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Six catégories de banquiers optimistes sur l’issue du Brexit

Brexit

Si vous êtes de ceux qui cherchent à faire carrière à la City à court terme, vous seriez en droit d’être pessimiste quant aux perspectives du Brexit. Si tel est le cas, vous n’êtes sans doute pas une exception. Pour autant, les professionnels de la finance londonienne sont loin de parler d’une seule voix pour évaluer l’impact potentiel du Brexit sur les carrières. Dans une récente étude que nous avons menée auprès de 1.500 professionnels de la finance à Londres, près de 16 % des participants ont indiqué voir dans le Brexit des perspectives positives ou très positives pour leur avenir en finance.

Qui sont-ils donc ? Voici les catégories de participants les plus enclines considérer le Brexit comme une bonne chose pour leur carrière.

  1. Les Britanniques tenant du Leave

Sans surprise, les électeurs qui se sont exprimés en faveur de la sortie de l’Union Européenne font montre d’un solide optimisme quant à l’impact sur leur job en finance.  34 % d’entre eux se sont déclarés « très optimistes » pour leur carrière, tandis que 27 % se trouvaient « optimistes ».

Mais pourquoi donc ? Pour l’un des partisans du ‘Leave’, la sortie de la Grande-Bretagne de l’Union Européenne a toutes les chances de réduire la compétition qui fait rage pour les postes à pourvoir à la City, et « cela pourrait même contribuer à faire progresser mon salaire annuel ». Pour un autre, le processus de sortie sera probablement créateur d’emplois de transition en masse – point bien sûr éminemment positif. D’autres font valoir les avantages pour la volatilité du marché, les besoins accrus de conseil aux entreprises sur les perspectives d’avenir, ou encore la hausse des créations de postes – même en CDD – nécessaires pour assurer la transition.

La plupart des ‘leavers’ ont mis en avant la cohorte d’avantages qu’aurait le Royaume-Uni hors de l’UE. Comme le dit l’un d’entre eux, qui se fait l’écho de l’avis général dans cette catégorie, « l’UE a toujours été contre la City. Si nous restions, ils finiraient par la supprimer petit à petit ». « C’est retour vers 1992, » ajoute un autre : « le soi-disant mercredi noir va se transformer en mercredi blanc. »

  1. Les consultants et experts travaillant avec les banques

Certes, les consultants ne sont pas réellement des banquiers, mais ceux qui entretiennent des relations professionnelles avec des banquiers semblent un tantinet plus optimistes quant à leurs perspectives de carrière : 23 % – contre 16 % toutes catégories confondues – les voient plutôt positives.

Comme l’indique l’un d’entre eux, « je travaille sur le marché des changes, et je vais devoir intégrer les nouveautés ». Ce à quoi un autre renchérit : « plus de business sur le marché des changes, c’est aussi plus de postes à pourvoir, même s’ils sont à durée déterminée. »

Les consultants en informatique font aussi partie des optimistes. N’oublions pas cependant que nombre de consultants soulignent le caractère probablement transitoire des avantages du Brexit – le temps que la City s’adapte aux changements – ce qui tendrait à expliquer pourquoi 77 % des personnes interrogées restent bien moins optimistes pour l’avenir.

  1. Les traders en banque d’investissement

La récente annonce des résultats des banques au deuxième trimestre justifie sans surprise l’optimisme des traders pour leurs carrières post-Brexit. Chez Goldman Sachs, les revenus du trading fixed income étaient en hausse de 20 % par rapport au 2è trimestre 2015, et la tendance s’est avérée encore plus marquée chez J.P. Morgan, avec une progression de 35 %.

Pour 38 % des traders ayant répondu à notre enquête, le Brexit pourrait être une bonne chose pour leur carrière. Comme l’indique l’un d’entre eux, « les traders sont très recherchés en période d’incertitude ». Et, ajoute un autre, « pour moi qui suis payé en dollars, la chute de la livre est une bonne chose », sans oublier « la réduction des contraintes inhérentes à la régulation européenne », susceptible elle aussi avoir des effets positifs.

La grande question reste de savoir si la croissance du deuxième trimestre, boostée par les perspectives de Brexit, est appelée à perdurer. Les banques elles-mêmes se sont montrées divisées sur le sujet. Chez Goldman Sachs par exemple, on considère que la situation est en cours de normalisation, tandis que Deutsche Bank envisage un second semestre qui pourrait échapper au traditionnel ralentissement du trading, avec au contraire une embellie pour les marchés financiers.

  1. Les Business Analysts des banques

Tout comme les consultants, les business analysts ne sont pas des banquiers à proprement parler ; et à l’instar des consultants, ils ne se montrent pas ultra positifs par rapport au Brexit. Mais compte tenu de leur activité dans le secteur bancaire, ils restent plus positifs que la majorité.

Ainsi, 23 % des business analysts consultés voient le Brexit comme un point positif pour leur carrière. Si aucun d’entre eux n’avance de raison particulière, nous en déduisons cependant que cet optimisme très au-delà de la moyenne tient à un aspect spécifique de la sortie : les besoins auxquels les banques seront inévitablement confrontées pour refondre leurs process et leurs systèmes dans un nouvel environnement, où certains projets ne seront plus basés à Londres.

  1. Les collaborateurs des banques américaines

Comme nous l’avons évoqué il y a quelques semaines, les employés des banques américaines se montrent bien plus ouverts que les autres quant à l’impact du Brexit – et pour cause, puisque 43 % des personnes qui se sont exprimées dans cette catégorie pensent qu’il devrait avoir des effets positifs sur leurs carrières.

Là non plus, pas d’indication sur cet enthousiasme disproportionné, qui pourrait tout simplement résulter de la bonne santé relative des banques US, a priori mieux armées pour les années à venir, avec ou sans Brexit. Cela dit, il est possible aussi que les employés des banques américaines aient tout simplement une vision plus internationale de la situation.

  1. Les plus de 50 ans

Enfin, les banquiers de plus de 50 ans – à défaut d’afficher un optimisme à toute épreuve – apparaissent globalement comme les plus positifs : 23 % d’entre eux voient dans le Brexit un bon ou un très bon point pour leur carrière.

Il sont d’ailleurs nombreux à avoir voté pour la sortie de l’UE – et les raisons de leur optimisme correspondent dans l’ensemble à celles que nous avons déjà mentionnées plus haut. « Rien n’a changé ! » note l’un d’entre eux. Tandis qu’un autre ajoute : « Il y aura de meilleures opportunités de croissance à l’avenir, hors d’un régime oppressif, sous le joug de la régulation et des directives. »


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