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Les trois mécanismes psychologiques qui poussent les étudiants d’élite à choisir la finance

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C’est en fait votre subconscient qui vous a poussé vers la finance

Pourquoi travaillez-vous dans la finance ? Vous pensez sans doute être maître de votre destin et avoir opté volontairement pour ce secteur, tout comme vous auriez pu choisir de devenir prof de physique, mais vous n’imaginez pas à quel point vous vous trompez.

Vous êtes dans la finance parce que vous êtes tombé dans l’entonnoir durant vos études au sein d’une université d’élite, et que vous n’avez pas su résister au programme Analystes d’une banque d’investissement qui s’est inévitablement présenté. C’était soit la finance, soit le conseil ou alors les nouvelles technologies. C’est en tous cas la conclusion d’une nouvelle étude réalisée par des universitaires américains sur les étudiants d’élite.

Cette étude, publiée par le Journal Sociology of Education, révèle que les étudiants d’élite finissent toujours par choisir des carrières d’élite en raison de trois ‘mécanismes’ psychologiques latents qui sévissent sur les campus prestigieux. Ses auteurs ont observé les étudiants des universités de Harvard et Stanford. Comme nous l’avons évoqué il y a quelques semaines, ils ont également découvert que les aspirations professionnelles de ces étudiants étaient influencées par leur origine sociale, leur genre et leur origine ethnique.

Mécanisme n°1 : ‘une naïveté malléable’

Les universitaires à l’origine de l’étude indiquent que la première raison pour laquelle les étudiants d’élite choisissent une carrière en finance ou dans le conseil, ou encore de plus en plus dans les nouvelles technologies, tient à leur ‘naïveté malléable’, autrement dit leur manque de connaissance de ces carrières avant leur entrée dans les études supérieures. Ils précisent que « sur 56 personnes interrogées, deux seulement – dont les parents travaillaient à Wall Street – avaient des notions du monde de la finance avant de débuter leurs études, et qu’aucune n’avait la moindre idée de ce qu’était le conseil ».

Tout ce ceci évolue après quelques mois dans un établissement d’élite.

« Pour moi, une carrière en finance évoquait des métiers comme guichetier dans une banque, ou comptable, ou autre », déclarait Louis, « étudiant issu de la classe moyenne supérieure, en dernière année d’informatique à Harvard ». « Et puis brusquement, les gens commencent à nous parler de la banque d’investissement, de la vente, du trading, sans qu’on ait la moindre idée de tous ces domaines. Donc j’ai eu envie de voir en quoi tout ça consistait ». Louis s’y est intéressé au point de rejoindre la direction de l’un des principaux clubs d’investissement de Harvard : « en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, on commence à se construire un réseau [avec des banquiers] et à discuter avec des gens qui travaillent en banque d’investissement. Et franchement, c’est plutôt cool d’avoir ce type de relations avec ces établissements ».

Mécanisme n°2 : ‘la compétition entre étudiants induite par la frénésie du recrutement’

Une fois que les étudiants sont familiarisés avec les différents types d’opportunités que la finance peut leur offrir, ils observent avec intérêt – et un sens croissant de la compétition, comment ceux qui les précèdent de quelques années succombent au charme des banques et autres institutions financières.

Les chercheurs se sont entretenus avec Kevin, étudiant blanc de Harvard, issu lui aussi de la classe moyenne supérieure, embarqué « à New York tous les quatre matins » pour passer des entretiens en banque et pour qui ce fut « une expérience complètement folle ». Ils se sont aussi penchés sur les cas de Nathan, autre étudiant de Harvard, pour qui il y avait « une véritable ruée à l’ouverture des candidatures, et en fait, ma décision de faire carrière dans la banque n’avait rien de conscient. C’était plus, je suppose, ‘la peur de passer à côté de quelque chose’, même si je déteste ce terme » ; le cas aussi de Blair, lui aussi à Harvard, qui se décrivait à l’époque comme un vrai compétiteur et déclarait : « quand tous vos amis les plus brillants commencent à postuler pour ces jobs, vous commencez à vous demander si vous non plus, vous ne pourriez pas en décrocher un. »

Mécanisme n°3 : ‘l’insécurité et le prestige de la carrière’

Enfin, les chercheurs ont découvert que les étudiants des établissement d’élite choisissaient les carrières en finance justement parce que la finance comble « les espoirs de réussite que leurs écoles caressent pour eux. » C’est aussi un signe distinctif de prestige par rapport aux autres étudiants, aussi considéré – à tort  ou à raison – comme un gage de sécurité pour la carrière.

Pour Kris, étudiant d’Harvard, « décrocher un job en banque d’investissement … en fait, c’est en quelque sorte un moyen assez simple pour déterminer facilement si on a réussi ou non dans sa recherche d’emploi ».  Un autre ajoute : « On ne peut tout de même pas finir prof avec un diplôme de Stanford ».

Les résultats de l’étude sont intéressants – et inquiétants pour les banques : les chercheurs ont constaté que les motivations des étudiants d’élite pour la banque et le conseil pourraient tout aussi bien s’appliquer aux nouvelles technologies. Constaté aussi que les étudiants de Stanford idéalisent tout autant la high tech que la banque ou le conseil, et voient déjà ceux de Harvard suivre le même cheminement à très court terme.

Les chercheurs font également référence à une récente étude sur les diplômés d’Harvard, qui indique que si les étudiants d’élite recherchent la sécurité et le prestige d’une carrière dans la banque ou le conseil dans les années suivant l’obtention de leur diplôme, leurs plans de carrière à long terme sont très différents. Interrogés sur ce leurs objectifs professionnels à la fin de leurs études, 17% des étudiants d’Harvard ont déclaré vouloir travailler dans la finance, et 14% de ceux de Stanford dans le conseil. A la question « Que voulez-vous faire dans 10 ans ? » 6% seulement visaient encore la finance et le conseil, préférant pour le long terme des carrières dans la santé, l’enseignement supérieur et l’entreprenariat. Voilà qui explique pourquoi les banques  se lamentent de voir les jeunes diplômés quitter la finance au bout de quelques années seulement.

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