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Comment sécuriser votre job en finance dans l’hypothèse d’une nouvelle crise

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Le début de l’année a plutôt été mauvais pour les marchés boursiers et carrément désastreux pour les actions bancaires européennes. Ce qui fait planer au-dessus des têtes le spectre d’une nouvelle crise financière, sur fond de Brexit et de réduction des coûts en banque d’investissement.

Voici donc, d’après les conseils de recruteurs et de professionnels de la finance, ce qu’il convient de faire (ou pas) afin de sécuriser votre job dans le cas où une crise financière majeure surviendrait d’ici les prochains mois…

Faire preuve d’adaptabilité et de discernement

« Face aux risques de crises, ainsi qu’aux transformations inhérentes au secteur, une posture “Darwiniste” et anticipative sera gage d’une carrière plus fluide : adaptabilité et discernement seront des aptitudes clés », explique Olivier Coustaing, associé chez Managers by Alexander Hughes Paris. « Ainsi, je conseille de développer son réseau autant que sa visibilité interne. Les déjeuners et échanges informels avec collègues et chasseurs de têtes favoriseront votre attractivité le moment venu sur les opportunités du marché caché ».

« Et comme dans toute situation de retournement critique ou de redistribution des cartes, il existe des sauve-conduits prometteurs, sachez rester flegmatiques, impliqués et positifs », poursuit-t-il. « Enfin, même si personne n’est irremplaçable, l’attitude du « to go the extra mile » sera un atout pour lustrer votre valeur, même en période agitée ».

S’adapter aux mutations tout en comblant vos lacunes

« Le déroulement de carrière est plus fragmenté, avec des changements de métier, de localisation. Le contenu des métiers a lui aussi changé, principalement du fait de l’innovation technologique et des nouvelles régulations », rappelle Philippe-Hugues Thomas, directeur du MS Finance à l’ESCP Europe. C’est pourquoi les financiers doivent être sur le qui-vive. « S’attendre au pire afin de ne pas être déçu, faire preuve d’une vigilance constante, penser à se vendre, anticiper le coup d’après, avoir un CV qui colle aux demandes des recruteurs, prouver ses compétences » sont autant de conseils de bon sens promulgués par Philippe-Hugues Thomas.

« Pensez à développer une expertise spécifique pour vous distinguer : digitale, réglementaire, managériale, actifs ou produits financiers spécifiques, etc. », conseille à ce sujet Olivier Coustaing. Bref, tout ce qui peut vous démarquer sera le bienvenu, d’autant plus que la formation académique – même excellente – ne suffit plus. Il y a de la part des recruteurs des exigences en matière de contenu et de label très fort. Certains financiers multiplient ainsi les certifications type CFA, MBA ou CAIA, ou bien encore des accréditations ‘risques’.

Faire le dos rond en attendant que l’orage passe

En France, les banquiers sont ‘relativement’ épargnés par les crises. Vous voulez savoir combien de banquiers actuellement en poste étaient déjà présents lors de la crise de 2008 ? Le site spécialisé dans les statistiques sur les rémunérations dans le secteur financier Emolument.com nous a fourni les chiffres suivants sur la base de 2.500 banquiers d’investissement travaillant en France.

Une majorité de banquiers (60%) de banquiers français travaillaient déjà dans la finance lorsque la crise des subprimes battait son plein en 2008 (les 40% restants étant des juniors qui ont été embauché après 2008). Et seule une minorité d’entre eux occupaient des positions managériales similaires à celles qu’ils exercent aujourd’hui (10%), les 90% restants ayant pour la plupart été promu à un niveau supérieur (par exemple, la plupart des VPs en 2008 sont aujourd’hui Director ou MD s’ils ont continué leur carrière). Et ce sont les traders qui semblent le mieux parés contre les crises, puisque plus de 70% d’entre eux étaient déjà présents lors de la crise de 2008.

En revanche, les départements ‘risque’ des banques sont ceux comptant dans leurs rangs le moins de personnes ayant connu la dernière crise boursière (48%). « Cela est en grande partie lié au fait que les départements de risque ont considérablement gagné en importance après la crise, et ont donc recruté massivement, dont une grande partie de juniors ou de personnes travaillant dans d’autres secteurs/spécialités », explique Alice Leguay, co-founder & COO chez Emolument. Comme quoi les crises sont aussi sources d’opportunités pour celles et ceux qui savent en tirer parti. Mieux encore : nombreuses sont les carrières de traders qui se sont forgées au cours de ces crises.

Regarder plus loin que le bout de son nez…

Quand elle surgit, la crise touche rarement tous les secteurs d’activités et toutes les zones géographiques en même temps. Si vous êtes persuadé que votre domaine d’activité va sombrer à la prochaine crise ou bien que la France va faire faillite, n’hésitez pas à jouer la case internationale en allant proposer vos services dans d’autres pays, ni de postuler dans des secteurs connexes au votre comme l’audit, l’assurance, l’immobilier ou l’asset management si vous êtes banquier d’investissement. Ou bien dans un secteur radicalement différent. La crise est souvent pour certains l’occasion d’entamer une nouvelle vie, en créant leur propre entreprise ou conciliant leur métier avec leur passion (l’art ou le vin par exemple).

Enfin, rester zen en toutes circonstances

Nul besoin de paniquer et de se ronger les sangs au point de faire un burn-out. Pendant les périodes de crise, déjà fortement anxiogènes, pas la peine de rajouter du stress pendant un entretien d’évaluation si vous êtes en poste (ou un entretien d’embauche si vous cherchez du travail). Les périodes de crise permettent de distinguer qui sont les candidats les plus à même de gérer une certaine pression.

Il convient enfin de relativiser la situation et vous dire que vous n’êtes pas seuls. L’inquiétude face à la situation économique est une constante depuis 2009 chez les chefs d’entreprise, selon le baromètre KPMG sur le financement des PME qui montre que leur inquiétude pour l’économie française est fluctuante mais toujours nettement majoritaire depuis 7 ans. Partant d’un niveau très élevé en pleine crise des subprimes début 2009 (87 %), ces craintes ont ensuite diminué pour connaître un nouvel essor en mars et juin 2010 (respectivement 80 % et 85 % contre 72 % fin 2009-début 2010), marqués au plan européen par la crise grecque et plus largement par les crises des dettes de plusieurs pays de l’Union Européenne.

Des améliorations avaient été ensuite observées ponctuellement en septembre 2010 (69 %), mai 2011 (66 %, score le plus faible enregistré en 7 ans) et mars 2012 (73 %). Depuis l’été 2012, cette inquiétude a toujours été mise en exergue par plus des trois quarts des dirigeants, atteignant même régulièrement les 90 % (80 % en moyenne sur 7 ans). Sur la dernière mesure réalisée du 7 au 13 janvier 2016, elle est en légère baisse par rapport au mois de septembre 2015, à 80 % (-3 points). Pas certain que cela suffise à rassurer les plus pessimistes d’entre vous…

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