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Près de deux mois après le vote sur le Brexit, les métiers financiers peu ou pas impactés en France

Difficile d'oublier le Brexit, même au bord de la plage...

Difficile d'oublier le Brexit, même au bord de la plage...

Près de deux mois après le vote des britanniques en faveur du Brexit, on peut déjà mesurer l’impact sur les différents métiers financiers, et ce alors même que la date effective du Brexit pourrait être reportée à fin 2019. Sans surprise, ce sont les financiers londoniens qui se retrouvent en première ligne. Pour preuve, le nombre de postes à pourvoir à la City à Londres a enregistré un fort recul de 12% sur le mois de juillet, selon une étude de la société de conseil Morgan McKinley. « Les embauches ont ralenti alors que les institutions sont dans un flou post-Brexit, mais l’impact du référendum n’a pas été aussi fort qu’attendu », souligne dans le communiqué Hakan Enver, responsable des services financiers chez Morgan McKinley.

Autres victimes collatérales du Brexit : les expatriés français à la City, directement impactés par la dépréciation de la livre sterling. « Au final, bon nombre d’entre eux pourraient être tentés de s’installer ou de revenir en zone euro », rappelle Stéphanie Villers, chef economiste du groupe de protection sociale Humanis. Mais qu’en est-il pour les professionnels de la finance qui travaillent dans l’Hexagone ? Même si l’impact est plus faible que chez nos voisins britanniques, le Brexit a déjà provoqué quelques légers remous dans certaines activités financières. Petit tour d’horizon en attendant la tempête, à supposer qu’elle ait lieu un jour…

Finance de marché

Bonne nouvelle : le Brexit n’a pas déstabilisé les marchés financiers. « En Bourse, le Brexit n’a pas été le tsunami redouté. On est très loin de la catastrophe que tout le monde attendait après la décision du quitter l’Union européenne », confie au journal Le Monde Hugues de Montvalon, responsable de la recherche à Oddo Banque privée. De quoi rassurer les professionnels des salles de marché (traders, sales, analystes…) qui, le 23 juin dernier, avaient dû faire face à un mini-krack boursier sur les principales financières européennes.

Mieux encore : le Brexit pourrait être une bonne chose pour la carrière des traders, comme nous l’indique l’un d’entre eux : « les traders sont très recherchés en période d’incertitude ». Et ceux basés à Londres pourraient être les grands gagnants, la réduction des contraintes inhérentes à la régulation européenne étant susceptible elle aussi avoir des effets positifs.

Marchés de capitaux

Pour leur part, les professionnels de l’Equity Capital Market (ECM) qui couvrent les besoins en financement en fonds propres des entreprises via le marché (IPO, augmentation de capital, émission d’obligations convertibles) devraient être davantage impactés par le Brexit si l’on se réfère à la dernière édition de l’étude IPO Watch de PwC publiée cet été.

« Plusieurs transactions ont été repoussées après le résultat du référendum, du fait des incertitudes planant sur le marché », constate ainsi Philippe Kubisa, associé spécialiste des marchés de capitaux chez PwC. Cela vaut aussi pour la France. « Reste que la majorité des entreprises candidates à une IPO au second semestre 2016 ont maintenu leurs plans ». D’après lui, le retour à la stabilité politique et une plus grande transparence sur l’avancée des négociations entre Londres et Bruxelles seront essentiels pour que l’activité des IPO reprenne après le creux traditionnel de l’été.

Or, d’après The Sunday Times, des ministres britanniques ont prévenu en privé de hauts responsables du secteur financier de la City de Londres que l’usage de l’article 50 pourrait n’avoir lieu que vers la fin de 2017, ce qui reporterait le Brexit à fin 2019. Ce qui n’est pas optimal en termes de visibilité et explique mieux pourquoi certains font pression pour que les choses ne traînent pas.

Gestion d’actifs

A en juger les dernières statistiques de collecte publiées par Morningstar, les sociétés de gestion britanniques sont particulièrement touchées. « Les investisseurs sont passés en mode ‘risk off” pendant les derniers jours de juin après le referendum sur le Brexit, conduisant à une vague de décollecte sur la plupart des catégories considérées comme risquées », commentent les analystes de Morningstar.

A contrario, dans l’Hexagone, les professionnels l’asset management ne semblent pas trop décontenancés. « Le Brexit n’est une surprise pour personne. Toutes les gestions du monde ont eu 9 mois pour se préparer, modifier leur allocation, faire des stress tests, etc… Alors oui, évidemment ce vote est une surprise, mais dans un environnement qui était prêt à absorber cette nouvelle », rappelle François Rimeu, responsable du Pôle Total Return La Française Asset Management.

Mieux encore : à terme, le Brexit pourrait très bien avoir un effet positif sur l’industrie française de la gestion d’actifs, notamment en termes de volumes de fonds à gérer. « D’un point de vue psychologique, les investissements directs en provenance du reste du monde, qui convergeaient jusqu’à présent vers Londres, pourraient largement profiter aux principales places européennes, dont Paris », rappelle Delphine Dubreuil, associée au sein du cabinet de chasse Singer & Hamilton.

Fintechs

Le fait que l’un des plus importants hubs fintech mondiaux s’apprête à quitter l’Union européenne n’est pas anodin. « En Europe, la vraie question à présent est de savoir quel impact la perte de la scène fintech londonienne aura sur nos efforts de construction du marché unique digital », explique dans une interview à Paperjam Grégory Weber, fintech leader chez PwC Luxembourg. « Le Brexit pourrait entraver la croissance de l’industrie fintech naissante et ralentir, en fin de compte, la transformation du secteur financier en Europe vers l’économie digitale ».

Les places financières européennes n’entendent cependant pas céder le moindre pouce de terrain à la City de Londres. A commencer par la place de Paris qui ambitionne de devenir le hub européen de la fintech. « Une réglementation adaptée est un facteur essentiel pour assurer l’attractivité de la place financière de Paris pour les Fintech, en particulier dans le contexte actuel marqué par le Brexit », a rappelé cet été Axelle Lemaire, secrétaire d’Etat chargée du Numérique, lors du tout nouveau Forum FinTech.


Crédits : Placebo365 / gettyimages

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