☰ Menu eFinancialCareers

Rentrée 2016 : les dernières tendances de l’emploi en finance dans l’Hexagone

A quoi les financiers doivent-ils s'attendre en cette rentrée 2016 ?

A quoi les financiers doivent-ils s'attendre en cette rentrée 2016 ?

En cette rentrée 2016, nous avons demandé à plusieurs recruteurs en finance de nous dessiner les dernières tendances de l’emploi en finance en France. Certains ont répondu qu’il était encore un peu tôt pour se prononcer. « Je ne sais pas si on peut parler de nouvelles tendances ces derniers mois car finalement ça s’inscrit dans le prolongement de l’année dernière… », relève ainsi Domitille d’Erceville, consultante Finance de Marché chez Fed Finance.

Et si certains cabinets (Deloitte, Expectra, Aon Hewitt…) ont déjà publié les études de prévisions salariales générales pour 2016-2017, les grands cabinets de recrutement sont en train de compiler les dernières données de leurs études de rémunérations sectorielles à paraître en octobre, tandis que le cabinet de chasse Vendôme Associés apporte de son côté une dernière touche à son baromètre saisonnier détaillé à paraître la semaine prochaine dans nos colonnes.

Cela dit, rien n’empêche de dessiner les premiers contours – quitte à les affiner dans les semaines et les mois à venir – des nouvelles tendances observées ça et là par les recruteurs et chasseurs de têtes en finance. Voici donc les principaux élements qu’il convient de retenir :

Dans le sillage du Brexit…

Finance de marché, marchés de capitaux, gestion d’actifs : près de deux mois et demi après le vote sur le Brexit, les métiers financiers sont peu ou pas impactés en France.

« Le post-Brexit ne se traduit pas encore par de forts mouvements d’équipes mais les stratégies se préparent en hauts lieux », nous indique Olivier Coustaing, associé au sein du cabinet de chasse de têtes Managers by Alexander Hughes Paris, à partir de ses rencontres estivales avec les grands patrons de la place.

La BFI n’a pas dit son dernier mot !

Certes, de nombreux desks de trading ont été délocalisés ces dernières années vers Londres et depuis le Brexit les grandes banques installées en France ne précipitent pas pour relocaliser leurs actvités londoniennes. Cet été, une source proche de UBS France a même annoncé la migration vers Londres d’une demi-douzaine de traders actuellement basés à Paris.

Quoiqu’il en soit, depuis le vote pro-Brexit, la place financière de Paris multiplie les efforts pour valoriser ses atouts et demeure une destination de choix, notamment pour le trading en euros, les taux et le change. « La banque d’investissement, bien qu’en repli ces dernières années, pourrait reprendre des couleurs », fait remarquer Olivier Coustaing. A suivre de près donc…

Le digital recrute… en externe

Alors que la tendance des banques est plutôt de privilégier le recrutement en interne, un secteur semble faire exception : le digital. « Les enjeux autour du digital et des transformations numériques vont générer des recrutements externes, car les équipes internes ne sont pas suffisantes », relève Olivier Coustaing.

Conséquence : parmi les « Jobs en or » 2016-2017 de Robert Half, autrement dit les postes que le cabinet juge les plus attractifs et les plus rémunérateurs, figure en bonne place le Data Scientist. « Il est aujourd’hui assez rare de dénicher des profils capables à la fois d’analyser du déclaratif et du comportemental et également de mettre en perspectives ces résultats pour des prises de décisions Marketing et/ ou Business », explique Christophe de Bueil, manager de Robert Half Digital.

Les fonctions risques et conformité restent valorisées

Sans grande surprise, ces fonctions continuent de recruter en cette rentrée. Guère étonnant dès lors que le responsable conformité et gestion des risques (RCCI) figure lui aussi dans les « Jobs en or » 2016-2017 de Robert Half. « Avec une réglementation toujours plus importante et complexe, le RCCI voit son rôle se renforcer au sein des organisations », rappelle Thierry Mageux, Business Development Director de Robert Half Banque et Assurance.

