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Pourquoi les meilleurs étudiants chinois en veulent à votre job en finance

étudiants chinois

Les étudiants chinois excellent en maths

L’histoire de Wall Street avec l’élite chinoise n’a rien de très glorieux. Accusées de favoriser les candidats chinois issus de familles influentes par rapport à des candidats réellement compétents, les banques concernées ont fait l’objet d’une enquête minutieuse avant d’être discrètement condamnées à une amende. Et pourtant, les banques continuent de recruter des étudiants chinois pour des postes à Londres ou à New York. Non plus parce que leurs familles sont liées au gouvernement chinois, mais parce qu’ils sont bons. Très bons même. Et parce qu’ils ont une vraie volonté de travailler dans la finance.

« Les étudiants chinois sont plutôt pessimistes et peu enclins à la prise de risque, » confie un ressortissant chinois au parcours atypique, passé par plusieurs établissements d’élite à la fois en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis, et arborant une liste de stages en banque et en capital-investissement à faire pâlir d’envie les meilleurs de la nouvelle génération. « Leurs parents ont traversé des moments difficiles, comme la révolution culturelle ou la famine, et ils sont moins susceptibles de les pousser à s’engager dans une voie différente. »

Il ose une comparaison avec les étudiants américains, qu’il trouve plus optimistes et plus prompts à prendre des risques « C’est ce qui transparaît à travers leur parcours. Ils ont plus facilement l’esprit d’entreprise. Les chinois aiment la banque parce qu’elle offre de magnifiques perspectives de carrière, même à ceux qui ne veulent pas prendre le moindre risque. »

Les banques de Wall Street ont leur part d’étudiants chinois d’élite. Les promotions d’analystes stagiaires pour 2015 chez Goldman Sachs, Evercore, J.P. Morgan, Morgan Stanley et bien plus encore, regorgent de ressortissants chinois. La plupart partagent une caractéristique commune : ils ont fait leurs études à l’étranger. La carrière typique comprend une licence à la London School of Economics, suivie d’un master dans un établissement américain de type Columbia ou Duke. Pour ceux – et ils sont rares, qui auraient fait leurs études en Asie, c’est quasi-invariablement le même parcours, avec un passage par l’école privée anglo-chinoise de Singapour.

Michael Karp, CEO du cabinet de recrutement new-yorkais Options Group, spécialisé en finance, confie voir nombre de candidats chinois postuler à des jobs de niveau ‘associate’ à Wall Street : « leur nombre a considérablement augmenté au cours des 10 dernières années. Beaucoup sont très forts en informatique et en maths, et c’est un avantage indéniable ».

Un autre ressortissant chinois travaillant dans l’informatique pour une banque européenne à Londres, après des études en Chine et au Royaume-Uni, confirme le stéréotype : « les chinois sont très bien formés en maths. J’ai passé l’équivalent de ma spé Maths du bac sans calculatrice. » Il ajoute que les chinois qui décrochent un poste à Londres comptent réellement parmi les meilleurs mondiaux : « les chinois qui viennent ici pour terminer leurs études ont survécu à une compétition d’une rare intensité en Chine. Ils sont brillants et prêts à travailler dur. Leur seul problème, c’est le fossé culturel. »

Pour un ressortissant chinois particulièrement brillant, persévérant et arrivant sur le marché avec une bonne formation, l’aide des banques pour surmonter les obstacles de l’immigration constitue un réel avantage. « Après mon diplôme, je pensais intégrer une entreprise informatique, » poursuit l’informaticien de la banque européenne. « Mais aucune n’a accepté de me sponsoriser pour décrocher un visa. J’ai donc dû trouver un compromis et j’ai postulé en informatique dans une banque – les chinois sont très pragmatiques ! »

A mesure que les talents chinois gravissent tranquillement les échelons de la hiérarchie, les compatriotes toujours étudiants se doivent, aussi excellents soient-ils, de développer d’autres compétences. Le pragmatisme, l’ardeur au travail et l’excellence constituent certes une très bonne base, mais cela ne suffira pas pour parvenir au sommet des banques d’investissement. 7% seulement des 10.000 CV de managing directors (MD) enregistrés dans notre base de données émanent de candidats dont la langue maternelle est le mandarin ou le cantonais. « Nous sommes trop modestes, » confie l’informaticien. « Nous n’avons toujours pas trouvé notre place dans la société. »


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