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Guide de navigation en banque d’investissement pour 2016, banque par banque

Mieux vaut éviter de naviguer en eaux troubles et faire naufrage

Mieux vaut éviter de naviguer en eaux troubles et faire naufrage

La plupart des grandes banques d’investissement dans le monde ont annoncé vouloir procéder à des réductions d’effectifs en 2016, certaines de façon plus drastique que d’autres. Ce qui ne signifie pas qu’il n’y aura pas de recrutements. Afin de vous y retrouver, nous avons conçu ce petit guide de navigation qui vous permettra de savoir, banque par banque, quelles sont les lignes de métiers à éviter et celles qui offrent des opportunités d’emploi.

Bank of America Merrill Lynch

Cap à suivre : BAML a déjà supprimé 200 emplois dans la vente et le trading. Reste à savoir si cela suffira. A l’avenir, la banque ne sera pas présente dans tous les secteurs d’activité. Thomas Montag, responsable des activités mondiales banques et marchés, a d’ores et déjà indiqué que « les règles avaient changé » et que la banque ne pouvait être présente partout. Cela dit, le CEO Brian Moynihan a déclaré que son activité de trading se portait bien et « couvrait le coût du capital ». En d’autres termes, cela signifie que cette activité devrait être épargnée en 2016.

Vue du mât : Il en va de même pour l’activité fixed income. « Il y a eu beaucoup de discussions à propos du repositionnement, mais cela n’a pas été suivi des faits. Pour les divisions qui en ont les moyens et disposent des talents, les parts de marché devraient augmenter », poursuit Brian Moynihan.

Vue de la proue : Dans la course aux revenus M&A, BAML a certes perdu du terrain sur le trio de tête, mais conserve encore 23,1% du marché, selon Dealogic. Mais avec la poursuite de l’essor des M&A prévue pour 2016, et du fait que BAML est connue pour engranger des profits records dans ce domaine, on peut s’attendre à davantage de recrutements dans les fusions et acquisitions cette année. Par ailleurs, BAML dit avoir la bonne taille pour sa division vente et trading, et posséder les effectifs nécessaires en pour faire face à une reprise du fixed income. Ce qui signifie que les réductions d’effectifs ne sont pas une priorité.

Vue de la poupe : La plupart des équipes ECM ont connu un mauvais troisième trimestre, mais l’équipe de BAML a connu ses trois pires mois depuis 2010, et l’ensemble de sa division de banque d’investissement en a fait les frais.

Et si l’équipe de crédit G10 de BAML est en tête du classement de la société de recherche Coalition, cela signifie que la banque est sous pression. Les activités crédit ont mal performé, et représentent 60% des revenus FICC de BAML. Les réductions d’effectifs peuvent se faire au compte-goutte, mais il faudrait que les choses évoluent rapidement pour éviter les suppressions d’emplois dans la durée.

Barclays

Cap à suivre : Jes Staley n’a pas représenté le sauveur que beaucoup espéraient pour la banque d’investissement de Barclays. La banque a déjà dû tailler brutalement dans ses effectifs – 7.000 emplois en banque d’investissement ont été supprimés jusqu’à présent – et cela devrait encore continuer.

Il faudra attendre mars 2016, date à laquelle Barclays dévoilera sa nouvelle stratégie, pour avoir plus de détails, mais déjà les activités asiatiques et cash actions de Barclays sont dans le collimateur. Qui plus est, un gel des embauches est susceptible d’être mis en place à court-terme.

Vue du mât : Jes Staley a envoyé un mémo encourageant au personnel peu de temps après avoir été nommé CEO mais depuis, sa seule apparition publique a consisté à annoncer le prolongement du gel de l’embauche “pendant une longue période”.

Vue de la proue : En théorie, Barclays ne devrait pas embaucher, mais ce n’est jamais le cas, y compris lors d’un gel d’embauche officiel. Déjà, nous savons que la banque investit pour l’avenir et essaie de retenir les banquiers juniors d’investissement par le biais de promotions accélérées.

