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Quand les recruteurs en finance courtisent les profils ingénieurs

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Qu’ils soient jeunes diplômés, expérimentés ou seniors, les profils ingénieurs sont plébiscités par les recruteurs en finance, notamment pour leur capacité à innover. Et si au plus fort de la crise financière, bon nombre de diplômés d’écoles d’ingénieurs françaises se sont naturellement détournés de la finance, ils sont aujourd’hui de retour. Dans son enquête 2015 sur l’insertion des jeunes diplômés des grandes écoles, la Conférence des grandes écoles (CGE) indique que 18,8% de la promotion 2014 enquêtée en 2015 s’est orientée vers les activités financières et d’assurance, loin devant les autres secteurs.

Il faut dire que les besoins sont bien réels. A l’heure des Fintech, le rôle et l’importance des ingénieurs dans le secteur financier est en pleine évolution.   Entre l’arrivée de nouveaux métiers (Big Data,…), la digitalisation des entreprises et les évolutions réglementaires, les recruteurs n’échappent pas à une tension certaine quant au recrutement des profils ingénieurs. « Les ingénieurs devraient avoir, cette année encore, de belles opportunités à saisir pour ceux qui oseront sauter le pas. Les nouveaux métiers autour du e-commerce, du Big Data et du webmarketing absorbent des compétences entre technique, logistique et marketing », relève le cabinet de recrutement Hudson.

« La réglementation accrue et la digitalisation vont générer de nouveaux métiers et faire évoluer les profils vers plus d’expertise », rapporte quant à elle Anne-Sophie Luçon, Manager Exécutif Senior de Michael Page Banque et Assurance dans le baromètre des banques 2015.

Opération séduction

Cette année, la direction des systèmes d’information France de la Société Générale cherche à recruter 650 ingénieurs en CDI, a indiqué Odile Grassart, directrice du recrutement au sein de Société Générale. Parmi les profils recherché : des développeurs, chefs de projets, responsables sécurité ou architectes de l’information. Pour ce faire, la banque développe une stratégie de présence active sur les campus d’écoles d’ingénieurs : forums, conférences, parrainage voire soutien financier d’un établissement.

Les assurances elles aussi entendent bien être de la partie. Axa et l’École polytechnique ont ainsi lancé en juin 2015 la chaire Data Science for Insurance Sector. « Cette nouvelle chaire illustre parfaitement la politique de chaires de l’École polytechnique, tournée vers le monde économique et visant à satisfaire les besoins en recrutement des entreprises face aux mutations technologiques », explique Jacques Biot, Président de l’École polytechnique.

Enfin, les cabinets de conseil en management qui figurent parmi les principaux recruteurs de jeunes diplômés issus d’école d’ingénieurs, intensifient leurs recrutements. « Ces profils sont appelés à développer les activités de conseil et les nouvelles expertises du cabinet en transformation digitale, data analytics et cybersécurité », précise le cabinet PwC. Même discours chez Deloitte où davantage de profils ingénieurs seront recrutés, avec une attention particulière vis-à-vis des candidats détenteurs de doubles diplômes école d’ingénieurs et école de commerce.

La guerre des talents a un prix

Pour attirer ces profils, les recruteurs en finance n’hésitent pas à mettre en avant la rémunération. Surtout que les chiffres parlent d’eux-mêmes : à Londres, les diplômés des grandes écoles d’ingénieurs françaises sont mieux payés que ceux des écoles de commerce et des universités britanniques, selon une nouvelle étude du comparateur Emolument, menée sur un panel de 700 professionnels de la finance londonienne ayant obtenu leur diplôme après 2011.

Ainsi, les anciens étudiants de l’Ecole Polytechnique et de l’Ecole Centrale Paris affichent des salaires annuels atteignant respectivement 103.389 euros et 86.620 euros. Mieux encore : 100% des anciens diplômés de l’Ecole Centrale Paris qui travaillent en finance à Paris ou à Londres sont dans un poste de front office dans une banque d’investissement.

Dans ces conditions, guère étonnant que la Conférence des directeurs des écoles françaises d’ingénieurs (CDEFI) vienne tout juste de lancer une version anglaise de son site internet : « Accroître le rayonnement international des écoles d’ingénieurs est l’une des priorités 2015-2017.Cette vitrine en langue anglaise va permettre d’améliorer la reconnaissance du diplôme d’ingénieur par-delà nos frontières ». Preuve de l’intérêt du secteur financier pour les ingénieurs, L’AGEFI Emploi organise le 19 octobre prochain premier Salon « Les Ingénieurs & la Finance »… à la Maison des Polytechniciens. Tout un symbole.

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