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Les étudiants étrangers vont-ils continuer à galérer pour être recrutés en France ?

Une circulaire conjointe des ministères de l’Intérieur et du Travail a durci pour les étudiants étrangers diplômés les conditions d’accès au statut de salarié. Ces derniers devront quitter le territoire, même s’ils ont une promesse d’embauche. L’administration ne leur délivra pas de changement de statut (CDS), le sésame nécessaire pour pouvoir signer un contrat de travail, au motif que les recruteurs doivent privilégier les diplômés français, exception faite des métiers dits en tension , comme les cadres de l’audit et du contrôle comptable.

La loi précise d’ailleurs clairement que ces dispositifs doivent répondre à un objectif de développement solidaire avec un retour dans leurs pays des étudiants formés. Nous ne devons pas piller les ressources humaines de pays tiers , précise un haut fonctionnaire de la Place Beauvau (Les Échos.fr).

Une levée de boucliers…

Les grandes écoles et les présidents d’université ne l’entendent pas de cette oreille. Rapidement, ils sont montés au créneau pour dénoncer cette circulaire. Ce texte est très grave, il peut avoir des conséquences importantes pour notre enseignement supérieur. Il porte préjudice aux conventions passées avec des universités étrangères , déplore Louis Vogel, président de la Conférence des Présidents d’Universités (CPU), qui propose d’allonger de six mois à un an la durée de l’autorisation de séjour provisoire de ces diplômés. Pour Pierre Tapie, directeur général de l’Essec et président de la Conférence des Grandes Écoles (CGE) : il ne serait pas raisonnable de se priver de ces talents. L’avenir de l’influence de la France, c’est le “soft power”. Ce ne sont pas d’abord les Rafale et les chars Leclerc .

Au centre de leurs préoccupations, l’attractivité de la France et de l’enseignement supérieur qui seront radicalement différents selon que l’on donne à ces étudiants très qualifiés un signal leur disant qu’après l’obtention de leur diplôme ils ne sont plus les bienvenus, ou au contraire qu’ils seront accueillis pendant un certain temps pour contribuer au développement économique , note Pierre Tapie. Pour rappel, quelque 280 000 étudiants étrangers étudient en France, ce qui place ainsi l’Hexagone comme le troisième pays d’accueil après les États-Unis et l’Angleterre. Ils sont de plus en plus nombreux, jeunes diplômés bac+5 étrangers non ressortissants de l’Union européenne mais aussi recruteurs, à se heurter à la nouvelle réglementation en vigueur.

… pour faire céder le ministère

Alors que certains s’attendaient à un assouplissement cette semaine, le ministre de l’Intérieur Claude Guéant a indiqué qu’il ne comptait pas revenir sur cette circulaire. Mais l’affaire semble prendre une tournure politique, et divise les membres du gouvernement. Saisie par des étudiants d’HEC, la ministre du Budget Valérie Pécresse rappelle que selon les termes de la circulaire, le refus est justifié si l’emploi visé ne nécessite pas de qualifications particulièrement élevées, ce qui n’est évidemment pas le cas pour les emplois proposés aux diplômés de master 2 (bac + 5), ni a fortiori aux diplômés de nos grandes écoles (La Tribune.fr).

L’application sur le terrain de la circulaire Guéant visant à limiter l’immigration professionnelle va être corrigée , pour permettre à des diplômés étrangers de travailler en France, a assuré au Monde daté de ce vendredi le ministre de l’Enseignement supérieur, Laurent Wauquiez. Pour cela, le gouvernement va donner des directives aux préfets afin que le texte ne soit pas surinterprété comme il l’a été , a précisé le ministre. Une circulaire qui, vraisemblablement, n’a pas fini de faire couler beaucoup d’encre…

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