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Leçons à tirer des banquiers de retour à Paris après une expérience à l’international

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Alors que de nombreux jeunes diplômés en finance font le choix de l’expatriation pour leur première expérience professionnelle, il n’est pas rare de voir revenir des banquiers seniors qui, après avoir passé de nombreuses années en poste à l’international, font le choix de revenir dans l’Hexagone. Ce qui ne signifie pas qu’ils soient rétrogradés, bien au contraire.

Certains reviennent dans le cadre d’une nomination où ils voient souvent leur périmètre de responsabilités élargi. D’autres ont été débauchés par un concurrent basé en France et qui a sans doute su trouver les moyens (y compris financiers) pour les convaincre de revenir au bercail. D’autres enfin reviennent pour des raisons plus personnelles, souvent familiales. « Les 35-40 ans à charge de famille sont les plus susceptibles de revenir, le système scolaire étant souvent jugé meilleur dans l’Hexagone », rappelle Thierry Bossant, manager Banque et Finance chez Huxley Paris.

Nous nous sommes intéressés de près aux parcours professionnels de quelques banquiers qui, ces dernières années, ont été nommés ou recrutés en France après une expérience significative à l’international. Voici, sur la base de ces exemples, quelques leçons que vous pourriez tirer d’une expatriation réussie suivie d’un retour gagnant…

1. Matthieu Duncan, directeur général, Natixis Asset Management

Dans le cadre de son projet de réorganisation de sa BFI, Natixisa a annoncé plusieurs nominations. C’est à Londres qu’elle a trouvé le nouveau directeur général de sa division AM. Il s’agit de Matthieu Duncan, 51 ans, titulaire de la double nationalité française et américaine. Ce diplômé de l’Université du Texas (Austin) et de l’Université de Californie (Santa Barbara) a débuté sa carrière professionnelle dans le secteur financier chez Goldman Sachs où il a occupé entre 1990 et 2003 différentes fonctions dans le secteur des marchés de capitaux à Paris et à Londres.

Il a ensuite exercé, de 2004 à ce jour, plusieurs postes dans le domaine de l’asset management à Londres : chief investment officer (CIO) Equities chez Cambridge Place IM, head of business strategy et membre du conseil d’administration chez Newton IM (groupe Bank of New York Mellon) et chief operating officer (COO) et membre du conseil d’administration chez Quilter Cheviot IM.

Ce qu’il faut retenir : Les profils bi-culturels sont particulièrement appréciés par les recruteurs dans l’asset management. Plus généralement, le fait d’avoir effectué tout ou partie de ses études et de sa carrière professionnelle dans des pays comme les Etats-Unis ou le Royaume-Uni est un vrai plus : cela traduit une maîtrise parfaite de la langue des affaires et une connaissance des codes culturels anglo-saxons.

2. Selim Mehrez, responsable mondial des Dérivés actions, Natixis

Natixis est décidemment passée maître dans l’art d’aller chercher ses talents à l’international. Il y a deux ans déjà, en janvier 2014, Selim Mehrez, alors responsable mondial de l’Ingénierie financière et des stratégies dérivés chez Morgan Stanley, à Londres, était nommé responsable mondial des Dérivés actions de Natixis à Paris. Un ‘retour gagnant’ que ne manquent pas de citer souvent en exemple les chasseurs de têtes parisiens.

Cet ingénieur diplômé de l’Ecole Nationale Supérieure de Télécommunications de Paris a débuté sa carrière en 1996 chez Telemate, en tant que consultant, avant de rejoindre Cegetel en 1998, en tant qu’ingénieur, puis Sita Equant, en 1999. En 2001, il intègre le département des Dérivés actions de Société Générale CIB à Paris, en qualité d’ingénieur financier, avant d’être promu, en 2005, responsable Pricing et nouveaux produits pour la région EMEA. En 2007, il est nommé responsable adjoint de la Structuration actions pour la région EMEA chez Goldman Sachs, à Londres. De 2008 à 2011, il reprend la direction du Pricing et nouveaux produits pour la région EMEA au sein du département Cross Asset Solutions de Société Générale CIB à Paris. Depuis 2011, Selim était responsable mondial de l’Ingénierie financière et des stratégies dérivés chez Morgan Stanley, à Londres.

