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Paris, future capitale de la finance verte ? C’est peut-être le moment de vous spécialiser dans les green bonds…

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« Paris en en train de devenir la place de la Finance Verte », a indiqué le premier ministre Manuel Valls lors des Rencontres Financières Internationales Paris Europlace 2016. Lors d’une session plénière intitulée Nouvelle initiative 2016 “Green Financial Center“, le président de Paris Europlace Gérard Mestrallet a quant à lui rappelé qu’après la Cop21, il s’agissait de « passer à l’action » en tenant compte des nouveaux engagements pris par la place financière dans le cadre de son initiative baptisée Green Financial Center.

« Il faut mieux faire connaître la place de Paris en matière de finance environnementale et durable», préconise Gérard Mestrallet, tout en rappelant que «la France est le deuxième émetteur au monde d’obligations vertes (green bonds) avec 13% du marché mondial, juste derrière les Etats-Unis (15%) mais devant Londres et Francfort ». Et que c’est une entreprise française – Engie – qui arrive en tête des sociétés émettrices de green bonds avec 2 milliards d’euros d’émissions.

Après la COP21, la COP22

C’est à l’occasion de la 2e édition du Business & Climate Summit qui s’est tenu fin juin à Londres que le Paris Green Financial Center a annoncé un nouvel engagement collectif de la Place financière de Paris pour aller plus loin dans la lutte contre le changement climatique. Ainsi, la Place financière de Paris encourage ses membres (AFA, AFG, AFIC, AFII, FBF, FIR, ORSE, Paris EUROPLACE et la SFAF) à poursuivre et accélérer leur mobilisation.

Concrètement, il s’agit de soutenir la mise en œuvre de l’Accord de Paris à l’occasion de la COP22 de novembre 2016 à Marrakech, notamment lors de la 2e édition du Climate Finance Day organisé par la Place financière de Casablanca avec Paris Europlace, et accélérer leur contribution à des financements verts d’infrastructures à l’international et aux émissions de green bonds.

Cap sur le risque carbone

Autre engagement pris par les membres de la Place de Paris, celui d’afficher les stratégies bas carbone qu’ils mettent en œuvre et communiquer de manière pédagogique auprès des épargnants sur la prise en compte du risque climatique dans leurs décisions d’investissement. Pour ce faire, ils comptent mettre en place un dialogue constructif avec les entreprises dans lesquelles ils investissent ou qu’ils financent afin de favoriser la réduction de leur empreinte carbone et améliorer la qualité de l’information fournies sur les émissions de gaz à effet de serre de ces dernières.

Dans le même état d’esprit, les membres de la place de Paris s’engagent à suivre collectivement – notamment avec l’appui de leurs fédérations professionnelles – le déploiement des approches méthodologiques sur la mesure du risque carbone par les investisseurs institutionnels et les établissements de crédit, afin de faciliter, à terme, l’émergence des meilleures pratiques et outils de mesure.

Pour finir, il s’agit d’encourager le partage d’expérience entre institutions au sein des fédérations professionnelles pour permettre à tous les acteurs financiers de participer à cet engagement collectif. Une période d’adaptation aux nouvelles exigences permettra de consolider les bonnes pratiques et de les diffuser largement.

Sans oublier d’intensifier les échanges avec les pouvoirs publics et les régulateurs et leur demander un environnement favorable à l’orientation des capitaux vers une économie bas carbone, avec des mesures incitatives, en particulier sur la détermination d’un prix du carbone et sur un traitement prudentiel préférentiel pour les investissements et financements verts.

Déjà une longue expérience…

La Place de Paris a développé depuis plus de 15 ans un savoir-faire et une expertise reconnus en matière de finance verte et durable. “Les engagements annoncés aujourd’hui consolident l’avance prise par la France pour stimuler le financement de la transition énergétique et écologique et franchir une nouvelle étape pour sensibiliser les particuliers aux risques climatiques – car l’enjeu aujourd’hui est de mieux informer les épargnants sur la maîtrise du risque climatique et la diversité des produits à leur disposition pour y contribuer“, explique Gérard Mestrallet.

En 2015, lors du Climate Finance Day organisé à l’UNESCO dans le prolongement de la COP21, les acteurs de la Place de Paris ont déjà pris des engagements pour renforcer l’évaluation des implications du changement climatique dans leurs investissements, en minimiser les effets négatifs et en optimiser les effets positifs sur les émissions de gaz à effet de serre.

Réglementation et autres labels

Depuis 2015, la France s’est dotée d’une règlementation ambitieuse en matière de lutte contre le changement climatique pour qu’à compter de leurs rapports annuels 2016 investisseurs institutionnels et sociétés de gestion décrivent comment ils intègrent les critères ESG (Environnement, Social, Gouvernance) dans leur gestion d’actifs et précisent comment celle-ci s’inscrit dans la lutte contre le changement climatique.

Enfin, la France a mis en place deux labels : TEEC (Transition énergétique et écologique pour le climat) et ISR (Investissement Socialement Responsable). Le Label TEEC qualifie les actifs détenus via des fonds d’investissements à travers un référentiel de critères sélectifs, et le label ISR met en avant les fonds investis dans des entreprises intégrant des critères ESG.

Les banques françaises pionnières

En plus des institutionnels, les banques françaises entendent bien jouer un rôle moteur dans la finance verte, et notamment le financement de projets énergétiques. Crédit Agricole CIB a ainsi récemment annoncé qu’elle était la première banque française partenaire du Green Climate Fund dont le but est de faciliter et promouvoir le développement de projets de réduction d’émissions de gaz à effet de serre et d’adaptation aux impacts du changement climatique dans les pays en voie de développement. Avec cette accréditation, CA-CIB peut désormais proposer au Green Climate Fund de participer aux projets verts de ses clients, sous différents formats.

Un peu plus tôt, début juin, c’est Amundi qui lançait le Fonds Commun de Placement (FCP) : Amundi Green Bonds. « Notre approche consiste à mettre en place nos vues de gestion obligataire au sein d’un univers d’investissement ciblant le financement de la transition énergétique », rappellait à cette occasion Marie-Anne Allier, directrice adjointe des métiers Taux et Crédit d’Amundi. « Cela permet aux investisseurs de combiner impact positif sur la transition énergétique et gestion obligataire dynamique visant à capter les opportunités du marché obligataire ». Autant de nouvelles qui, pour les professionnels de la green finance – encore peu nombreux dans l’Hexagone – est de bon augure, notamment, vous l’aurez compris, pour les spécialistes des green bonds.

Crédits Photo : Hervé Bois / EyeEm / Getty Images

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