Tom King, l’actuel CEO de la banque d’investissement, a longtemps considéré que les originateurs de deals ayant des relations privilégiées avec des clients clés sont une pièce maitresse et que comme c’est le cas pour toutes les banques d’investissement, Barclays devra faire des efforts pour les embaucher et les retenir. Plus précisément, Barclays a déjà annoncé son intention de créer deux nouvelles équipes conseil en Europe focalisées sur la structuration transfrontalière et les investisseurs actifs.

Vue de la poupe : L’hypothèse est que la plupart des banques vont réduire le fixed income, mais l’implantation traditionnelle de Barclays dans cette activité, combinée à la nomination par Jes Staley du courtier Blythe Masters à la tête de sa banque d’investissement et la promotion du trader fixed income Mike Bagguley comme COO, montre que ce métier est au centre de tous les intérêts.

Par contre, Barclays réduit ses activités cash actions qui pourraient atteindre jusqu’à 30% de l’effectif total de cette division. Tricumen suggère que le trading credit, les opérations en Asie en général, l’equity capital market, les taux et les services de courtage EMEA sont autant de cibles de choix pour les réductions d’effectifs.

BNP Paribas

Cap à suivre : Les recrutements ne devraient pas être nombreux. Et pour cause : la banque devrait engager un programme de réduction de coûts de sa banque d’entreprise et institutionnelle (CIB) qui, de source syndicale, serait estimée à près de 20% d’ici à 2019, soit près de 6.000 emplois sur les plus de 29.000 que compte la division CIB.

Vue du mât : Dans le cadre de la COP21, le directeur général Jean-Laurent Bonnafé a annoncé que la banque ne financerait plus l’extraction de charbon. Il n’a pas fait depuis de déclaration concernant la banque de financement et d’investissement.

Vue de la proue : Tous les métiers sans exception sont en progression sur les neuf premiers mois de l’année : Fixed Income, Currencies & Commodities (+12,3%), Equity & Prime Services (+22,5%), Securities Services (+ 14,6%) ou Corporate Banking (+5,6%).

Vue de la poupe : En corporate banking, mieux vaut éviter les métiers conseils en énergie et matières premières, dont la réduction a été menée depuis plusieurs trimestres et aujourd’hui largement réalisée.

Citi

Cap à suivre : Cela pourrait toujours changer, bien sûr, mais Citi tient à sa stratégie. Alors que d’autres banques cherchent à se désengager des secteurs d’activité à forte consommation de capital, Citi pense qu’il y a encore de l’argent à faire dans la vente et le trading.

Vue du mât : Le CEO Michael Corbat est resté silencieux depuis la publication des résultats du 3ème trimestre de la banque, mais Manolo Falco, responsable de la BFI de Citi de la zone EMEA a tenu à rassurer les traders sur le fait que la banque d’investissement était très compétitive en matière de consommation de capital.

Vue de la proue : Ne vous attendez pas à travers de grandes coupes dans les activités fixed income de Citi en 2016. John Gerspach, directeur financier de Citi, a déclaré qu’il avait ‘activement redimensionné l’activité ces trois dernières années’ et que tout changement futur consistera à des ‘ajustements’ et non des réductions massives d’effectifs. En fait, contre toute attente, Citi a même recruté un certain nombre de traders seniors ces deux derniers mois, et cela pourrait continuer alors que d’autres banques semblent plus fragiles.

Vue de de la poupe : Citi procède actuellement à des licenciements, 2.000 emplois étant concernés. Les traders et les banquiers d’investissement seront dans la ligne de mire, mais il s’agit davantage de se séparer des éléments les moins performants plutôt que de tailler dans le gros des effectifs. Ce sont surtout les employés back et middle office qui sont visés.

Credit Suisse

Cap à suivre : Credit Suisse a dévoilé sa nouvelle stratégie en octobre qui ne fait pas la part belle à la banque d’investissement où 30% des emplois sont menacés à Londres – essentiellement des fonctions support – et sa décision de se concentrer sur les ultra-high-net-worth individuals (UHNWI) dans la gestion de patrimoine signifie que quiconque dans la banque d’investissement n’y parvient pas est en passe de devenir un employé de deuxième zone.

Vue du mât : Le CEO Tidjane Thiam a rappelé que « la banque d’investissement est principalement là pour soutenir nos ambitions dans les domaines de la banque privée et de la gestion de fortune».

