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Quel avenir dans la finance d’entreprise après 45 ans ?

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Les métiers de la finance d’entreprise, et notamment celui de directeur administratif et financier (DAF), font face à de nouveaux défis économiques, internationaux et numériques. À mi carrière, quel est leur profil ? Quelles compétences renforcer ? Quels parcours gagnants et quels freins au recrutement ? Et quelles évolutions de carrière possibles ?

Autant de questions auxquelles répond le cabinet de conseil en transitions professionnelles OasYs Consultants dans sa nouvelle étude DAF à mi-carrière réalisée en partenariat avec Nomination au deuxième semestre 2015 en France, auprès d’un panel représentatif de 112 DG, DAF Groupe et chasseurs de têtes susceptibles de recruter des DAF confirmés.

« A 45 ans, un cadre est considéré comme senior. La réalité, c’est qu’entre 45 et 50 ans, il reste encore 20 ans minimum pour continuer à se développer professionnellement. À mi carrière, une réflexion est donc nécessaire pour les cadres et les dirigeants », indique Eric Beaudouin, directeur général d’OasYs Consultants. Voici les principaux éléments qu’il convient de retenir…

D’expert à business partner agile

Sur l’ensemble des personnes interrogées (DG, DAF Groupe et chasseurs de têtes), 90% considèrent que les critères de recrutement des DAF ont fortement évolué au cours de ces dernières années. Aujourd’hui, les Directeurs Financiers ne sont plus seulement des techniciens, gardiens des process et des équilibres financiers d’une organisation.

Pour 96% des répondants, ils sont devenus de véritables business partners au côté du DG, le secondant dans le développement et la transformation de son entreprise. En effet, leur valeur ajoutée est d’abord d’aider la direction générale à définir et construire sa stratégie (pour 91% des répondants) ou encore l’aider dans la conduite du changement (91% également). Ainsi, 85% des recruteurs recherchent-ils des DAF ayant été membres de comités de direction.

Un mouton à 8, 9 ou 12 pattes

Au-delà des expertises techniques, considérées comme totalement acquises à mi carrière, le DAF doit savoir communiquer et manager les experts dont il s’est entouré (96%). Evoluant dans un univers mondialisé de plus en plus compétitif et challengé par la digitalisation, le DAF confirmé doit également être en mesure d’anticiper les risques et savoir gérer les situations de crise pour 95% des sondés. Autre atout de poids : offrir des expertises diversifiées qu’elles soient acquises dans des secteurs différents (86%) ou à l’international (70%).

Fiabilité, loyauté, éthique et anticipation complètent les aptitudes demandées au DAF. « Gardien du temple et poly-expert, le DAF est également très attendu sur ses qualités relationnelles : flexibilité, disponibilité et coopération. Autrement dit, le DAF doit aujourd’hui être généraliste et s’adapter à toutes les situations avec agilité », indique Sophie Mouterde, directrice de la practice Finance chez OasYs Consultants. Valérie Kolloffel, partner chez Nicholas Angel, cabinet d’executive search dans la finance, n’hésite d’ailleurs pas à parler « non pas de mouton à 5 pattes mais à 8, 9 ou 12 pattes ».

Prime à l’expérience et au contrôle de gestion

La majorité des recruteurs (80%) vont privilégier les personnes de 40 à 50 ans pour le recrutement d’un DAF confirmé. En termes d’expériences, 93% des recruteurs privilégient l’expérience du poste et du comité de direction pour les DAF à mi carrière. Dans les grandes structures, l’expérience d’un poste à l’international est également exigée tandis que dans les structures de moins de 1.000 personnes, la variété des secteurs vient avant l’international.

Quant au chiffre d’affaires géré, ceux qui y attachent une importance fixent le minimum à 150 M €. Mais l’essentiel pour rester employable, c’est le type de dossiers traités et le périmètre du poste pour 50% des répondants. En termes de compétences et de savoir-faire, la voie royale pour devenir DAF confirmé est le contrôle de gestion, cité par 79% des répondants. Viennent ensuite la comptabilité (39%) et l’audit externe (36%).

Candidats DAF, pensez aux PME et ETI !

Au total, on compte aujourd’hui 40.000 DAF en France. Deux DAF confirmés sur trois sont recrutés à l’extérieur de l’entreprise. Pour autant, cette pratique varie selon la taille de l’entreprise. Si le recrutement externe est largement répandu dans les entreprises de moins de 10.000 salariés, représentant 70% à 82% des cas, les entreprises de plus de 10.000 salariés privilégient un recrutement en interne dans une très large majorité des cas (89% à 100%). « C’est un marché de renouvellement mais pas de création », observe Valérie Kolloffel.

Les entreprises de taille intermédiaire (ETI) représentent donc une opportunité à ne pas négliger pour les DAF confirmés souhaitant changer d’entreprise ou de secteur d’activité. A ce sujet, Valérie Kolloffel relève un « regain du poste de Secrétaire Général dans les PME et ETI ».

Dans le cas d’un recrutement externe, l’entreprise va privilégier le recours à un cabinet de recrutement ou chasseur de tête (73% des répondants), tout en restant sensible aux opportunités de son réseau (40%). Quant aux annonces, seules 16% des entreprises les citent comme canal privilégié pour recruter un DAF à mi carrière. Et LinkedIn ? Si ce n’est pas le mode de recrutement le plus répandu, il est indispensable puisque les chasseurs de tête le consultent systématiquement avant un entretien.

Un optimisme prudent quant à leur évolution

La poursuite de carrière pour un DAF confirmé est variée et facile pour 74% des répondants. Si 93% d’entre eux pensent qu’il est plus réaliste de rester dans des fonctions financières, leur parcours offre également de nombreuses possibilités, à commencer par devenir DG pour 85% d’entre eux. Par contre,  « passer pour la première fois vers l’opérationnel après 45 ans me semble plus difficile », rappelle pour sa part dans l’étude Sylvie Bretonnes, Directrice Financière de Vinci Concessions, fondatrice du méta-réseau Financiers d’Entreprise Fi+ et présidente du club HEC finance d’entreprise.

« Si certains DAF peuvent rencontrer des problèmes d’évolution, c’est davantage lié aux freins qu’ils se mettent eux-mêmes notamment une grande prudence. Véritable stratège, pilier du comité de direction, le DAF a de nombreux atouts : il sait parfaitement maîtriser les coûts, identifier les risques, anticiper et gérer les changements rapidement », conclut Jerry Knock, directeur associé d’OasYs Consultants et fondateur de la practice Finance. Ne vous reste donc plus qu’à mettre en avant tous ces atouts auprès des recruteurs…

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