Et si vous écriviez un roman en vous inspirant de… votre job en finance ?

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Business man standing on the top of books

L'écriture de livres sur la banque n'est plus l'apanage des seuls universitaires, journalistes et autres économistes. La crise financière de 2008 a en effet vu éclore une nouvelle génération d'écrivains : les traders et les banquiers. Et si cette occupation est loin d'être aussi lucrative que la finance, au moins a-t-elle le mérite de faire connaître au plus grand nombre la profession.

Les Anglo-Saxons ont une longueur d'avance dans le domaine. Véritable phénomène outre-Manche, Cityboy. Confessions explosives d'un trader repenti, paru il y a presque dix ans, est le témoignage de Geraint Anderson, ancien analyste financier qui a travaillé chez Société Générale, Commerzbank puis Dresdner Bank.

Également incontournable, Le Loup de Wall Street de l'ancien banquier Jordan Belfort, un roman autobiographique qui s'est vendu à 150 000 exemplaires aux États-Unis lors de sa sortie. Depuis que Martin Scorsese a racheté les droits pour l’adapter sur grand écran, avec Leonardo DiCaprio dans le rôle principal, il va sans dire que les ventes ont explosé !

Evidemment, les anglo-saxons ne sont pas les seuls à prendre la plume (ou la souris). Après avoir dirigé pendant quinze ans des banques d'affaires américaines en Europe, Marc Fiorentino a lui aussi opté pour la fiction avec Un trader ne meurt jamais suivi de Pour tout l’or du monde. D'autres préfèrent écrire sous anonymat, à l'instar de Crésus, ancien dirigeant d'une grande banque française, qui a jadis signé Confessions d'un banquier pourri

Explorer de nouveaux horizons

Aujourd’hui, avec l’arrivée en masse des nouvelles technologies dans les salles de marché, les professionnels de la finance n’hésitent plus à parler de leur environnement immédiat. Les romans de financiers avec en toile de fonds le trading algorithmique, le machine learning ou bien l’intelligence artificielle (IA) se multiplient.

C’est le cas par exemple avec l'écrivain Ashley Boolell, un Français disposant d'origines anglophones, qui a débuté sa carrière dans les salles de marchés parisiennes avant de partir à Londres. En 2012, il débute l'écriture de ce qui deviendra la Trilogie Sharks, trois romans qui se distinguent par un style absolument explosif.

Le premier, Psycho Shark (2013), est certainement le plus connu. Les deux autres se nomment Shark Master (2014) et Alpha Shark (2015). Cette trilogie s'est vendue à près de 4.000 exemplaires et peut être considérée comme étant une réponse parisienne au Loup de Wall Street même si la série n'est pas strictement dans le même registre que le livre de Jordan Belfort.

Psycho Shark est une fiction dont l'intensité est une véritable gifle en pleine figure. Ashley Boolell a vu juste en positionnant son roman à travers une démarche novatrice au lieu de se contenter d'imiter ses contemporains anglo-saxons. De son propre aveu, l'écrivain a construit Psycho Shark en s'inspirant de groupes de hard-rock. Cela peut paraître insensé mais il faut reconnaître que la formule marche.

A l'heure de l'Intelligence artificielle...

Et il ne s'est pas arrêté là. En 2017, Ashley Boolell décide de se lancer dans l'écriture de romans en anglais et ainsi mettre à profit son bilinguisme. Cette fois-ci, il laisse de côté la finance pour se concentrer sur des thèmes d'actualité. Son dernier roman The Disruptors, publié en 2018, est notamment inspiré de l'intelligence artificielle.

On y découvre le personnage de Mark Steel, un entrepreneur aux facultés remarquables, qui fonde Fractal, une entreprise qui devient un titan de l'intelligence artificielle, et dont la puissance finit par menacer l'autorité des gouvernements occidentaux. Le roman marche sur une ligne précaire qui sépare la fiction de la réalité.

L’auteur a imaginé The Disruptors en se posant la question suivante : « Que se passera-t-il si le prochain titan qui naît des nouvelles technologies, après Google, Apple, Facebook et Amazon, domine entièrement l'intelligence artificielle ? ».

Nul ne peut arrêter les GAFA dans leurs domaines de prédilection, alors que faire si un cinquième colosse apparaît et dispose d'une puissance équivalente mais dans l'IA ? « A l'heure où l'Intelligence artificielle se montre inarrêtable, il est temps de trouver une réponse à cette question car les enjeux vont bien au-delà de simples transformations économiques », explique-t-il.

L'organisation plus que le talent

Ashley Boolell est probablement le seul financier de sa génération - nous n'en connaissons pas d'autres - qui écrit des romans en deux langues différentes. Il a publié cinq romans en six ans (2013-2018) et ne compte pas s'arrêter là. « Tout est une question de discipline personnelle. L'organisation compte plus que le talent », nous explique-t-il. 

Et de poursuivre : « Je ne pourrai jamais être aussi fort que Stephen King mais je fais en sorte de maximiser mes capacités à mon échelle. C'est suffisant. Ecrire un livre prend beaucoup de temps. Il faut éviter de polluer le processus en se donnant des objectifs quasiment irréalisables ».

En ce qui concerne les financiers qui souhaitent se lancer dans l'écriture, il leur rappelle la chose suivante : « Ce sera toujours plus facile d'écrire un livre que de devenir pilote de chasse ou patron de Goldman Sachs. Il faut simplement mettre les choses en perspective ». Vu comme ça…

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