Vue de la proue : Si Tidjane Thiam tient à minimiser l’importance de la banque d’investissement, d’autres qui travaillent dans cette division parlent de la croissance. Credit Suisse devrait recruter cette année une dizaine de banquiers d’investissement seniors en Europe, tandis que Jim Amine, qui dirige la division marchés de capitaux et banque d’investissement, a indiqué qu’il y aura également des embauches en 2016 dans les M&A et l’equity capital market. Les marchés émergents sont également susceptibles d’être une zone de croissance pour la banque.

Dans le cadre de l’effort de Credit Suisse à attirer les UHNWI avec un appétit pour les services de banque d’investissement, ses solutions Partners Group – qui relie les deux divisions – devrait également être une zone de croissance.

Par ailleurs, le Credit Suisse ajoutera cette année 1.000 personnes à sa division de gestion de fortune et 100 autres dans la gestion des risques. C’est surtout l’Asie-Pacifique qui en profitera étant donné le nombre d’entrepreneurs millionnaires dans cette région.

Vue de la poupe : Credit Suisse a été implicite sur les activités concernées par les suppressions d’emplois : le back office à Londres, les prime services et certains produits macro. Attendez-vous à ce que les coupes dans sa division opérations à Londres se poursuive pendant au moins la première partie de 2016. Jusqu’à présent, ce sont les activités taux et devises qui ont été la cible de la première vague de licenciements.

Deutsche Bank

Cap à suivre : Deutsche Bank a dévoilé en octobre dernier sa stratégie Europe 2020 qui, loin d’être un long fleuve tranquille, n’a pas été aussi brutale que prévu pour sa division de banque d’investissement. Deutsche sabre 35.000 emplois à travers l’organisation. Cependant, 20.000 concerneront des actifs comme Postbank, 9.000 proviendront de la sortie de pays non stratégiques comme l’Amérique du Sud, l’Europe et la Nouvelle-Zélande et 6.000 sont des sous-traitants. Ce qu’il fait qu’il reste 9.000 personnes à licencier sur les 80.000 personnes restantes.

Vue du mât : John Cryan réduit les coûts, l’influence des banquiers en front-office et tire les rémunérations vers le bas. « Beaucoup de gens croient encore qu’ils devraient être payés avec des salaires de patrons plutôt que de se contenter d’un salaire régulier, d’une pension et probablement d’un régime de soins de santé, tout en jouant avec l’argent des autres personnes. Le conseil d’administration se montre tout simplement trop généreux à leur égard ».

Vue de la proue : Deutsche Bank est en train de recruter 2.000 personnes au milieu de tout ce carnage. Les points chauds seront le conseil M&A et l’ECM, les solutions de crédit et le prime brokerage. Le marché US sera également un domaine clé.

Vue de la poupe : Deutsche Bank délocalisera des milliers de postes d’informaticiens vers des centres à bas coût, et s’attaquera aux activités à forte intensité de capital.

Goldman Sachs

Cap à suivre : Goldman Sachs n’a pas été à l’abri de toute baisse des revenus de trading FICC, mais étant donné le background du CEO Lloyd Blankfein dans le trading, il n’est pas question de quitter cette activité. D’après lui, les baisses dans les FICC restent cycliques et ne sont pas structurelles. Il veut rester positionné pour la reprise. Sur l’ensemble des activités, Goldman a recruté 3.000 personnes en 2015.
Vue du mât : Au troisième trimestre, le CFO Harvey Schwartz a déclaré : « Nous allons toujours chercher des opportunités supplémentaires pour améliorer nos opérations dans les FICC, cependant, nous ne perdrons jamais de vue l’immense valeur que nous pouvons apporter à nos clients FICC sur long terme ».

Vue de la proue : Goldman fait des efforts pour conserver ses meilleurs banquiers M&A, après avoir gagné des parts de marché et conservé sa place de numéro un en 2015. La banque souhaite également renforcer son activité de prêts et d’investissements et continuera d’étoffer sa robuste équipe composée 9.000 ingénieurs en technologie.

Vue de la poupe : Pas de gros changements prévus chez Goldman qui a déjà entrepris sa purge annuelle. Début 2016, 5% de l’effectif total sera réduit , en particulier ceux qui ont mal performé.

