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Les 7 raisons pour lesquelles le Brexit n’est pas si terrible pour les financiers londoniens…

Vers une nouvelle aube ?

Vers une nouvelle aube ?

Près de deux semaines après que le ciel leur soit tombé sur la tête, certains professionnels de la City de Londres sortent du bunker dans lequel ils s’étaient réfugiés et constatent, une fois le nez dehors, que le soleil continue de briller, malgré tout.

Si vous êtes financier à Londres et êtes optimiste de nature, vous avez de bonnes raisons de penser que le Brexit n’entraînera pas de transferts d’emplois en Europe, qu’il n’incitera pas les banques à se précipiter vers une politique effrénée de réduction des coûts en délocalisant par désespoir de cause, et que tout va finir par rentrer dans l’ordre. Voici pourquoi :

1. Brexit ou pas, les affaires continuent…

Il n’y a pas que Crispin Odey et les autres hedge funds pour qui le Brexit constitue une opportunité de gagner de l’argent. «Les banques ont eu une journée de folie le jour J. Elles ont probablement fait 5-10 fois leur P&L normal », indique un analyste bancaire londonien cité dans le Financial Times.

La voix de Cassandre : J.P. Morgan a vu juste, ses analystes ayant prédit que les desks macro enregistreraient de bonnes performances dans le sillage immédiat du Brexit, et de moins bonnes par la suite du fait d’une activité plus calme…

2. Les TALENTS sont à Londres

Pourquoi une banque se déplacerait à Paris, Francfort, Dublin ou Amsterdam alors que tout le monde est à Londres ? «Les talents sont ici », confirme David Reynolds du cabinet de recherche Scott Reynolds. « Les gens ont une vie à Londres. « Ils sont pour des raisons personnelles et je ne pense pas que cela va changer ».

Si les gens restent à Londres, les banques pourraient regretter leur déménagement. Certes, le Credit Suisse a reçu des «centaines» de CV pour ses emplois de trading à Dublin, mais seulement quatre de ces CV étaient réellement pertinents.

La voix de Cassandre : Le talent a beau être à Londres aujourd’hui, le vent peut très bien tourner. Selon Alberto Gallo de chez Algebris Investments, nombreux sont ses collègues internationaux à Londres qui envisageraient de rentrer au bercail car ici ils ne se sentent pas chez eux.

3. Les recruteurs en finance s’en accommodent

S’il y en a qui doivent particulièrement être affectés par l’impact du Brexit sur les emplois bancaires à Londres, ce sont bien les recruteurs qui gagnent leur vie en plaçant des candidats. Pourtant, ces mêmes recruteurs semblent étonnamment imperturbables. « Le marché est plutôt calme mais aucun poste n’a été supprimé et il y a des signes encourageants qui montrent que les affaires continuent», relève un recruteur spécialisé dans les fonctions fixed income. « Ce pourrait être très volatile et douloureux à court terme, mais l’avenir, cela devrait aller, du moins nous l’espérons ».

La voix de Cassandre : Les recruteurs n’ont à pourvoir que des postes qui existaient déjà avant le Brexit. « Nous n’avons pas eu de nouveaux mandats depuis », reconnaît l’un d’entre eux.

4. Il y a la MiFID

Oubliez le passporting, la dernière tendance est la MiFID, ou MiFID II, pour être plus précis. Comme le souligne Financial News, MiFID II contient fondamentalement de nouveaux droits “passporting” qui permettent aux entreprises hors-UE respectant globalement les mêmes règles à offrir leurs services dans l’UE. Mieux encore, la MiFID II, qui entrera en vigueur en janvier 2018 – avant que la Grande-Bretagne ne quitte officiellement l’UE – pourrait donc tout simplement permettre un maintien du statu quo.

La voix de Cassandre : MiFID a tendance à prendre du retard et des juristes nous ont déjà dit que la directive MIF II pourrait être trop vague pour les banques. Les règlements sont “inégaux”, selon Rachel Kent, associée chez Hogan Lovells, qui dit les banques « pourraient vouloir restructurer leurs activités dans le cas où il n’y aurait pas d’autre solution ».

5. Theresa May semble bien partie

Le Brexit n’est pas tout. Une partie du problème est que la Grande-Bretagne n’a pas de vrai gouvernement. Cela va bientôt changer. Comme le montre le graphique ci-dessous de Barclays, la mieux placée pour remplacer Cameron au poste de Premier Ministre serait Theresa May. Et celle-ci n’est pas pressée de déclencher l’article 50 : Barclays note qu’elle a pris acte de ne pas le déclencher cette année, si bien qu’il n’y aura pas de changements rapides.

sans-titreLa voix de Casssandre : même si elle est part favorite, le prochain PM pourrait être Jeremy Corbyn.

6. Le Brexit n’est pas systémique

Comme nous l’avons déjà expliqué, le Brexit n’est pas Lehman. Les analystes de chez Morgan Stanley le définissent comme « sismique non systémique».

La voix de Cassandre : Bien que nous ne soyons pas au bord d’une crise financière majeure, il est trop tôt pour en déduire l’impact des Brexit sur les banques et l’économie britannique. Les économistes de l’UBS rappellent que dans le sillage d’un choc, la croissance a tendance à diminuer au cours des deux trimestres suivants.

7. Les banques ne sont pas pressées d’agir

« Daniel Pinto, le patron de J.P. Morgan, a déjà dit que le modèle d’exploitation de sa banque restera le même pour le moment », rapporte le responsable d’une société de recherche à Londres. « Personne ne fait ses valises. Personne ne cherche de maisons à Paris et à Francfort – il est beaucoup trop tôt, nous avons juste besoin de retenir notre souffle. Les banques n’agiront pas tant que les négociations ne seront pas finalisées et nous savons de quoi nous parlons ». Qui plus est la Société Générale, Jefferies et Barclays ont toutes confirmé qu’elles n’étaient pas pressées de déménager.

La voix de Cassandre : Lors de la dernière conférence de la British Banking Association, Goldman et Morgan Stanley ont révélé qu’ils avaient déjà des bureaux pré-loués à Francfort comme une éventualité dans le cas où elles n’obtiendraient pas un accord satisfaisant avec Londres. Les banques ne sont pas pressées, mais cela ne les empêche pas de prendre les devants.

 

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