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« J’ai passé les quatre dernières années à essayer de décrocher un job bancaire à Londres. Tout ça pour ça. »

Bye-bye London?

Bye-bye London?

Nous sommes au mois de juin et la première vague de banquiers juniors venus travailler pour leur premier emploi bancaire à Londres est arrivée. En août, c’est toute la promotion 2016 qui aura commencé son programme de formation d’analyst dans la City. Mais pour les banquiers juniors qui débutent cet été – et ceux ayant un ou deux ans d’ancienneté, le vote en faveur du Brexit est source d’angoisse, d’incertitude, voire même la perspective d’un déménagement à Paris, Francfort ou Dublin.

« J’ai passé quatre ans pour parvenir à ce niveau, en faisant trois stages à Londres, avant d’obtenir une offre ferme, tout ça pour ça ! », indique un analyst issu d’une université européenne qui a commencé à travailler en rotation depuis le mois de janvier. « Londres est supposée être l’endroit idéal pour sa carrière si bien que déménager vers d’autres places financières est tout simplement moins attirant ».

La compétitivité de Londres en tant que secteur financier sera sans doute affectée. J.P. Morgan a déclaré qu’elle pourrait déménager un quart de ses emplois, Goldman Sachs a menacé de réduire les effectifs à Londres et Morgan Stanley indiqué qu’elle était susceptible de déplacer son siège européen hors de la City. « C’est très préoccupant », relève un diplômé qui est sur le point de commencer à travailler dans une banque d’investissement à Londres cet été. « La livre va chuter, ce qui signifie que nous aurons moins de pouvoir d’achat, et la réputation de Londres vient de prendre un sacré coup ! ».

Toutefois, un analyst de troisième année qui travaille en banque d’investissement est moins préoccupé par l’impact sur les métiers du conseil. « Les postes de trading et l’infrastructure qui en découle pourraient être transférés vers l’Europe continentale tandis que les fonctions consulting devraient rester à Londres », prévoit-il.

« Jusqu’à présent, nous avons eu des messages certes politiquement corrects mais rassurants de la part de la direction pour nous dire que tout allait bien pour nous. Personne dans les fonctions conseils n’est particulièrement inquiet. Les banques US et UK seront au final moins enclines à déplacer toutes ces fonctions ailleurs ou déplacer leur siège social. Elles veulent garder ces gens en un seul endroit », explique-t-il. « Si un jour je dois quitter Londres, ce sera parce que ce n’est plus The place to be ».

Plus urgent, le fait d’étendre cette année les offres aux nouveaux analysts pourrait ne plus être gravé dans le marbre. À la suite de l’effondrement de Lehman, nombreuses sont les banques d’investissement qui avaient simplement annulé les offres faites aux banquiers juniors au début de leur programme d’analyste. Cependant, cela ayant conduit dans les années suivantes à une pénurie de banquiers de niveau intermédiaire, la plupart des banques sont depuis réticentes à faire des coupes dans leur viver de jeunes diplômés.

Qui plus est, pour les stagiaires d’été de cette année, l’activité modérée dans les M&A, l’ECM et le DCM signifie que les offres à temps plein seront plus difficiles à trouver.

« Le problème est que les banques fondent leurs décisions d’embauche sur les perspectives à court terme, plutôt que sur une vision à long terme, ce qui de toute façon est très incertain maintenant », explique l’analyst en troisième année. « Cela signifie qu’il sera beaucoup plus difficile pour les stagiaires de décrocher une offre cette année. Les banques pourraient se rendre compte par la suite qu’elles ont une pénurie d’analysts et se contenteront alors de rectifier le tir ».

Un chasseur de têtes à Londres estime que près de 60% des analysts dans les graduate programmes chaque année sont des étudiants étrangers – la plupart issus des pays de l’UE. « La plupart des banquiers juniors qui se verront proposer un emploi dans une autre place financière européenne partiront », note Andrew Pringle, directeur du cabinet de chasse Circle Square Talent. « Mais ont-ils le choix ? Cela a beau être moins excitant que Londres, je pense que la plupart des analysts ne rechigneront pas à partir ».

Les banques d’investissement ont réduit les effectifs avant même les résultats du référendum.Concernant les juniors, ceux qui ont été impactés par les licenciements sont convaincus de la nécessité de trouver un nouveau job quitte à faire une croix sur leurs prétentions salariales. « Un associate avait une offre pour 80k £, et il a essayé de faire monter les enchères à 90 k £. Sans succès », indique un chasseur de têtes.

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