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Ces financiers français expatriés à la City qui craignent les retombées du Brexit

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Si l’hypothèse d’une sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne (Brexit) pourrait éventuellement constituer une aubaine pour la place financière parisienne (même si cela reste à prouver), il en va tout autrement pour les expatriés français de la City qui craignent vraiment les retombées d’un possible Brexit. C’est en tout cas le constat qui a été fait dans un article du Financial Times publié la semaine dernière et qui a fait grand bruit dans la communauté française basée à Londres, à en juger le nombre important de commentaires qui ont été postés.

En substance, l’article du FT rappelle qu’un certain nombre de nos compatriotes prévoiraient de quitter la City dans le cas où le Brexit deviendrait réalité, pour des raisons professionnelles et/ou personnelles. Certains n’ont d’ailleurs pas attendu que se profile le spectre d’un Brexit pour prendre les devants. Nous avons demandé aux recruteurs en finance s’ils avaient déjà vu des financiers français qui travaillaient à Londres revenir à Paris parmi leurs candidats. « Oui, j’ai croisé régulièrement ce type de profils ces dernières années », reconnaît  ainsi Olivier Coustaing, associé chez Managers by Alexander Hughes Paris.

Un retour plus contraint que volontaire

Le fait qu’un certain nombre de banques d’investissement à la City procèdent régulièrement à des réductions d’effectifs massives dans le cadre de leur programme de réduction de coûts n’est bien entendu pas étranger à ce mouvement de retour. A cela viennent  s’ajouter tous les banquiers âgés de 38-45 ans qui, au bout de 10-15 ans d’expérience à Londres, ont souvent envie de revenir pour des raisons familiales. « Les 35-40 ans à charge de famille sont les plus susceptibles de revenir, le système scolaire étant souvent jugé meilleur dans l’Hexagone », rappelle Thierry Bossant, manager Banque et Finance chez Huxley Paris.

Cela dit, nombreux sont ceux qui, parmi les financiers expatriés, n’ont pas envie de revenir. «Beaucoup d’entre nous aiment vivre au Royaume-Uni et ne songent pas vraiment à revenir au bercail. Je n’ai encore rencontré personne qui disait : ‘Ouah, super, mon travail va être délocalisé à Paris’ », explique au FT un banquier français qui travaille dans une banque d’investissement américaine basée à Londres. Dans l’hypothèse d’un Brexit, les financiers français redoutent bien sûr que  leurs emplois soient délocalisés vers d’autres pays, mais ils sont encore plus inquiets au sujet de l’organisation de leur vie sur place.

L’effet boule de neige sur la communauté française

Car c’est le fonctionnement de tout le réseau de la communauté française regroupée autour de South Kensington (qui abrite le Lycée français, l’Institut français et de nombreux magasins français, cafés et commerces) et ses environs qui pourrait être remis en cause, depuis les nounous aux précepteurs en passant par les enseignants. « Les Français de la City sont très préoccupés par les nounous et tout le personnel qui travaille avec leurs enfants. Si ces derniers sont inscrits dans une école britannique, leurs parents veulent en effet des tuteurs qui puissent parler français à leurs enfants », rappelle Olivier Bertin, conseiller à l’Assemblée des Français de l’Etranger, dans les colonnes du FT.

On le comprend aisément, des départs en série risquent de provoquer un effet boule de neige sur l’ensemble de la communauté française londonienne estimée à 122.000 personnes, dont un tiers travailleraient à la City selon certains analystes. En attendant, certains tentent de prendre les devants : les demandes de citoyenneté britannique de résidents français au Royaume-Uni ont littéralement bondi depuis le début de l’année, rapporte le FT. D’autres se contentent de patienter en croisant les doigts, comme notre banquier d’investissement français qui rappelle que ce serait pour lui un ‘cauchemar’ de quitter le sol britannique. « Je dois avouer que lorsque l’avion atterrit à Heathrow, je me sens émotionnellement chez moi », conclut-il. Lui et ses acolytes vont devoir attendre jusqu’au 23 juin, date du référendum sur le maintien ou non du Royaume-Uni dans l’Union Européenne, avant de savoir s’ils devront ou pas faire leurs valises…

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