et sa faible influence au sein de l’entreprise. Sans compter qu’à brève échéance, de nombreux processus clefs seront opérés par des techniques d’intelligence artificielle, des transactions seront automatisées par la Blockchain.

En attendant, la guerre des talents fait rage

« L’Audit Interne doit concilier un déficit d’image et d’attractivité à un besoin d’expertise de plus en plus fort », expliquent les auteurs de l’étude. Pour acquérir des talents spécialisés, les fonctions d’Audit Interne utilisent de plus en plus souvent des modèles alternatifs d’acquisition des ressources afin de compléter leur équipe centrale d’Audit Interne.

La moitié des sources alternatives d’expertise au niveau mondial et en France sont externes (co-sourcing et ressources externes). Il est à noter que la seconde source au niveau mondial et en France est le ‘Guest auditor’, un programme permettant d’intégrer des collaborateurs de l’entreprise au sein de l’Audit Interne afin qu’ils contribuent à des analyses spécifiques. Les programmes de rotation procurent des avantages comparables, en transférant des talents de l’entreprise vers la fonction d’Audit Interne et vice versa.

Enfin, l’étude révèle quelques résultats inattendus comme le pourcentage relativement faible de sondés prévoyant d’avoir recours à l’offshoring (ressources non locales) pour réduire les coûts de l’Audit Interne (8 %), et la proportion étonnamment élevée de ceux qui ne pensent pas avoir recours à des ressources alternatives (18 %).


Crédits photo : Andy Ryan / gettyimages

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