« Les fonctions transverses sont très sollicitées par les banques sur les expertises liées au risque (conformité, risque opérationnel) pour faire face à la multiplication des normes règlementaires », confirmait déjà avant l’été Amaury la Clavière, manager de l’activité Banque de Financement et d’Investissement au sein du cabinet Robert Walters.

Et il n’y a pas que les banques qui soient concernées. Les Big Four eux aussi ont renforcé pendant la période estivale leurs équipes de contrôles des risques. Surtout que, dans les mois à venir, les comités d’audit vont devoir faire face à des enjeux importants liés à l’accroissement des contraintes réglementaires en matière d’information financière et à des changements comptables significatifs, rappelle KPMG qui vient de lancer une enquête internationale sur ce sujet..

Des experts, encore et toujours…

Les profils experts ont le vent en poupe dans les banques. Néanmoins, il n’est pas toujours facile de trouver le mouton à cinq pattes. En finance de marché par exemple, « les compétences recherchées sont souvent rares parmi les candidats en recherche active et souvent les cahiers des charges sont  très précis », fait oberver Domitille d’Erceville de chez Fed Finance. « Il faut donc être rapide et / ou accompagner nos clients dans une réflexion pour s’orienter vers des profils un peu différents du profil initialement attendu ».

Et il n’y a pas que les postes en front-office qui sont demandeurs de profils experts. « Certains acteurs pensent à renforcer leurs fonctions support (RH, Marketing,…) par de vrais experts », admet Olivier Coustaing.

La gestion d’actifs poursuit sa consolidation

« Certains segments, tels que l’asset management, vont poursuivre leur consolidation », indique notre chasseur de têtes de chez Managers by Alexander Hughes Paris. Et de préciser que « l’internationalisation des acteurs français – et européens – va se poursuivre ». C’est par exemple le cas de la société de gestion La Française AM (filiale du Crédit Mutuel Nord Europe), qui ambitionne de doubler ses actifs internationaux d’ici 2020, et va encore étendre ses implantations européennes dans les prochains mois après avoir ouvert au premier semestre des bureaux à Francfort et Bruxelles, et à Londres en octobre dernier.

A noter que là aussi les profils expérimentés sont particulièrement courtisés pour des postes basés à Paris avec une connotation internationale. Pour s’en convaincre, il suffit de jeter un petit coup d’oeil aux recrutements externes qui ont eu lieu cet été dans la gestion d’actifs.

Enfin, les fintechs continuent de recruter des financiers

Les profils financiers sont toujours autant sollicités par les sociétés fintechs. Pour preuve, aujourd’hui même, le robo-advisor Yomoni a annoncé le renforcement de son équipe d’investissement avec l’arrivée de Jérémy Dudek en qualité de Responsable de la recherche. Titulaire – entre autres – d’un doctorat en finance de l’Université Paris Dauphine, Jérémy Dudek a débuté sa carrière dans la gestion d’actif en tant qu’analyste quantitatif chez ABN AMRO – AAAdvisors avant de devenir responsable des risques chez Lutetia Capital au sein de l’équipe de recherche quantitative.

Dans ses nouvelles fonctions, il pilotera notamment le développement des modèles quantitatifs Cross-assets et Actions. « Jérémy nous apporte son expertise quantitative et un bagage d’outils méthodologiques récents, qui seront essentiels pour affiner d’avantage nos modèles de long-terme et nos performances », précise Mourtaza Asad-Syed, directeur des investissements et co-fondateur de Yomoni.


Crédits photo : Michael Blann / gettyimages

commentaires (0)

Comments

Votre commentaire est en attente de modération. Il apparaîtra sur le site une fois validé

Réagissez

Pseudo

Adresse e-mail

Consultez notre règlement concernant notre communauté ici