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INTERVIEW : « Créer son entreprise tout en étant étudiant en finance »

Stéphane Gaschet, responsable national Point C chez In Extenso

Stéphane Gaschet, responsable national Point C chez In Extenso

Lancé il y a deux ans, le statut d’étudiant entrepreneur prend la forme d’une invitation à l’entreprenariat. Pourtant, si un quart des étudiants envisage de créer leur propre entreprise, ils ne sont que 3% à oser se lancer dans une aventure entrepreneuriale, selon des estimations fournies par Audencia Business School.

C’est pourquoi nous avons demandé à Stéphane Gaschet, responsable national Point C chez In Extenso (membre du groupe Deloitte), acteur majeur de l’expertise comptable en France et leader du conseil à la TPE/PME avec 4 500 collaborateurs répartis sur 220 sites, d’analyser les obstacles que peuvent rencontrer ces étudiants entrepreneurs, et des pistes de réflexions pour mieux les éviter.

Quel état des lieux de la création d’entreprise chez les étudiants ?

De plus en plus d’étudiants se lancent dans la création d’entreprise pendant leurs études, aidés en cela par la multiplication des cours de création d’entreprise et de chaires entrepreneuriales lors de leur cursus. En 2014, on comptait en France quelques 125.000 créateurs d’entreprises âgés de moins de 30 ans, soit trois fois plus qu’il y a 10 ans. Chaque année, ce sont 10.000 à 15.000 étudiants qui créent leurs entreprises. La difficulté de trouver un job les pousse un certain nombre d’entre eux à franchir le pas de l’aventure entrepreneuriale.

Quels sont les freins majeurs à la création d’entreprise ?

Pour un étudiant, l’un des principaux freins à la création d’entreprise est sa situation financière, notamment si son projet nécessite un apport financier conséquent. Autre frein rencontré : la peur de la précarité, une entreprise n’étant pas nécessairement rentable les premières années suivant sa création. Pourtant, une fois leur entreprise, créée, 84% des étudiants s’en disent satisfaits.

Enfin, et c’est là un frein typiquement franco-français, on peut citer la peur de l’échec. Pourtant, même en cas d’échec, ce peut être un plus de mentionner sur son CV ‘compétences entrepreneuriales’.

Comment les étudiants entrepreneurs peuvent-ils financer leur projet ?

Il y a bien sûr le love money que certains appellent avec humour l’ACCC – “l’argent des cousins des copains et des cinglés”. Les étudiants peuvent déposer leurs projets de création d’entreprise sur des plateformes de crowdfunding, souvent spécialisées par secteurs d’activité (NDLR : certaines d’entre elles, comme EdukLab, sont même dédiées au financement d’études et de projets étudiants).

Sinon il y a bien sûr les prêts étudiants proposés par les organismes bancaires (sans que l’étudiant n’ait à en justifier l’usage qu’il compte en faire), les fondations, ou bien encore les concours comme par exemple 100 jours pour entreprendre avec lequel In Extenso est partenaire.

De quelles aides les étudiants entrepreneurs peuvent-ils bénéficier ? Existe-t-il des aides de l’Etat spécifiques ?

Il existe des aides de droit commun, comme les prêts d’honneur, généralement accordés par des collectivités locales (conseils régionaux, généraux…) ou bien des réseaux d’entrepreneurs ou associatifs comme Initiative France qui est également l’un de nos partenaires.

Parmi les aides d’Etat, on peut mentionner le dispositif PEPITE (pôles étudiants pour l’innovation, le transfert et l’entrepreneuriat)  qui a déjà financé une trentaine de projets et vise à donner un véritable statut d’étudiant-entrepreneur. Ainsi, la première année qui suit la création d’entreprise, l’étudiant conserve son statut et une protection sociale. Ils sont dispensés de stages en entreprise pour se consacrer exclusivement à leur projet d’entreprise.

Quels statuts juridiques choisir en tant que jeune étudiant entrepreneur ?

Il n’y a pas à proprement parler de statut spécifique lié au fait d’être « jeune étudiant entrepreneur ». Par contre, c’est souvent un sujet sur lequel nous sommes rapidement sollicités car la partie juridique, fiscale et sociale de la création d’entreprise n’est pas ou peu abordée  d’une manière globale, pendant la scolarité.

Nous observons chez les étudiants, une proportion plus importante que la moyenne nationale à utiliser des statuts de transition comme les couveuses ou les incubateurs peuvent le proposer

Si certains décident de monter leur entreprise en solo, d’autres préfèrent se lancer à plusieurs, en optant pour un statut de SAS par exemple. Etre plusieurs à se lancer dans l’aventure comporte de nombreux avantages comme se soutenir moralement, à condition cependant que les compétences de l’équipe fondatrice soient complémentaires. C’est le cas par exemple dans de nombreuses sociétés fintech où l’on trouve à la fois des profils financiers et technos.

Enfin, quels conseils donneriez-vous aux étudiants en finance pour pérenniser leur activité ?

Il faut toujours proposer une offre adaptée aux besoins du marché. Il convient également de faire une évaluation au plus juste du besoin en trésorerie, car trop souvent cette dernière est sous-évaluée et c’est généralement à ce moment-là, quand il n’y a plus d’argent dans les caisses, que les vrais ennuis commencent…

Au-delà des compétences techniques, ce sont surtout les ‘soft-skills’ qui font la différence dans la réussite d’un projet d’entreprise. On peut citer la motivation, l’ouverture d’esprit (notamment vis-à-vis des concurrents, des clients,….), la ténacité, l’humilité et la propension à la ‘prise de risque’ qui peut être un frein pour les étudiants des filières en finance, moins pour ceux issus des filières management.

 

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