☰ Menu eFinancialCareers

Vous n’êtes plus dans le coup : voici désormais comment les banques recrutent…

Le recrutement interne a le vent en poupe...

Le recrutement interne a le vent en poupe...

Si en cette rentrée 2016 vous vous apprêtez à rechercher un nouvel emploi bancaire, et que vous ne vous êtes pas plié à cet exercice depuis un certain temps, il y a de quoi vous inquiéter. Doucement mais drastiquement, les banques ont changé leurs méthodes de recrutement. Si vous visez un nouveau job en banque pour 2017, le processus auquel vous serez confronté sera probablement très différent de celui de la dernière fois.

Les banques veulent embaucher des candidats en interne

Le meilleur moyen de décrocher un nouvel emploi dans la banque à l’automne 2016 est de regarder à l’intérieur de la banque où vous travaillez déjà. Les programmes de mobilité interne sont le nouveau vivier de talents : à quoi bon chercher à l’extérieur quand vous avez déjà des milliers de personnes sous votre toit ?

Signe de l’importance accordée aux programmes de mobilités internes, UBS a déclaré qu’elle avait pourvu l’an dernier 34% de ses postes vacants par ce biais. Un pourcentage qui devrait encore être plus élevé cette année. D’autres banques procèdent de même : le gel des embauches décrété jusqu’à nouvel ordre chez Barclays n’empêche pas la banque de déplacer des gens vers de nouveaux postes au sein de l’organisation; Deutsche Bank vient de lancer un programme appelé ‘Move Talent’ et supposé ‘faciliter la mobilité professionnelle interne à des niveaux beaucoup plus élevés qu’aujourd’hui’.

L’accent mis sur le recrutement interne est une mauvaise nouvelle si vous êtes sur le marché de l’emploi. Si tel est le cas, alors vous aurez besoin d’offrir quelque chose de spécial que les banques ne peuvent pas trouver en interne. Ce qui est difficile, étant donné que la plupart d’entre elles emploient des dizaines de milliers de personnes et sont prêtes à donner aux recrutements internes le bénéfice du doute. « Quitte à confier aux employés des ‘missions extensibles’ », indique le responsable du recrutement d’une banque londonienne. « L’idée est de leur permettre d’effectuer toute leur carrière dans l’entreprise, et ce à travers divers emplois ».

Les banques prennent en compte la séniorité pour recruter en externe

Si les banques sont prêtes à faire des compromis sur les embauches internes, tel n’est pas le cas pour les recrutements externes. « Il existe maintenant des processus très rigoureux en place pour les recrutements externes », explique Hakan Enver, directeur des opérations chez Morgan McKinley à Londres. « Les banques exigent souvent un profil senior lorsqu’une offre d’emploi externe est à pourvoir. Idem lorsqu’une shortlist de candidats a été mise en place ».

Tchad Lawson, directeur associé dans l’équipe des finance au sein du cabinet Robert Walters, indique que les recrutements externes font l’objet d’une ‘due diligence’ accrue. « Avec des pressions croissantes sur les coûts, les banques scrutent de plus près leurs recrutements externes, en multipliant les entretiens, ce qui a pour effet d’allonger les processus de recrutement ». Bref, ne vous attendez pas à décrocher un nouvel emploi rapidement.

Les banques ne sollicitent les recruteurs et chasseurs de têtes que pour des postes bien spécifiques

Jadis, les banques sollicitaient les cabinets de recrutement et de chasse de têtes pour un grand nombre de leurs postes à pourvoir. Les contraintes de coûts ont rebattu les cartes : aujourd’hui, les recruteurs ne sont sollicités que pour les emplois les plus délicats à pourvoir, et sont contraints de trouver des candidats qui correspondent exactement aux exigences des banques.

« Lorsque les banques engagent un cabinet externe, elles exigent généralement une compétence spécifique définie qu’elles ne peuvent trouver en interne ou à travers leurs canaux directs », explique Tchad Lawson.

En d’autres termes, rien ne sert de recourir à un recruteur si vous postulez pour un poste que vous pensez être dans vos cordes mais que vous n’avez jamais exercé auparavant. La seule façon de décrocher un tel job aujourd’hui est de bouger en interne.

La plupart des banques ont également mis en place des équipes de chasseurs de têtes internes qu’elles utilisent pour approcher les candidats seniors pour les postes pour lesquels elles ne veulent pas passer d’annonces et qu’elles n’arrivent pas pourvoir en interne. Les chasseurs de têtes externes se plaignent que ces équipes internes sont des voix de garage. « Elles sont composées de chasseurs de têtes déchus qui n’ont pas réussi à faire leurs preuves dans leurs cabinets » est la critique la plus souvent formulée.

Les banques veulent embaucher par intérim

A Londres par exemple, 2016 semble être bien partie pour être l’année de l’intérim et des employés contractuels. Lors de la présentation de ses résultats semestriels la semaine dernière, le cabinet de recrutement Hays a indiqué que l’activité de recrutement permanent au Royaume-Uni était en baisse, mais que l’activité de recrutement par intérim était en hausse. Hakan Enver de chez Morgan McKinley acquiesce : « le travail temporaire à la City a été très actif depuis le début de l’année, tandis que le recrutement permanent a été davantage affecté par l’environnement économique ».

On pourrait pensez que le recours au travail temporaire devrait encore s’accroître suite aux incertitudes probables sur les négociations autour du Brexit. Cependant, Hakan Enver dit que tel n’est pas le cas. « Le recrutement permanent a effectivement récupéré un peu depuis le référendum », indique-t-il. « C’est comme si les managers RH Il s’étaient rendu compte que les négociations pourraient prendre un certain temps avant que le Royaume-Uni ne décide de franchir le pas ».

Si vous êtes sans emploi et cherchez à vous recaser, les banques sont plus aptes à vous embaucher si vous réseautez

Enfin, si vous n’êtes pas actuellement en poste et ne pouvez donc bénéficier d’un recrutement en interne, et que vos candidatures à des offres d’emplois n’aboutissent pas, il vous faudra réseauter.

Michael Moran, directeur général de 10Eighty, un cabinet de conseil en carrière qui aide les banquiers licenciés, indique que 80% des personnes qu’il aide réussissent à trouver de nouveaux jobs grâce à leurs réseaux. A supposer que vous ayez un réseau, bien évidemment. « La plupart des gens ne passent pas assez de temps à réseauter en dehors de leurs organisations », note Michael Moran. D’après lui, pour réseauter professionnellement, vous devez avoir autour de 35-50 personnes ‘influentes’ (ce qui signifie que si elles vous recommandent auprès de quelqu’un, le destinataire vous recevra) prêtes à vous aider. « La plupart des gens se battent pour arriver à 20 personnes », conclut-il.


Crédit Photo : Dimitri Otis / gettyimages

commentaires (0)

Comments

Votre commentaire est en attente de modération. Il apparaîtra sur le site une fois validé

Réagissez

Pseudo

Adresse e-mail

Consultez notre règlement concernant notre communauté ici