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Brexit : conséquences sur l’emploi en finance à Londres et à Paris

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A moins d’un mois du referendum britannique sur le Brexit, le 23 juin, les professionnels de la finance, au premier rang desquels les économistes de marché et les analystes financiers, s’interrogent sur les conséquences d’une sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, notamment sur l’emploi en finance, tant à la City de Londres que sur la place financière parisienne.

Dans l’hypothèse d’un Brexit, le secteur financier, qui représente environ 10% du PIB britannique, serait fortement touché. « Le changement de règles associé au Brexit limitera la capacité du système financier britannique à accéder aux structures financières en Euro. La City risque de perdre une large partie de ses activités de marché en euro», explique Philippe Waechter, directeur de la Recherche Economique chez Natixis Asset Management.

La City dans l’œil du cyclone

Selon Yves Maillot, directeur de la Gestion Actions Europe chez Natixis AM, le Brexit serait surtout fâcheux pour les banques britanniques très orientées sur leur marché domestique, ainsi que pour la City et pour l’industrie financière en général. « En effet cette dernière ne bénéficierait plus des ‘passeports européens’ qui lui permettent de vendre ses services librement au sein de l’Union, alors même que 75% des activités européennes en banque d’investissement et de financement sont localisées à Londres. Dans ce cas, des transferts de structures sont très probables ».

Surtout, il n’y a pas que les banques britanniques comme Lloyd, RBS ou Barclays qui soient menacées. « Certaines banques étrangères dont l’activité (PNB, volume de prêts) est très sensible au Royaume-Uni, sont en position de faiblesse », poursuit Yves Maillot. Conséquence : « on peut s’attendre à des retours importants d’européens installés à Londres. Cela peut avoir un impact majeur car, au-delà de l’activité purement bancaire, la structure de la population va changer, pénalisant la dynamique même de l’économie de la City et donc de l’économie britannique », complète Philippe Waechter.

Certes, « la City perdrait des activités et de l’emploi dans une mesure difficile à quantifier. Il y aurait des surcoûts pour les établissements financiers installés en Grande-Bretagne, mais cela ne remettrait pas en cause leur hégémonie dans les activités de financement et d’investissement », nuance toutefois Philippe Waechter, cité par Le Monde.

La Place de Paris réagit…

Présidé par le ministre des Finances Michel Sapin et co-animé par la Direction Générale du Trésor et Paris Europlace, le Comité « Place financière de Paris 2020 » s’est réuni ce lundi. L’organisation en charge de promouvoir et développer la Place financière de Paris en a profité pour réaffirmer l’attachement de la Place de Paris au maintien du Royaume-Uni au sein de l’Europe.

Paris Europlace a en effet souligné que, quel que soit le résultat du vote – maintien dans l’Union ou Brexit – il fallait éviter deux écueils : ne pas créer de nouvelles distorsions de concurrence entre les acteurs financiers des différents pays, afin de ne pas pénaliser le financement de l’économie européenne, et ne pas fragiliser le cadre de stabilité et de régulations financières au détriment des épargnants. Et la Place de Paris travaille sur les différents scénarii.

… en multipliant les initiatives

« Nous voulons aussi affirmer notre conviction que cette période doit être l’occasion de renforcer l’intégration européenne en particulier en accélérant la constitution d’une véritable Union de financement et d’investissement, comme l’a recommandé François Villeroy de Galhau, Gouverneur de la Banque de France »,  a déclaré Gérard Mestrallet, président de Paris Europlace.

Enfin, dans tous les cas de figures, la Place financière entend faire valoir ses atouts pour attirer les entreprises internationales qui souhaitent développer leurs activités en Europe. Parmi les prochaines étapes indispensables pour accroître son attractivité, la Place financière de Paris entend notamment supprimer la taxe sur les salaires qui pèse sur le secteur financier français, et améliorer le statut des cadres impatriés. Les financiers français expatriés à la City craignant les retombées d’un Brexit apprécieront…

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