☰ Menu eFinancialCareers

Brexit, une bonne nouvelle (ou pas) pour la place financière parisienne ?

En cas de "Brexit", HSBC a prévenu  qu'elle emménagera à... Paris.

En cas de "Brexit", HSBC a prévenu qu'elle emménagera à... Paris.

Le référendum sur la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne (“British exit”) n’aura pas lieu avant la mi-juin 2016 mais dans la sphère financière internationale, le sujet est au cœur de toutes les discussions. Les dirigeants de HSBC sont les premiers à s’être exprimés directement sur les mesures qui pourraient être prises en cas de Brexit.

«Nous avons la capacité de déplacer notre activité et notre personnel de Londres vers Paris», prévient son président, Douglas Flint, qui prend ainsi clairement position dans le débat. Concrètement, HSBC Holdings pourrait ainsi transférer autour d’un millier de salariés de Londres à Paris. « Les services concernés seraient ceux du trading, de la banque d’entreprise et de la banque d’investissement », ajoute Stuart Gulliver, directeur général de la banque britannique qui s’exprimait sur la chaîne Sky News après la décision de HSBC de maintenir son siège à Londres après avoir envisagé de le déplacer à Hong Kong pour des raisons fiscales.

Au total, environ 20 % des activités marchés et banque d’affaires du 8e employeur préféré des professionnels de la finance dans le monde pourraient être concernées, sachant que sur les 247.000 salariés de HSBC, 48.000 travaillent en Grande-Bretagne et environ 10.000 en France.

Une aubaine pour la place parisienne…

S’il avait lieu, le transfert d’un millier de salariés à Paris par HSBC, qui plus est dans les métiers de la banque d’investissement et de marché, pourrait être une aubaine pour la place financière parisienne, victime de l’exode des traders vers la City de Londres, en redynamisant un secteur « qui fait plutôt grise mine en termes de volumes de recrutement » d’après un chasseur de têtes de la place qui a préféré garder l’anonymat.

L’agence de notation Standard & Poor’s formule même l’hypothèque que « Paris pourrait devenir le nouveau centre de gravité de la finance européenne en cas de sortie de la Grande-Bretagne de l’Union européenne ». A l’heure où le place de Paris, qui emploie 126.000 personnes dans la finance, s’inquiète du rôle hégémonique de la place de Londres (qui en emploie plus du double) sur des marchés clés (euro/dollar, dettes des grands émetteurs publics de la zone euro…), un Brexit pourrait être le bienvenu.

« La place financière de Paris doit être celle des entreprises et de la croissance économique et non, comme à Londres, celle des traders ! », rappelait Pierre-Antoine Gailly, président de la CCI Paris Ile-de-France, dans un récent rapport. Cela dit, rien ne l’empêche de devenir la place des entreprises ET des traders. Car si la capitale française ne se montre pas à la hauteur pour accueillir les professionnels de la finance de marché en provenance de Londres en cas de Brexit, d’autres places ne manqueront pas de prendre sa place, comme Francfort ou Dublin.

En attendant, dans un entretien à Politico, le ministre de l’Economie Emmanuel Macron s’est dit prêt, sur un ton amusé, à déployer le tapis rouge pour les banquiers britanniques désireux de venir s’installer en France. Un clin d’œil aux mêmes paroles prononcées quatre ans plus tôt par David Cameron concernant les entreprises françaises voulant fuir un taux de 75% pour la tranche supérieure de l’impôt sur le revenu.

… ou bien un risque réel ?

A la City, la plupart des grandes banques sont clairement en faveur d’un maintien dans l’UE. « Les grandes maisons craignent le Brexit, alors que les hedge funds, hostiles à toute régulation, le soutiennent, parfois même financièrement », observe Ian Begg, économiste à la London School of Economics. La France n’est certes pas le paradis des hedge funds mais certaines structures opérant dans l’Hexagone pourraient alors être tentées de partir en cas de Brexit.

Brexit ou pas, les banques françaises elles-mêmes pourraient être tentées par rejoindre la City, si l’on se réfère à Frédéric Oudéa, directeur général de la Société Générale et qui, selon des informations de Challenges, aurait fin décembre menacé directement François Hollande de délocaliser 2.000 cadres de ses activités de marché… à Londres, si le projet de taxe sur les transactions financières (TFF) devait entrer en vigueur en France.

Enfin, qui dit Brexit dit aussi disparition des régulations européennes auxquelles la finance britannique est soumise en partie. Déjà que la France refuse actuellement que la Grande-Bretagne s’exonère des règles communes pour les services financiers, on peut facilement imaginer les tensions à venir en cas de Brexit. Et il n’est pas certain que Paris et sa place financière sortiraient gagnantes d’une telle confrontation.

commentaires (0)

Comments

Votre commentaire est en attente de modération. Il apparaîtra sur le site une fois validé

Réagissez

Pseudo

Adresse e-mail

Consultez notre règlement concernant notre communauté ici