☰ Menu eFinancialCareers

Guy Hands, modèle de réussite en private equity et ex-punk, partage ses conseils avec la jeune génération

réussite

Punk un jour...

Guy Hands, CEO du fonds de capital-investissement Terra Firma, est un ancien punk – ou du moins, il fut un temps fan de musique punk. Comme il l’a raconté en janvier dernier lors de la London School of Economics Hedge Fund and Private Equity Conference, « à la fin des années 1970, la musique punk était celle que je préférais ». Avant d’ajouter à l’attention des étudiants présents : « je n’avais ni le look, ni le physique pour m’habiller comme David Bowie, mais je portais des jeans noirs ultra moulants et un manteau afghan, et je dansais le pogo au son des Clash et des Stranglers. »

Aujourd’hui exilé fiscal à Guernesey et fine gueule aimant à fréquenter les plus grands restaurants du monde, Guy Hands apparaît comme un drôle d’anarchiste mais concède avoir eu une jeunesse aussi désabusée que ses contemporains : « comme beaucoup de jeunes de l’époque, je désespérais et n’avais rien à faire de l’establishment. »

Les choses ont changé pour lui lorsque la nouvelle économie d’entreprise des années Thatcher a mis fin au marasme qui faisait du Royaume-Uni « une sombre prison socialiste ». En 1982, il abandonna son projet de galerie d’art pour rejoindre Goldman Sachs – on notera qu’il fut alors le 72è employé du bureau de Londres, et le 5è participant au programme jeunes diplômés. Le reste appartient à l’histoire.

Parallèlement aux anecdotes sur sa jeunesse rebelle, Guy Hands avait un autre message à faire passer aux quelques 300 étudiants d’élite triés sur le volet qui assistaient à la conférence : la réussite est un concept subjectif, mais si vous voulez réussir dans le domaine qui vous convient, vous devrez rester concentrés sur vos objectifs et travailler dur – pendant des années.

Vous êtes brillant – et alors ?

« Le business n’a rien d’une démarche intellectuelle » souligne Guy Hand. Vous pouvez être intellectuellement brillant, sans que cela constitue un gage de réussite (lui-même a eu une scolarité particulièrement médiocre du fait de sa dyslexie).

Selon lui, le business s’apparente au sport par de multiples aspects : « ceux qui réussissent sont ceux qui font preuve de suffisamment d’implication et de volonté pour résister à la douleur jusqu’à parvenir à faire la différence ».

Votre réussite est directement liée à votre personnalité

Tout le monde n’est pas fait pour devenir chef d’entreprise. De la même façon que tout le monde n’est pas fait pour travailler dans la banque, ou dans le conseil, ou pour devenir avocat. « Chez Terra Firma, nous avons recruté à ce jour des dizaines de milliers de personnes », indique Guy Hands avant de poursuivre : « au bout du compte, ce qui fait la réussite d’un individu lambda n’a rien à voir avec ses résultats aux tests. Elle tient à sa capacité à trouver le poste qui lui convient…. Et à partir de là, tout dépend de la conscience professionnelle et du caractère de chacun. »

Acceptez de faire des sacrifices et de tirer un trait sur certaines de vos passions

Comme il l’a indiqué aux étudiants présents, « vous êtes de cette génération à qui on a raconté que vous pourriez tout avoir », en précisant : « c’est le grand mythe de la société occidentale. Mais plutôt que tout avoir, il faut penser à apporter votre pierre à l’édifice qui vous convient le mieux. » Concrètement, « cela peut très bien être ne pas travailler dans la finance ». Plus précisément, « vous pouvez avoir d’autres buts dans la vie. Il y a une multitude d’autres activités dans une société équilibrée. »

Cependant, quand vous aurez décidé ce que vous voulez faire, soyez prêts à faire des sacrifices pour réussir. Et de citer son propre exemple : « J’adore la photo, et j’ai fait des études de politique. Mais soyons clairs – je ne pense pas que j’aurais pu devenir un bon photographe, et je suis certain que j’aurais été un très mauvais homme politique. J’ai trouvé ma voie assez tôt, et je ne me suis pas laissé distraire par mes autres passions. »

Focalisez-vous sur le long terme

Pour Guy Hands, « les choses ne sont jamais aussi mauvaises qu’il n’y paraît ». A titre d’exemple, « après l’échec EMI en 2011, j’ai envisagé le risque de me retrouver en faillite personnelle ». Il s’est depuis retiré de la plus belle des manières de divers investissements de plusieurs milliards de dollars.

La banque, solution de facilité

Vous vous dites sans doute que la banque, bien connue pour ses journées interminables, n’est pas une sinécure. Détrompez-vous : le plus dur est bel et bien de devenir chef d’entreprise.

S’ensuit une démonstration par l’exemple : « regardez les coureurs de fond », dit-il. « Ceux qui réussissent sont ceux capables de courir les pieds en sang, en cherchant désespérément un souffle d’air », et une conclusion limpide : « pour devenir entrepreneur, vous devrez affronter la dérision et le doute, tout en continuant à retourner inlassablement la terre ».

Mais si vous voulez vous épargner éviter tout ce côté pénible, alors oui, devenez banquier, consultant ou avocat – suggère-t-il au bout du compte.

Evitez les faux espoirs : réussir ne veut pas dire travailler moins

La fortune personnelle de Guy Hands est évaluée autour de 500 millions de livres sterling, soit près de 660 millions d’euros. Mais ceci ne signifie en rien qu’il se lève tard tous les matins et passe la moitié de son temps aux Caraïbes. Comme il le dit si bien, « j’ai passé une grande partie de ma vie à travailler plus de 80 heures par semaine », avant de moduler : « ma famille m’a appris à lever le pied, mais j’ai toujours du mal à décrocher ».

Le vrai challenge qui guette les managers

Tout le monde avoue vouloir devenir manager, dit-il. Mais peu sont conscients de ce que cela implique : « la plupart de ceux qui visent des postes de managers pensent qu’il leur faut être meilleur que leur équipe et le prouver. Ils ont tout faux. Les meilleurs managers ont ceci en commun qu’ils s’attachent à mener leurs équipes à faire un excellent job… pour eux… Tout l’art de la gestion de personnel consiste à générer chez les autres un meilleur résultat que ce que vous croyez être capable de faire vous-même. »

Si un manager est meilleur que son équipe, le risque existe que ses collaborateurs se sentent incapables d’être à la hauteur pour apporter une quelconque valeur ajoutée. « Ils se découragent et affichent un moral en berne. »

Le bonheur n’est pas là où vous croyez

Le bonheur, ça n’est pas travailler chez Terra Firma, Goldman Sachs ou J.P. Morgan. Le bonheur, « c’est être capable de se regarder dans la glace tous les matins et de se dire ‘je veux me lever, sortir d’ici et créer une valeur ajoutée’. »

Tout le monde ne contribue pas de la même façon à la valeur ajoutée. Tous les étudiants d’élite rassemblés pour cette conférence ne doivent pas devenir chefs d’entreprise ou professionnels du capital-investissement, précise-t-il. Et de conclure : « pour l’équilibre de la société, j’espère que certains d’entre vous suivront d’autres voies. »

Crédit photo – Photographe : Chris Ratcliffe/Bloomberg 

commentaires (0)

Comments

Votre commentaire est en attente de modération. Il apparaîtra sur le site une fois validé

Réagissez

Pseudo

Adresse e-mail

Consultez notre règlement concernant notre communauté ici