J.P. Morgan

Cap à suivre : JP Morgan n’a pas apporté des changements importants à son business model, et n’a pas annoncé de récentes réductions d’effectifs. C’est l’un des 3 acteurs majeurs dans tous les secteurs d’activité, exception faite du cash actions, et pourtant même là des embauches ont été effectuées et les revenus sont en hausse.

Vue du mât : Le CEO Jamie Dimon précise : « Vous avez besoin de grandes banques. Si vous les brisez, quelqu’un d’autre le fera et ce pourrait être les Chinois. Si vous pensez que c’est une bonne chose pour l’avenir de l’Amérique, alors ne vous gênez pas ».

Vue de la proue : La CFO Marianne Lake est optimiste sur le fait que 2016 soit une meilleure année à la fois pour ses activités de taux et trading credit. Ses traders actions ont bénéficié d’une bonne année, à l’exception d’un quatrième trimestre catastrophique. Le responsable de la banque d’investissement Daniel Pinto a recruté des dizaines de banquiers seniors M&A et investira également dans la technologie.

Vue de la poupe : Les banquiers ECM de JP Morgan ont lutté cette année, mais cela ne signifie pas qu’il n’y aura pas de suppressions d’emplois. A noter que dans le passé, JP Morgan a fortement réduit son back-office.

Morgan Stanley

Cap à suivre : Morgan Stanley a procédé à des coupes profondes dans sa division trading fixed income, avec jusqu’à 25% des emplois concernés dans ce domaine. La banque est traditionnellement plus focalisée sur les actions, mais même ici, ceux qui ont le moins bien performé seront remerciés. Les réductions d’effectifs sont dtrastiques, mais aucune des activités n’a fermé.

Vue du mât : A propos des licenciements dans les FICC, James Gorman indique que « ce fut un environnement macro très inhabituel, la volatilité en Chine était presque historique ».

Vue de la proue : Morgan Stanley a procédé à quelques embauches de gros calibres pour son unité de gestion de fortune, et continuera de le faire. Elle a aussi embauché dans le M&A et continuera de le faire pour se maintenir dans le Top3. Ailleurs, elle recrutera également dans le fixed income si elle trouve un mouton à cinq pattes.

Vue de la poupe : Par où commencer ? 25% du total des effectifs fixed income a été débarqué. Dans le viseur : les traders commodities, les analystes FX, le credit trading et les employés seniors. Sans oublier les actions, où ceux qui ont le moins bien performé seront sur la sellette.

Société Générale

Cap à suivre : Le mois dernier, la Société Générale a lancé un important plan de restructuration avec, sans doute, des fermetures d’agences, mais aussi des suppressions de postes, principalement dans sa banque de détail. Au niveau de la banque d’investissement, la SocGen a simplement annoncé fin décembre son intention de fermer son bureau de recherche actions en Inde.

Vue du mât : Le PDG Frédéric Oudéa a carrément menacé de délocaliser ses activités de marché à Londres si la taxe Tobin entrait en vigueur en France. Affaire à suivre…

Vue de la proue : Bien qu’en baisse de 10,4% au dernier trimestre du fait d’une activité commerciale en retrait pour les produits structurés, les revenus du métier Activités de Marché et Services aux Investisseurs sont en nette progression (+10,9%) sur les neuf premiers mois de l’année. En outre, le groupe enregistre une hausse de ses parts de marché dans l’activité « cash actions » et sur les produits cotés.

De nombreuses transactions ont été effectuées dans le financement de ressources naturelles, tandis que les financements export et d’infrastructures ont contribué à la bonne performance de la ligne-métier. En corporate finance, SogGen a même réussi à débaucher Patrick Perreault, managing director chez Goldman Sachs à Londres, nommé le mois dernier responsable mondial des différents groupes industriels de sa division corporate finance.

Vue de la poupe : La division Trading actions n’est pas aussi robuste qu’elle y paraît. De plus, les activités Taux, crédit, changes et matières premières ont présenté des revenus en baisse tant au troisième trimestre (-22,7%) que sur les neuf premiers mois de l’année (-13,6%), du fait d’un contexte de marché défavorable pour les activités de produits structurés et les activités de taux et de crédit.

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