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OPINION : Qui a dit que ces métiers n’étaient pas sexy ?

Francis Binoche

La révolution du monde bancaire est en marche, que cela plaise ou non. Les craquements et les bouleversements ne font que commencer. Dans un tel contexte, il faut savoir sortir des sentiers battus et considérer sous un nouvel ceil des fonctions trop souvent négligées, qui tirent pourtant aujourd’hui profit de la crise. Le contrôle des risques, la communication et les RH figurent parmi les fonctions qui ont été le plus bouleversées jusqu’alors. Et voici pourquoi il faut s’y intéresser.

CONTRÔLE DES RISQUES

La crise des subprimes et les affaires (Madoff, Kerviel,…) ont clairement démontré que les dispositifs de contrôle et d’audit étaient gravement inefficients. Un tsunami réglementaire est en route , a récemment prévenu Jose Maria Roldan, le responsable de la régulation bancaire à la Banque d’Espagne. À tous les niveaux, les règlementations et les processus de contrôle vont se multiplier donnant durablement du travail à ceux qui sauront, par exemple, être capables de décortiquer un produit financier ésotérique logé dans un paradis fiscal, élaborer des ratings adaptés, anticiper les réglementations qui vont peser lourdement sur les bilans des banques. La formation en actuariat apparaît comme une valeur sûre. Mais certaines expériences originales sont également prisées. Ainsi le dirigeant qui a su mettre en avant un poste d’administrateur indépendant devient plus crédible pour répondre à un besoin de gouvernance, ou celui que j’ai convaincu qu’avoir travaillé pendant des années pour un fonds dans un paradis fiscal était un réel atout pour rejoindre un corps spécialisé d’inspection d’une banque internationale très éprouvée.

Mon conseil : mettez en avant vos compétences en mathématiques financières, en comptabilité, votre sens de l’investigation et de votre esprit critique.

COMMUNICATION

L’image, déjà écornée, des golden boys est au plus bas dans l’opinion publique. Des millions d’emploi ont été perdus par la faute de quelques milliers d’individus. Redorer l’image de la profession va être une tâche extrêmement délicate et de longue haleine. Les banques devront non seulement recouvrer des niveaux de profits satisfaisants vis-à-vis du monde de l’entreprise et du grand actionnariat, mais aussi faire en sorte que ce profit soit jugé légitime et non porteur de risque par des ménages (et accessoirement des électeurs) peu familiers des pratiques bancaires opaques (technicité des produits, rémunération des acteurs, ratios prudentiels…). Aussi plusieurs types d’expertise sont appelés à connaître de beaux jours en particulier la communication externe pour diffuser la bonne information et diluer la mauvaise , le lobbysme au plan national et communautaire afin de sauvegarder l’indépendance du système bancaire et financier. La communication est un domaine où l’on n’a pas constaté de mouvement de fonds mais plutôt des appels à compétences confidentiels. Je suis agréablement surpris de voir un certain nombre d’opérationnels de haut niveau, non obnubilés par un CDI aléatoire, décrocher rapidement des missions subtiles où leurs connaissances de la haute administration, leurs relations avec les medias et leur capacité à convaincre sur des sujets épineux sont valorisées.

Mon conseil : vendez vos talents d’animateur sur le web, votre capacité à argumenter face aux technocrates, votre aptitude à interpréter des réglementations contradictoires.

RESSOURCES HUMAINES

Enfin, faut-il rappeler que la fonction RH a été la première impactée ? Elle a dû d’abord gérer vite et, plus ou moins bien, des sorties de milliers de collaborateurs et malheureusement ces flux de départ sont loin d’être terminées. Ses priorités sont aujourd’hui d’effectuer les mobilités internes nécessaires, de refondre les dispositifs de rémunération variable trop choquants, ou de recruter pour répondre aux besoins d’experts trop rares pour les fonctions de contrôle et de back office, et sans doute, dès les années 2012-2013 de le faire massivement pour combler l’hémorragie des talents. Il m’arrive de répondre à des demandes paradoxales de la part d’institutions financières qui, surpris par l’ampleur d’adhésion à un plan de départ volontaire aimerait bien que certains de leurs cadres talentueux restent dans leur organisation. À cet égard il m’est arrivé dans la plus grande transparence de démontrer qu’une mobilité interne pour rejoindre une DRH bancaire sans chèque de sortie présentait plus d’intérêt que de risquer une longue période de chômage.

Mon conseil : développer une expertise de compensation and benefits et sachez licencier humainement vos collègues car vous aurez à recruter leurs enfants.

Francis Binoche est directeur au sein de Right Management Dirigeant, groupe de conseil en RH appartenant au groupe Manpower. Après une première carrière dans le secteur bancaire, ce consultant senior a rejoint Right Management où depuis 10 ans il accompagne et coache des cadres de haut niveau en mobilité externe, voire interne.

commentaires (3)

Comments
  1. Je saisis mal le concept du “produit financier ésotérique”… Nul doute que des outils quantitatifs seront plus utiles qu’une equerre et un compas!

    Sexy, pourquoi pas, chacun son dada, mais O combien moins remunerateur…

  2. je ne suis pas sure que le rédacteur de cet article sache bien ce qu’est la fonction Risques. Ces propos me semblent bien théoriques!

  3. Confusion entre contrôle interne et contrôle des risques…

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