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En réalité, la plupart des banquiers londoniens préférerait travailler… à Amsterdam

Brexit

Les banquiers d’investissement basé au Royaume-Uni ne veulent pas forcément tous travailler à Paris, Francfort ou Dublin. D’ailleurs, si les professionnels de la finance étaient contraints de quitter Londres dans le sillage du Brexit, leur destination favorite serait… Amsterdam.

Les plans d’urgence des banques d’investissement pour transférer des emplois hors de Londres en cas de Brexit ont été réalisés sans grand enthousiasme. Mais à présent que c’est devenu une réalité, des décisions difficiles doivent être prises quant à la façon de réduire leur présence dans la City et de déplacer des fonctions vers d’autres pays de l’UE, notamment si les règles du passporting empêchent de faire du trading avec le Vieux Continent.

Francfort semble être le candidat le mieux placé pour la majeure partie de ces emplois, mais si les banques prêtaient attention aux souhaits de leurs employés alors il faudrait reconsidérer les choses. En effet, dans un sondage réalisé par eFinancialCareers auprès de 5.200 professionnels de la finance au Royaume-Uni, seulement 17% ont cité Francfort comme étant leur destination favorite, loin derrière Amsterdam, créditée de 34% des voix, suivie de Paris (31%) et Dublin (18%).

Si les banques décident de transférer des jobs hors de Londres et que vous êtes concerné (en tant qu’expatrié français par exemple), ne vous attendez pas un traitement de faveur. La décision du Credit Suisse de déplacer des emplois de trading vers Dublin en début d’année montre que les tous employés en poste sont susceptibles d’être transférés. En outre, les banques basées au Royaume-Uni n’ont aucune obligation légale de vous proposer un nouveau poste, d’après Philip Landau, fondateur du cabinet d’avocats Landau Law spécialisé dans le recrutement et qui travaille de près avec les professionnels de la finance. « Si les banques transfèrent des emplois ailleurs, elles peuvent tout simplement supprimer le poste qui fait doublon au Royaume-Uni », explique-t-il. Vous voici prévenus.

HSBC a déjà dit qu’elle pourrait transférer jusqu’à 1.000 emplois de trading de Londres vers Paris après le Brexit, tandis que Morgan Stanley devrait déplacer des postes vers Dublin ou Francfort. De leur côté, J.P. Morgan et Goldman Sachs ont toutes deux dit qu’elles auraient besoin de réajuster leur présence londonienne si les règles de passporting ne pouvaient plus s’appliquer. A noter que Madrid n’est pas considéré comme une destination favorite pour ce genre de postes, selon les banquiers avec lesquels nous nous sommes entretenus.

La législation en matière de protection de l’emploi au Royaume-Uni a plutôt tendance à favoriser l’employeur, à la différence des pays de l’UE qui ont des lois sur le travail plus contraignantes que la Grande-Bretagne. Aux Pays-Bas, par exemple, un employeur doit obtenir à la fois l’aval du tribunal et des syndicats avant de procéder à des licenciements. Passer outre pourrait entraîner la réhabilitation du salarié à son poste, selon Desiree Kemperlink, associé chez Freshfields Bruckhaus Deringer à Amsterdam et spécialise de l’emploi et des avantages sociaux. Toute indemnité de licenciement doit également prendre en compte tenir la moyenne des bonus payés.

En France, les employeurs doivent composer avec les comités d’entreprise, les syndicats et les employés avant d’annoncer des licenciements, rappelle David Jonin du cabinet d’avocats Gide Loyrette Nouel. En Allemagne, enfin, le droit du travail est particulièrement complexe, mais favorise les employés plus que tout autre pays (hormis l’Italie), selon une analyse de l’OCDE. Pour preuve, les indemnités légales de licenciement représentent un mois par année d’ancienneté, soir le double de ce qui se pratique au Royaume-Uni.

Photo: Getty Images

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