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Quand les cabinets d’avocats d’affaires recrutent des associés en externe…

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Le cabinet international de conseil en management et en organisation Day One, spécialiste des Cabinets de Services Professionnels et des Directions Internes des grandes entreprises, vient de publier la 10e édition de son baromètre qui analyse les mouvements d’associés dans les cabinets d’avocats d’affaires en France.

A cette occasion, Day one a identifié les tendances majeures qui ont marqué la dernière décennie sur le marché des avocats d’affaires en France. Force est de constater que le secteur recrute. Sur l’ensemble des cabinets concernés par des arrivées d’associés, 54% ont recruté un associé, 28% deux associés et 5% trois associés. Surtout, jamais autant de cabinets n’ont nommé d’associés en ayant recours…. à des recrutements externes.

Des cabinets qui s’ouvrent sur l’extérieur…

Parmi les nouvelles tendances, il y a la multiplication des recrutements d’associés non avocats (18 en 2015, ce qui constitue un record depuis 2008), généralement issus du monde de l’entreprise et de la banque : professionnels des fusions et acquisitions et du droit boursier, expert en fiscalité. Mais pas seulement : certains départements de propriété intellectuelle de grands cabinets recherchent des profils ingénieurs, pour les aider à analyser les aspects purement techniques des brevets par exemple. « Si les grosses structures mondiales s’entourent d’économistes ou de scientifiques, le phénomène est encore balbutiant en France. Seuls les Conseils en Propriété Industrielle (CPI) ont des ingénieurs/ juristes », précise Marc Bartel, managing partner de Heidrick & Struggles France où il dirige la practice law firm.

Enfin, le secteur du droit a déjà commencé à s’adapter aux nouvelles technologies mais les changements qui s’annoncent avec la Blockchain – et dans son sillage la dématérialisation des contrats – devraient susciter un intérêt croissant de la part des cabinets d’avocats pour les profils de l’IT Finance. Selon un récent rapport du Boston Consulting Group, la legal tech va littéralement bouleverser le secteur : on y trouvera moins de juniors, mais davantage d’employés support dans d’autres domaines comme l’informatique ou le para-juridique, si bien qu’au final les effectifs des cabinets devraient rester stables.

Les M&A parmi les expertises les plus convoitées

Parmi les expertises les plus convoitées arrivent des compétences purement juridiques comme le contentieux, mais également financières comme les fusions acquisitions et le restructuring. D’ailleurs, le Corporate / M&A est le domaine d’expertise qui a connu le plus de mouvements au cours des 10 dernières années. « Son poids s’explique facilement par le fait qu’il constitue le plus souvent l’expertise ‘centrale’ du cabinet à partir de laquelle, d’autres expertises vont pouvoir être développées », explique Jérôme Rusak, associé de Day One, qui pilote le baromètre depuis 10 ans. « L’exemple du M&A générateur de missions pour le fiscal, la concurrence ou le social des cabinets est à cet égard limpide ».

« Pour un cabinet d’avocats, le Corporate reste le nerf de la guerre pour vendre la palette des autres services. Autre expertise très en vogue actuellement : le contentieux pénal, du fait notamment de la pression réglementaire croissante dans l’industrie financière », relève pour sa part Marc Bartel.

De la banque ou l’entreprise vers le cabinet…

Nombreux sont les banquiers d’investissement qui ont commencé leur carrière… en étant avocat. Avant de devenir un trader et travailler pour Goldman Sachs, Lloyd Blankfein était avocat. Et Robert Kindler, responsable mondial des M&A chez Morgan Stanley, a passé 20 ans au sein du cabinet d’avocats américains Cravath Swaine & Moore avant de rejoindre les M&A en 2000. Preuve que le droit est traditionnellement une bonne voie pour travailler en front-office dans la BFI.

L’inverse n’est cependant pas forcément vrai : « Je n’ai pas d’exemple récent en tête de banquier qui ait été recruté dans un cabinet d’avocats », indique Marc Bartel. « Parmi les recrutements de profils non avocats dans les cabinets figurent principalement d’anciens directeurs juridiques en entreprises, censés ouvrir les portes pour faire des deals ».

Des passerelles pas toujours évidentes

C’est pourquoi les banquiers désireux de se reconvertir dans la matière juridique feraient mieux de lorgner sur les entreprises. D’autant plus que l’Association Française des Juristes d’Entreprise (AFJE) dénombre aujourd’hui dans l’Hexagone près de 16.000 juristes d’entreprise, ce qui en fait la deuxième profession du droit derrière les Avocats. Les candidats à ce métier se doivent avant tout d’être polyvalents, les missions dépassant le domaine droit stricto sensu avec la conformité, les risques, les assurances…

« Les entreprises expriment les besoins de professionnels qui, bien au-delà de la fonction support, montrent des qualités de type facilitateurs de business, avec un rôle assumé de Business Partner. Dans la sphère juridique, il leur est demandé de faire valoir leur capacité décisionnelle », expliquent les auteurs de l’étude de rémunérations 2016 de Robert Half.

« Sur le terrain, le succès reste néanmoins souvent mitigé, car il n’est pas facile pour un directeur juridique d’aller voir ses pairs en leur apprenant qu’il est subitement devenu un expert en droit », relativise Marc Bartel. « Pas facile non plus de s’entendre sur le périmètre des missions à réaliser dans le temps, l’articulation avec l’équipe juridique déjà en place ainsi que sur les aspects liés à la rémunération ».

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