Ce qu’il faut retenir : Les profils ingénieurs qui effectuent une carrière internationale intéressent généralement de près les recruteurs en finance. Le fait de pouvoir mentionner sur son CV une expérience professionnelle dans une banque ‘bulge bracket’ comme Goldman Sachs ou Morgan Stanley permet de rejoindre plus facilement par la suite une banque Tier 2 et d’y prendre plus rapidement du galon.

3. Isabelle Girolami, Responsable mondiale Marchés de capitaux, CA CIB

Isabelle Girolami en est la preuve. Diplômée de HEC Paris, spécialité droit international et finance, elle peut se prévaloir d’une une vaste expérience en Europe et en Asie. Elle commence sa carrière bancaire chez BNP Paribas en 1995 où elle devient COO pour les activités de Fixed Income. Elle rejoint Bear Stearns en 2000 comme Chef de cabinet pour l’Europe et COO pour les activités de Fixed Income en Europe et en Asie. Elle rejoint Standard Chartered en 2008 en tant que Responsable des marchés Europe et Co-Responsable de la banque d’affaires Europe, et est nommée en 2011 Responsable des marchés de l’Asie du Sud-Est (2011 à 2015). Celle qui a pris ses nouvelles fonctions depuis le 30 septembre 2015 est désormais rattachée à Jacques Prost, Directeur Général Délégué, et devient membre du Comité Exécutif de Crédit Agricole CIB.

Ce qu’il faut retenir : Indéniablement, une expérience réussie à l’international permet souvent de gravir plus rapidement les échelons de la hiérarchie d’une grande banque d’investissement et de faire partie un jour du Comex et autres instances dirigeantes…

4. Laurent Vignon, Responsable crédits syndiqués région EMEA, SG CIB

Société Générale Corporate & Investment Banking a annoncé en septembre dernier la nomination de Laurent Vignon qui était déjà Responsable Crédits Syndiqués pour les entreprises et les financements d’acquisition en Europe de l’Ouest depuis 2012. Il sera également responsable de l’équipe dédiée à ces opérations pour la région CEEMEA ainsi que les transactions structurées sur matières premières.

Diplômé de l’ESSEC et titulaire d’un Masters en Banque et Finance à Dauphine, Laurent Vignon a rejoint Société Générale en 1989 au sein de la filiale Canadienne. Il a intégré l’équipe crédits syndiqués à Paris en 1994. Puis il a déménagé à Londres en 1998 où il a été nommé Responsable du Leveraged Syndicate pour l’Europe en 2004. En 2007, Laurent part à New York pour développer la plateforme Leveraged Syndicate, et devient Co-Head Crédits Syndiqués pour la région Amériques en 2009. En 2012, il a été nommé Responsable Crédits Syndiqués pour les entreprises et le financement d’acquisition pour l’Europe de l’Ouest.

Ce qu’il faut retenir : Le fait de multiplier les expériences à l’international permet généralement à terme d’exercer des responsabilités sur une zone entière (généralement EMEA, Amériques ou Asie…) relevant de son domaine de compétences. A noter qu’un retour sur Paris ne signifie pas que vous ne voyagerez plus, bien au contraire. C’est souvent depuis le siège à Paris que les lignes de métiers des grandes banques françaises sont pilotées au niveau stratégique, mais le travail quotidien nécessite toujours des déplacements fréquents auprès des filiales à l’étranger.

5. Igor Donnio, Responsable ECM France, BNP Paribas

Igor Donnio a été nommé l’an dernier comme Responsable de l’Equity Capital Markets France au sein de l’équipe Corporate Finance de BNP Paribas. Après un début de carrière chez Paribas, ce diplômé d’HEC et de l’IEP Paris était précédemment directeur de l’équipe ECM français au sein de Goldman Sachs puis responsable des Equity Solutions chez Gazprom Bank à Moscou. Un retour aux sources en quelque sorte…

Ce qu’il faut retenir : Les banques françaises ne vont pas systématiquement débaucher les talents de l’autre côté de la Manche mais lorgnent parfois vers des destinations plus lointaines, notamment les pays émergents. Il n’est pas rare de voir quelqu’un qui a commencé sa carrière chez un employeur y revenir bien plus tard après être passé par la case internationale. D’où l’intérêt, dans la mesure du possible, de partir en bons termes de chez son ancien employeur…

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