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« Ne me parlez pas de discrimination envers les femmes chez Goldman Sachs »

Goldman Sachs

Si vous croyez tout ce que vous lisez, vous pouvez penser que les banques d’investissement emploient en majorité des hommes blancs, plus vraiment dans la fleur de l’âge. Qu’elles sont l’incarnation bien vivante des réseaux de vieux garçons misogynes, et que ces diplômés d’écoles privées qui y travaillent passent leurs soirées à écumer les bars avec des clients. Dans le cas de Goldman Sachs, cette perception a été renforcée par les gros titres de la presse en juin dernier autour d’une sombre affaire de contrat avec le fonds souverain libyen en 2008.

Oui, je suis une femme, je travaille chez Goldman Sachs, et à ce titre j’aimerais clarifier les choses : rien n’est plus erroné que cette perception. La finance n’est pas un réseau de vieux garçons, et en matière de diversité, ne constitue en rien la chasse gardée des hommes ni des blancs.

La finance est un secteur plein de vie, aux multiples facettes, mais pas confiné à une bulle de verre. Elle recrute parmi tous les groupes de population au sens large, puis au sein des universités d’élite et enfin arrête son choix sur les diplômés de ces universités qui sont prêts à la rejoindre.

En fait, Goldman Sachs offre une vraie diversité. La population américaine est composée à près de 63% de blancs et 5% d’asiatiques, mais plus de 20% des effectifs de Goldman Sachs aux Etats-Unis sont asiatiques. Et l’explication est limpide : les étudiants chinois, indiens, coréens et japonais sont les plus susceptibles d’opter pour les fameux cursus STEM (science, informatique, ingénierie ou maths) dans les universités connues pour mener directement aux banques comme Goldman, Morgan Stanley et J.P.Morgan. On retrouve la même typologie à Londres, où les postes en trading et analyse quantitative en salles de marché sont essentiellement occupés par des britanniques – hommes comme femmes – originaires d’Extrême-Orient, ou par des ressortissants de cette région d’Asie, qui se sont imposés par leurs compétences dans leurs promotions respectives. Les Français et Russes sont également surreprésentés – les premiers grâce à l’excellence de leurs Grandes Ecoles et de leurs solides cursus en analyse quantitative, les seconds du fait de leur focus sur les mathématiques.

La répartition dans le secteur commercial à Londres est un peu différente : on y trouve des gens parlant plusieurs langues, chargés des clients européens, tandis que les clients britanniques sont traditionnellement suivis par l’élite sortie d’Oxford ou Cambridge. Quoiqu’il en soit, en trading comme en commercial, les postes ne sont pas attribués en fonction du genre ou de l’origine ethnique : ceux qui les décrochent sont tout simplement les meilleurs. Les salles de marché sont probablement le meilleur exemple de méritocratie qui soit. La performance est totalement objective, mesurée pour tous en termes de chiffres d’affaires et de pertes et profits, sur la base de chiffres arrondis à la deuxième décimale.

Et puis, il y a les femmes. Certes, 25% seulement des promotions à des postes de MD chez Goldman l’an dernier ont été attribués à des femmes ; et oui, il y a des problèmes pour retenir les femmes au niveau VP. Cela dit, la raison en est simple – même si elle n’est pas toujours clairement énoncée. Le dimorphisme sexuel fait que ce sont les femmes qui ont des enfants. Et avoir des enfants s’avère difficilement compatible avec la proximité permanente des marchés et des deals. Cela arrive fréquemment entre 27 et 35 ans – dans la hiérarchie entre le junior MD et senior VP, pile au moment idéal pour construire une relation solide avec des clients et commencer à se faire un nom au sein de la banque. Quand les femmes prennent un congé maternité, leurs collègues masculins font souvent le ménage en leur absence…

De toute évidence, la situation n’a rien d’idéal – croyez-moi, les banques comme GS ont fait tout ce qui était en leur pouvoir pour en limiter les effets. Il y a les crèches, les ‘returnships’ – ces programmes rémunérés de remise à niveau pour faciliter le retour en activité après un congé maternité, des congés maternité très bien payés, et même des salles de lactation pour celles qui souhaitent tirer leur lait durant leur journée de travail. C’est bien la preuve s’il en fallait que tout ce qui peut contribuer à éradiquer la discrimination délibérée et les préjugés inconscients a été envisagé… mais la femme ne peut pas s’affranchir de la nature. Et que cela vous plaise ou non, les banques non plus.

Emilia Pearson est un pseudonyme 

Crédit photo : senscience sous licence CC BY 2.0.

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