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Bonus : la difficile réforme

Les pressions montent de toute part pour faire évoluer le modèle d’attribution des bonus par des banques. L’absence de transparence et la réticence des acteurs à s’atteler au dossier n’augurent pas cependant de changements rapides.

Il semble que certaines banques d’affaires soient devenues de gros hedge funds, prenant même des risques plus importants sur les marchés , déclarait récemment Bertrand Jacquillat, professeur à l’Institut d’études politiques de Paris, dans le journal Le Monde. Au-delà du débat sur la régulation des marchés financiers, la prise de risque peut s’avérer payante pour les opérateurs de marché, qui empochent des bonus que certains jugent trop généreux.

Les petits actionnaires montent au créneau

Lloyd Blankfein, le PDG de Goldman Sachs, a reçu 67,9 millions de dollars de bonus pour 2007. Même si l’établissement a su relativement bien tirer son épingle du jeu face à la crise des subprimes, ils sont nombreux, notamment parmi les petits actionnaires, à trouver les rémunérations de Wall Street totalement hors de contrôle .

Le Financial Stability Forum est le dernier organisme en date à décrier le modèle de répartition des bonus. Dans un récent rapport, il déclare que le bonus devrait être basé sur un cycle du crédit (cinq ans) plutôt que sur les 12 derniers mois. De son côté, Alan Johnson, le doyen des consultants en compensation à Wall Street, vante un système d’attribution basé sur la performance des desks et des business units plutôt que sur les performances individuelles.

Mea-culpa

Dans les banques, certains pensent que le changement est nécessaire. Ne serait-ce que pour promouvoir et communiquer sur une meilleure transparence, nous devrions revenir au système des bonus basés sur un pourcentage des commissions plutôt que de façon discrétionnaire , relève un expert des rémunérations au sein d’une banque américaine. Dans son récent rapport confession visant à expliquer ses pertes colossales, UBS a reconnu que les modèles de rémunérations encourageaient les banquiers à se concentrer sur les profits à court terme.

Au rythme où vont les choses, il semble toutefois peu probable que les bonus 2008 soient concernés. Nous sommes au tiers de notre cycle annuel de compensation et aucune décision ferme sur la façon appropriée de traiter ce dossier n’a encore été prise , constate Jon Terry, responsable de la reward practice chez PricewaterhouseCoopers.

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commentaires (11)

Comments
  1. Clairement, il y a bien des excès dans ce milieu, faut l’avouer.
    Mon bonus pour la seconde année, je l’ai vraiment trouvé énorme… Ce que je trouve dingue, c’est l’ecart phénoménal qu’il y a entre moi et d’autres potes de promo qui parfois étaient bien meilleurs que moi. Tout ça parce qu’ils ont choisi des secteurs industriels (aéronautique…).
    J’evite de parler argent quand je suis avec eux.
    C’est fou, on est quand meme tous passés par le meme cursus (prépa+ ecole d’ingé?)!!

  2. Quand on a choisi la finance, on en connaît les rouages et les modes de fonctionnement, excessifs ou pas.
    C’est hypocrite ou terriblement naïf de s’étonner de son bonus, surtout quand on connaît le montant des deals, les volumes traités ou les marges nettes. Et pour faire preuve d’autant de naïveté, sans doute le bonus de Marc n’est-il pas si élevé que ça…

  3. Melvido, je maintiens que je pourrai jamais comprendre l’écart qu’il peut y avoir entre nous et les autres. Si tu arrives à te le “justifier” intellectuellement, c’est très bien..
    Je ne connais pas ton parcours, mais je peux te montrer des gens très brillants, qui font des métiers très pointus et à forte valeur ajoutée sans et evoluer dans des sphères bien en deca de nous (financièrement parlant)
    Personellement, j’avoue que c’est plutot par hasard que je suis arrivé a la Finance. J’ai découvert en année d’option en ecole d’ingé et l’aspect “maths appliquées” m’y a plu

  4. bonsoir marc, peux tu tu nous indiquer ton age et le montant de ton bonus ?
    merci .

