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Place financière de Paris : un rapport tire la sonnette d’alarme !

Les nuages noirs s'amoncellent sur la place financière parisienne

Les nuages noirs s'amoncellent sur la place financière parisienne

Délocalisation de centres de trésorerie de grands groupes, transfert des sociétés de gestion vers Luxembourg, émigration continue des jeunes diplômés financiers français vers Londres, Paris relégué dans certains classements internationaux à la 37e place : des signaux inquiétants se multiplient sur la perte de rayonnement progressive de la place financière parisienne.

Tel est en substance le cri d’alarme poussé par la Chambre de Commerce et d’Industrie Paris Ile-de-France dans un rapport de 68 pages qu’elle vient de rendre public. La CCI alerte sur la nécessité de maintenir une place financière d’envergure internationale à Paris, faute de quoi les centres de décisions partiront et sa position de métropole internationale sera menacée au profit notamment de la place londonienne qui joue un rôle hégémonique sur des marchés clés (euro/dollar, dettes des grands émetteurs publics de la zone euro…).

Derrière les mots, la CCI égrène des chiffres, rappelant que la place financière de Paris fait travailler 126.000 personnes (contre 255.000 à Londres) et représente 8% du PIB francilien. « On estime que la perte de ces activités engendrerait, par ricochet, des délocalisations de groupes et d’entreprises impactant significativement le PIB francilien », souligne Pierre-Antoine Gailly, président de la CCI Paris Ile-de-France, qui rappelle que Paris a de nombreux atouts : euro, épargne abondante, formation d’excellence, grandes entreprises de la finance. « Sa place financière doit être celle des entreprises et de la croissance économique et non, comme à Londres, celle des traders ! », poursuit-il.

Pas assez d’offres d’emplois

Il faut reconnaître que la place financière française ne manque pas d’acteurs, avec quatre banques systémiques présentes localement et globalement (BPCE, BNP, SocGen et Credit Agricole), 604 sociétés de gestion (dont 4 dans le Top 20 mondial) et 12.000 fonds d’investissement gérés en France (fonds monétaires, structurés, immobiliers ou de capital-risque). Mais malgré cela, les offres d’emplois ne suivent pas par rapport à d’autres places dans le monde.

Se basant sur une recherche menée sur eFinancialCareers.com le 30 avril 2014, le rapport de la CCI rappelle que quand Londres publiait ce jour-là 2.155 offres, Hong Kong 1.089 et Singapour 1.051, Paris n’en publiait que 359. « Enfin, si l’on observe les offres d’emploi, les annonces concernant des postes en France sont systématiquement en français alors que les autres offres sont toutes en anglais, facilitant ainsi l’accès de financiers du monde entier », déplore le rapport.

Eviter le scénario catastrophe

« Nous arrivons à un moment clé où rien n’est encore irréversible, mais où tout peut rapidement le devenir. Compte tenu de ces risques majeurs, la CCI Paris Île-de-France a décidé de se positionner sur les enjeux de la présence d’une place financière forte pour éviter ce scénario catastrophe », indique Patrick Gounelle, l’auteur du rapport.

Au regard de l’urgence de la situation, le rapport insiste sur la nécessité de créer une dynamique partenariale avec l’ensemble des parties prenantes, les acteurs financiers (investisseurs et intermédiaires), mais aussi les entreprises et les acteurs publics, comme elle l’a fait pour le marché de l’Euro PP.

L’une des idées phares consiste à créer un cercle vertueux pour conserver et attirer les intermédiaires et investisseurs en se basant sur des points forts (compétences, niveau de formation, innovation, etc.) ainsi qu’un environnement économique stable doté de conditions favorables à l’établissement en France (stabilité fiscale, incitations à l’établissement en France…).

Une démarche collective

La CCI recommande de mobiliser tous les acteurs concernés (pouvoirs publics, collectivités, associations, entreprises financières ou non, etc) et organiser un plan d’actions cohérent pour inverser la tendance. Cela dit, ce nouveau rapport n’est pas le premier à essayer d’alerter l’opinion publique sur les problématiques de la place financière de Paris.

Des associations de place comme Paris Europlace ont déjà lancé des appels qui ont permis, par exemple, la création de groupe de place regroupant acteurs financiers et pouvoirs publics comme Paris 2020. Et pas plus tard que jeudi dernier, l’organisme de promotion de la place financière parisienne a adressé une lettre ouverte au président François Hollande pour attirer son attention sur le danger que constituerait pour la Place l’adoption d’une taxe sur les transactions financières limitée à 11 pays européens sur 28.

« Les grandes places concurrentes que sont Londres, Dublin, Amsterdam et Luxembourg escomptent qu’une taxe ainsi cantonnée constituera un handicap insurmontable pour les Places financières concernées, et notamment de la Place de Paris », soulignent-ils. Preuve que le combat pour préserver ce qui peut encore l’être est devenu une lutte quasi-quotidienne.

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