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La sortie la plus spectaculaire de la banque d’investissement ?

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Rameet Chawla, sur le départ…

Il a rarement été plus difficile qu’aujourd’hui de quitter un poste en banque pour un autre –  surtout pour les cadres. A Londres, le cabinet de recrutement Morgan McKinley estime qu’en janvier dernier, chaque poste à pourvoir comptait deux candidats de plus qu’auparavant ; dans le même temps, son homologue Robert Half indiquait que les recruteurs en comptabilité et finance consultent maintenant, en moyenne, 21 CV avant de proposer un poste.

Dans ces conditions, vous pourriez être tenté de rester en poste ad vitam aeternam – surtout si vous êtes cadre. Les recruteurs considèrent qu’au-delà de dix ans de bonus différés, il est devenu quasiment impossible de racheter vos stock options quand vous changez de poste. Il se dit qu’en conséquence, les cadres dirigeants du secteur, comme récemment Chris Yoshida chez Deutsche Bank, ‘négocient leur sortie’ en s’arrangeant pour partir après paiement de leurs bonus, en gardant quasi intact celui de la dernière année et après ‘déblocage’ de toutes leurs stock options s’ils partent à la concurrence.

Mais quid si vous êtes junior et tenté de passer à autre chose ? Nous nous sommes entretenus avec Rameet Chawla, l’ex-associé d’une banque d’investissement le plus smart au monde – passé par Merrill Lynch et Oppenheimer, aujourd’hui ‘architecte mobile’ et dandy notoire, également propriétaire de Fueled, une société basée à Manhattan et qui conçoit et développe des applications mobiles.

Rameet Chawla a quitté la finance il y a une dizaine d’années, juste avant le début de la crise financière. Une sortie à sa façon, bien loin des méthodes habituelles.

Il a ignoré les injonctions…

Dans un environnement aussi hiérarchisé que la banque d’investissement, vous êtes censé suivre les instructions de votre supérieur direct. Rameet Chawla s’en est dispensé. « Je dirais que l’entretien de sortie s’est passé de manière peu conventionnelle », nous confie-t-il : « concrètement, j’ai commencé par arriver tard au bureau – vers 9 h 30 / 10 h, ce qui passait assez mal. Ma supérieure m’a convoqué dans son bureau pour essayer de trouver une solution. Je tenais à attirer son attention sur le fait que je fournissais le même volume de travail que les autres : certes, je commençais tard, mais je restais aussi plus tard que les autres ». ça ne s’est pas très bien passé : « elle ne voulait rien savoir. Elle m’a pour ainsi dire menacé en me faisant comprendre que si je n’arrivais pas à l’heure, je serais licencié. J’ai dit que cela me convenait et tout est allé assez vite ensuite ; ma démission a été actée peu de temps après ».

… et n’a pas respecté sa clause de non-concurrence

Car Rameet Chawla a pris ses aises vis-à-vis des restrictions contractuelles spécifiant qu’il devait éviter les clients de la banque après son départ. « J’avais commencé à explorer plusieurs options et à planifier ma sortie bien avant que la situation ne se dégrade » confie-t-il. « J’avais aussi commencé à détourner mes clients sans tenir compte des conséquences potentielles sur mon contrat de travail en vigueur. J’ai commencé environ six mois avant de quitter le secteur, j’avais donc un peu d’argent pour voir venir le temps de me relancer ailleurs. Sachant que ce que je me faisais à côté ne représentait qu’une part minime de mon salaire initial. »

Il a su ne pas s’éterniser dans la finance

Rameet Chawla considère sa décision de quitter la banque comme « le bon choix pour moi ». Pour autant, il avoue qu’avoir commencé sa carrière dans la finance était une très bonne chose. « Si c’était à refaire, je choisirais de nouveau la banque. J’avais besoin de me retrouver dans un environnement professionnel de ce style pour construire mon business et mon espace de travail actuels. »

Il a connu les années de galère de l’après-banque…

Si vous quittez la banque, vous aurez forcément moins d’argent – au moins au début. Une certitude qu’il illustre par sa propre expérience : « Quand j’ai monté ma boîte, j’ai ramé pendant trois ans. » Avant d’ajouter : « J’ai dû renoncer à tous les luxes : je ne sortais pas, je n’achetais jamais de vin ni d’alcool, et je cuisinais moi-même des plats à petit budget. »

… et a fini par sortir du tunnel…

Fueled, la société de Rameet Chawla est aujourd’hui valorisée jusqu’à 30 millions de dollars. Sa page Instagram reflète une vie pour le moins éclectique : lieux de rêve, femmes sublimes, vêtements excentriques… Il reconnaît avoir « eu la chance de réussir » et souligne un point intéressant : « quand on revient sur l’échec d’une start-up, il est très rare de parler des collaborateurs qui y ont participé. Il y a aussi des effets pervers à la réussite d’une entreprise… comme par exemple l’obsession de parler de ses fondateurs, à l’origine de son succès. Nous sommes obnubilés par la réussite, mais n’oublions pas que les échecs sont bien plus nombreux. »

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