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Quid des financiers français qui reviennent de la City

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Un certain nombre de banques d’investissement à la City procèdent régulièrement à des réductions d’effectifs dans le cadre de leur programme de réduction de coûts. Au vu de l’importance de la proportion de financiers français dans la finance britannique, il va sans dire que des derniers sont parfois contraints de plier bagages. Dans le même temps, d’autres font le choix de revenir volontairement, également pour des raisons professionnelles (mobilité professionnelle bloquée, conditions de travail stressantes, difficulté d’adaptation, …) voire familiales (agrandissement de la famille, parent malade…).

Quelque soit le cas de figure, nous avons voulu savoir ce qu’il advenait d’eux. Reviennent-ils chercher un nouvel emploi sur la place financière parisienne ? Et si oui, quelles sont leurs chances de retrouver un job analogue à celui qu’ils occupaient à la City ? Surtout, à quels sacrifices de salaires doivent-ils consentir ? C’est pour tenter de répondre à toutes ces questions que nous avons recueilli les témoignages de recruteurs en finance sur ce sujet.

Des retours plus fréquents qu’on ne le croit…

Les recruteurs reconnaissent qu’ils croisent régulièrement ce type de profils. « Au bout de 10-15 ans d’expérience à Londres, les 38-45 ans ont souvent envie de revenir. Ce sont des profils qui intéressent particulièrement les recruteurs », observe Odile Couvert, fondatrice du cabinet de chasse Amadeo Executive Search spécialisé dans la BFI, la gestion privée et la gestion d’actifs.

« Les compétences de certains Français de La City restent recherchées et ils peuvent être embauchés à condition, pour un trader, de posséder un bon PnL (profit and loss) ou, pour un sales, un bon portefeuille clients », rappelle Thierry Bossant, manager Banque et Finance chez Huxley Paris. Les exemples de retours gagnants abondent, comme celui du recrutement par Natixis de Selim Mehrez, ex- responsable mondial de l’Ingénierie financière et des stratégies dérivés chez Morgan Stanley, à Londres, en tant que responsable mondial des dérivés actions de la banque, à Paris.

Cela dit, les repositionnements à Paris s’effectuent dans des secteurs variés car la BFI hexagonale n’est pas aussi porteuse qu’à la City. « Le marché de l’emploi en banque d’investissement est très différent d’une place financière à l’autre. Le marché londonien est le plus dynamique, loin devant le marché français», constate Philippe-Hugues Thomas, directeur du MS Finance à l’ESCP Europe.

Des chances de succès inégales

Conséquence : « Le retour de la City donne des résultats contrastés : les financiers que je vois réintégrer l’Hexagone n’ont pas tous les mêmes chances de succès. Dans la BFI, le marché parisien est moins porteur et, bien que le segment reprenne un peu de couleur, les recrutements y sont très sélectifs », explique Olivier Coustaing, associé chez Managers by Alexander Hughes Paris.

« Le sauve-conduit est souvent vers des sociétés de Capital-Investissement ou de Financial Advisory. Les institutions étrangères implantées dans l’hexagone sont également des cibles à surveiller. Dans la gestion d’actifs, la transposition est plus simple. Entre les valeurs sûres et les sociétés de gestion qui montent en puissance, le paysage des acteurs est diversifié et assez porteur », poursuit-il.

S’adapter à la nouvelle donne

« L’expérience Londonienne reste un excellent atout et un accélérateur en début de de carrière, mais gare à la douche froide : il faudra souvent réajuster temporairement ses prétentions et ses responsabilités, le temps de reconstruire son pedigree et fertiliser son réseau », explique Olivier Coustaing. Tout en faisant remarquer que « les jeunes expérimentés se repositionneront plus facilement que les seniors, dont les attentes managériales et salariales sont plus élevées ».

A défaut de retrouver un job analogue (et aussi bien payé) que celui que vous occupiez à la City, il vous faudra d’autres solutions. « D’autres avenues pourront être explorées avec succès : nouvelle expatriation (Suisse, Luxembourg…), pour certains métiers, rejoindre un assureur ou un mutualiste, et pour les plus audacieux, fonder une firme de Private Equity ou Corporate Advisory peut s’avérer un bon pari, et permettre d’exploiter ses connaissances et ses réseaux anglo-saxons », relève Olivier Coustaing.

Pour finir, certains décident de couper la poire en deux et décident de vivre à Paris… tout en continuant à travailler à Londres. Un chasseur de têtes français spécialisé dans le placement de professionnels dans des fonctions de produits dérivés – un domaine traditionnellement dominé par les Français – indique que les financiers français vivent souvent à Londres à plein temps jusqu’à ce qu’ils atteignent des postes très élevés. « Tous les banquiers français, des juniors jusqu’aux VP’s, vivent à Londres, mais dès qu’ils touchent de gros bonus, ils rejoignent leurs familles restées à Paris et ne travaillent à la City que la semaine. 90% des français seniors que je connais le font. On les retrouve dans l’Eurostar le vendredi et samedi soir », constate-t-il.

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