    HS

  5. Il n’est pas question ici de justification intellectuelle ou morale (quoique légitime), mais, si l’on veut parler de rationalisation des bonus, d’adéquation durable entre prise de risque et rémunération/sanction sous jacentes (relire l’article).

  6. Concernant les comparaisons relatives, au contraire, les écarts peuvent s’expliquer ; succinctement :
    1. la finance moderne prélève une rente sur l’économie mondiale (pile je gagne, face tu perds ; les pertes sont nationalisées ; les marchés ne sont pas efficients ; etc.)
    2. les salariés du front capturent cette rente de situation (destinée aux actionnaires !) grâce à l’inefficience organisationnelle du milieu et l’appropriation symbolique des actifs (modèles, contact/réseau, info, clients), le tout dans un contexte ultra-concurrentiel qui en permet un redéploiement facile
    3. à l’inverse, dans l’industrie traditionnelle, taylorisme, standardisation, oligopoles, actifs matériels, brevets, etc., laissent le salarié, brillantissime ou pas, sans grand levier face au capital.

    A noter que ce schéma exemplaire se retrouve dans la pub, les structures de partnership (avocats), internet.
    Bref, les salariés de la finance s’approprient une partie non négligeable de la valeur créée au détriment du capital (d’ailleurs déjà rémunéré au titre du coût du capital) ! La question de la formidable rente prélevée sur l’économie reste évidemment ouverte.

    (Re)Lire Marx et Bourdieu. Modérément ;)

  7. Environ 4.5-7% de la prod pour les analystes, ça dépend des banques. Cappé à 7 mioUSD pour la prod environ.

    Niveau associate / vp les fourchettes et cap changent beaucoup. ~12% cappé à 15-20 Mio USD pour la prod rémunérée.

  8. Melvido
    je trouve ta dernière contribution très interessante.
    Ca repond en partie a des questions que je me pose.
    Pour ma part, J’ai 24 ans et concernant le montant de mon bonus, sans rien cacher (vu qu’on reste sous l’anonymat, c’est bien cela la magie du net…) j’ai touché en net , l’equivalent de 2 fois mon brut annuel . Je sais que ce n’est absolument rien par rapport a ce que certains ténors du milieu gagnent. Certains trouveront meme cela ridicule. Mais, pour mon age et mon niveau d’expérience (seulement 2 ans) , j’estime (personellement) que c’est une rénumération importante.
    Je ne suis pas en train de me plaindre de bien gagner ma vie, ca serait le comble! Mais c’est juste que, je me suis posé toutes ces questions quand j’ai vu plusieurs anciens de promo ou de prépa qui ont aujourdhui au meilleur des cas un treizième mois a 2000 eur.

  9. comme c’ est ridicule tout ceci. Toucher des milliers d euros tout en étant idiot me desole

  10. Marc, est ce que tu pourrais nous dire quel metier tu fais? (quant, trader …) Est ce que tu travaille en France ou a l’etranger?

    Merci,
    J

  11. La naïveté de certains commentraires est vraiment agaçante :
    si beaucoup d’étudiants d’écoles d’ingé et de commerce viennent dans la finance, c’est tout simplement parce que cela paye plus que dans l’industrie.
    Des bataillons de jeunes diplômés arrivent donc sur le marché avec des connaissances d’une nullité consternante, persuadés d’être des caïds. La bourse, ça ne s’apprend pas en dernier année d’école d’ingé avec des modèles à la noix qui ne représentent en rien la réalité. Quand on ne connait même pas les concepts économiques de base, les relations basiques entre marchés, etc. , on aboutit à des aberrations dramatiques qui expliquent, en partie, la crise actuelle.
    Les bonus sont trop souvent distribués sans discernement… et amènent des vocations qui n’auraient jamais dû voir le jour chez certains…

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