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Trading : Londres profite d’un environnement fiscal favorable

Au contraire, Paris et Milan sont à éviter lorsqu’on est un trader gagnant 150 000 euros par an.

Il y a 500 ans, tandis que l’Italie était le centre financier de l’Europe, Londres était réputée pour son commerce de la laine. Aujourd’hui, la donne a changé et l’Italie brille par sa discrétion lorsqu’on considère les embauches réalisées en banques d’investissement. On pourrait en dire autant de Paris ou Francfort. Une étude menée par Mercer Human Resources, consultant en rémunération pour le Financial News, souligne à quel point le régime fiscal rend les embauches coûteuses en Europe continentale.

Mercer s’est penché sur les coûts relatifs en termes d’imposition sur le revenu et de charges sociales pour un trader gagnant 100 000 livres ou l’équivalent en euros. Milan et Paris sont classées en têtes des places financières les plus chères.

Associé chez Mercer, Mark Sullivan explique que la générosité des prestations au titre des systèmes de retraite et d’assurance-chômage explique en partie ce constat. Jusqu’à récemment, certains employés en Italie pouvaient toucher plus d’argent en retraite qu’en travaillant .

Les chiffres de Mercer stipulent que les banques paient 42 % de charges sociales et autres prestations sur le salaire d’un trader, qui lui-même conserve en net 52,5 % de son salaire brut après impôts divers. A Paris, les chiffres sont sensiblement identiques. 50 % du salaire brut est acquitté par la banque, l’employé en conservant pour sa part 57,5 % net dans sa poche.

En comparaison, Londres et Francfort semblent offrir des régimes plus attrayants. Dans la mesure où les charges de sécurité sociale sont plafonnées, les banques basées en Allemagne paient, pour un trader gagnant 100 000 livres, 15 000 livres de charges, soit l’équivalent des coûts à New York. Outre-Rhin, c’est le trader lui-même qui est pénalisé puisqu’il ne lui reste après impôt que 52,2 % de son salaire brut. A Londres, l’employeur débourse 21 % de charges sociales. La différence se fait véritablement au niveau du pouvoir d’achat du salarié qui conserve 64 % de son brut.

Ces différences se traduisent dans la stratégie d’embauche des grandes banques américaines en Europe. JP Morgan emploie 11 000 personnes à Londres, 411 en Allemagne, 417 en France et 171 en Italie. Banc of America Securities n’a d’activités qu’au Royaume-Uni, tandis que Bear Stearns concentre la quasi totalité de ses effectifs à Londres, avec un petit bureau à Milan.

David Taliente, directeur chez Mercer Oliver Wyman, explique que les banques opèrent sur le modèle de hub avec Londres pour centre. L’idée est de centraliser les traders les plus coûteux à Londres et de déployer des équipes de vente locales. Cette organisation est en rupture totale avec ce qui prévalait il y a 10 ans, lorsque les traders étaient partout en Europe .

Peter Coym, membre du conseil chez Lehman Brothers en Allemagne et président de l’association des banques étrangères en Allemagne réfute l’idée selon laquelle les banques choisissent Londres pour des considérations fiscales : avec l’introduction de l’euro, les banques n’avaient besoin que d’une place pour échanger les titres financiers, et il était évident que cela devait être Londres . Selon Peter Coym, les banquiers américains et leurs familles préfèrent Londres car on y parle anglais.

Le directeur commercial d’une banque américaine estime que Londres est choisie davantage pour des raisons d’efficacité que de fiscalité. Si vous ne savez pas si la prochaine transaction va se faire à Paris ou en Roumanie, il est logique de concentrer toutes ses équipes dans un unique endroit. C’est lorsque les deals arrivent qu’il faut déployer ses forces , dit-il.

Certains sont cependant moins convaincus de la neutralité du régime fiscal. Alberto Gavazzi, consultant au cabinet de recrutement Russell Reynolds à Milan estime que le régime italien est très pénalisant.

A la mairie de Londres, on attribue la prééminence des services financiers aux talents disponibles, à des règles efficaces et à des infrastructures de premier plan. Le maire, Michael Savory estime que Londres a un avantage comparatif par rapport aux pays où la fiscalité est trop pesante .

Un message entendu par les pouvoirs publics. En janvier dernier le gouvernement français a allégé le régime des expatriés sur son sol. Le directeur général de Paris Europlace, Arnaud de Bresson, qui milite pour cette évolution souligne que cela rapproche Paris de Londres : nous n’en sommes qu’au tout début, mais les banques étrangères annoncent qu’elles étudient déjà l’opportunité de transférer des équipes à Paris .

Dans le même temps, le gouvernement britannique a menacé de réviser le régime d’exemption fiscale pour les non résidents, grâce auquel les banquiers américains sont exonérés d’impôt sur la détention de titres détenus offshore.

Michael Savory crie à la complaisance : le monde ne doit rien à Londres et ses services financiers. Nous devons continuer à les mériter et nous les mériterons .

Plus de 300 000 emplois à la City en dépendent, de même que des centaines de millions de recettes pour les finances publiques , poursuit-il.

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