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La stratégie de SG conduit-elle les équipes CIB dans le mur ?

La nouvelle équipe dirigeante emmenée par Frédéric Oudéa a promis mi-juin de doubler les bénéfices de la banque en deux ans et vise un résultat net de six milliards d’euros en 2012, contre un objectif de trois milliards cette année. Pas de mal à être ambitieux. C’est plutôt la stratégie mise en place qui suscite des doutes chez les analystes, plus précisément la proéminence de la banque d’investissement dans son modèle.

CIB, premier pourvoyeur de profits, et de loin : un modèle dépassé ?

Quelques chiffres produits par Fitch dans son rapport semi-annuel des banques françaises, publié hier, permettent de toucher du doigt le problème. La contribution de la division CIB au résultat d’exploitation du groupe est de 59% au premier semestre chez SG, bien plus que chez ses pairs français (43% chez BNPP, 31% chez CA et 21% chez BPCE).

Si l’on se réfère à son plan Ambition 2012 , CIB devrait continuer à être le premier pourvoyeur de profits de la banque de la Défense, et de loin, autour de 40% des bénéfices nets consolidés. Si les équipes de SG ont une expérience considérable dans ce secteur, Fitch juge cette stratégie plutôt à haut risque , peut-on lire sur le rapport réalisé par Janine Dow et Eric Dupont.

Par opposition, BNPP est montrée en élève modèle. Elle est considérée comme la banque française ayant atteint le meilleur équilibre en ce qui concerne les contributions des différentes divisions, grâce notamment au développement de ses activités de banque de détail à l’étranger.

SG risque l’avarie après des revenus en nette baisse dans la division CIB

Un tel positionnement de la part de SG signifie que la moindre tempête sur les marchés fait tanguer son navire bien plus fortement que ceux de ses concurrents. Et ce d’autant plus que les activités Global Markets représentant deux tiers des revenues de la BFI chez SG, et seulement un tiers pour les activités de financement et de conseil.

Le premier semestre de cette année est plutôt parlant à cet égard avec des revenus en baisse partout sur les activités fixed income, activité la plus rémunératrice sur les marchés pour les banques, et une performance particulièrement décevante de la part de SG sur les activités actions : au deuxième trimestre, les revenus de la ligne-métier Actions de SG ont enregistré une baisse de 65% sur un an, en raison de mauvais résultats sur les produits dérivés, pourtant métier phare de SGCIB.

Sans surprise la BFI de la SocGen a payé un lourd tribut : son résultat d’exploitation est en baisse de 47% entre le premier semestre 2009 et le 1er semestre 2010, alors qu’il en en hausse de 12% chez BNPP, de +14% chez CACIB et de… +204% chez Natixis, qui revenait de loin.

Quelles marges de manceuvre ?

C’est dire si les résultats du troisième trimestre de SG, dont la publication est prévue le 3 novembre, sont attendus avec impatience. Les résultats des banques d’investissement américaines ne sont pas de bon augure.

Aussi on se demande bien comment SG peut sortir de l’ornière, d’autant plus qu’elle s’est fixée des objectifs de recrutement ambitieux en cours d’année. Trop peut-être ?

Les rémunérations, en particulier les bonus, sont l’une des grandes variables d’ajustement parmi d’autres. Fitch indiquait le 20 octobre dans un rapport dédié uniquement à la banque rouge et noire, que le ratio coût / revenu le plus élevé, toutes activités confondues, se trouve chez SG (à l’exception de BPCE) à 62,5%. La banque vise à réduire ce ratio à 60% d’ici à 2012. Pour SGCIB, le serrage de ceinture risque d’être bien particulièrement douloureux en fin d’année.

L’autre variable est bien sûr celle de l’emploi. Plus tabou certes, mais si efficace.

commentaires (2)

Comments
  1. CECI EXPLIQUE PROBABLEMENT CELA ….

    A suivre …

  2. “Les rémunérations, en particulier les bonus, sont l’une des grandes variables d’ajustement parmi d’autres.”
    Je comprend que des bonus soient garanties et qu’ils soient payé. Cela etant du à la concurrence et aux regles implicites entres banques. Mais nous devrions toucher un bonus QUE si l’on rapporte à la banque. Trop souvent, les bonus sont ‘fixés’ à l’avance et sont payé, tout simplement pour garder les ‘meilleurs’ enfin ceux qui vont dans le bon sens quand ca fonctionne.

    Bonus oui, mais clairement un % du gain de la banque par rapport aux travail de la chaine (Front->Middle->Back).

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