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12 écueils à éviter pour vos premières semaines de jeune analyste

Des milliers de nouveaux analystes à travers le monde s’apprêtent à franchir les portes des banques d’investissement. Dopés par leur succès à l’issue d’un processus de recrutement généralement coûteux, et d’autant plus sûrs d’eux qu’ils ont probablement enchaîné les stages les étés précédents, nombre d’entre eux seront sans doute tentés de croire que les portes du succès leur sont grandes ouvertes.

En réalité, ce n’est que le début du voyage pour ces jeunes diplômés ambitieux qui s’apprêtent à faire leurs premiers pas dans la vraie vie. Les premières semaines seront capitales. Voici donc, de l’avis (anonyme) de recruteurs, banquiers seniors et analystes, ce qu’il faut impérativement bannir pour éviter de se griller dès les premières semaines.

  1. Jouer le premier de la classe dès votre arrivée

Les banques d’investissement prétendent recruter des jeunes diplômés issus de multiples horizons universitaires, selon le bon principe que c’est au cours des premières semaines qu’ils seront formés aux fondamentaux de la finance. Dans les faits, la plupart des jeunes diplômés disposent déjà d’une base en finance, voire de connaissances approfondies, et sont souvent convaincus d’avoir dépassé le stade de la formation.

« Nombreux sont ceux qui ont l’air de s’ennuyer ferme pendant les sessions de formation, ou qui du moins produisent un effet ‘je sais tout’ », confie un recruteur de jeunes diplômés. « Si vous savez déjà quelque chose, pourquoi ne pas aider vos collègues au lieu de les snober ? »

  1. Le look débraillé

Suite au décès de Moritz Erhardt en 2013, alors qu’il était stagiaire chez Bank of America, la plupart des banques ont tenté de réduire le temps de travail de leurs collaborateurs juniors. Avec des résultats mitigés, sachant que la plupart des analystes sont de gros bosseurs, parfaitement autonomes et prêts à tout pour distancer leurs confrères. Néanmoins, rien ne sert de travailler toute la nuit sans savoir quand il est temps de rejoindre ses pénates, même pour un court moment.

Notre recruteur cite en exemple ceux « qui sont encore endormis sur leur bureau quand leurs collègues arrivent à 7 ou 8 heures du matin ». Et poursuit : « c’est tout sauf idéal – surtout parce qu’ils restent en général tout la journée qui suit sans pouvoir se changer. »

  1. Travailler sans pause

Sur ce point, un analyste de troisième année dans une grande banque américaine indique qu’il faut vraiment trouver le temps de rentrer chez toi, faute de quoi il est impossible de tenir le choc : « Vous serez totalement inutile, incapable de la moindre efficacité. Rentrez chez vous à 4 heures du matin, dormez quelques heures et mettez autant de réveils que vous l’estimez nécessaire pour être sûr d’arriver à l’heure au bureau. Vous serez au moins opérationnel jusqu’à la fin de la journée. »

  1. Accumuler les retards

Même si la ponctualité apparaît comme une condition fondamentale, la transition entre les études et un poste à plein temps est loin d’être aussi simple. Pour preuve, il n’est pas rare de voir les juniors arriver régulièrement en retard. Dans cet environnement, voilà qui a tendance à agacer.

Le recruteur de jeunes diplômés insiste sur ce point : « si vous êtes attendu pour une formation à 8 h 15, n’arrivez pas à 8 h 25. Vous ne venez pas pour un cours magistral en amphi – attendez-vous à quelques railleries si cela vous arrive une fois, mais soyez prêt à vous faire souffler dans les bronches si cela devient une habitude. »

  1. Oublier que vous êtes un boulet

Durant votre première année d’analyste, la courbe d’apprentissage est escarpée, mais le travail peut être fastidieux. La modélisation financière et l’apprentissage des raccourcis Excel peuvent s’avérer bien loin du fringant spécialiste des transactions que vous vous imaginez. Ceci ne signifie pas qu’il faille vous affaler sur votre chaise et tourner en rond à vous morfondre. « Il n’y a rien de plus énervant qu’un nouvel analyste manquant de détermination », ajoute notre recruteur.

  1. Poser des questions stupides

Par principe, il est toujours bon de poser des questions ; personne n’attend de vous que vous sachiez tout. Mais faire preuve de stupidité n’a rien de positif : « Ne pas comprendre ce qu’on vous demande est source d’embrouilles. S’il est tout à fait légitime de demander une nouvelle explication, au-delà de ce stade, vous êtes censé(e) avoir compris. Ne reposez donc pas la question – débrouillez-vous seul en prenant sur votre temps ou interrogez quelqu’un d’autre », indique Peter Harrison, ancien directeur exécutif chez Goldman Sachs, aujourd’hui à la tête d’Harrison Careers.

  1. Continuer de vivre aux crochets de papa maman

Pourquoi les analystes perçoivent-ils un salaire de base proche de 40k € durant leur première année ? D’abord pour avoir de quoi se loger à proximité de leur lieu de travail, confie un analyste de Londres qui résidait jusque très récemment en colocation près de Canary Wharf. « Vivre en grande banlieue chez ses parents n’est pas compatible avec les 80 à 100 heures de travail hebdomadaire d’un analyste. Mieux vaut louer un studio assez proche du bureau, ou envisager une colocation, pour réduire vos temps de trajet. »

  1. Jouer les rebelles

C’est tout sauf le bon moment pour jouer les fashion victims ; vous entrez dans une culture où le simple fait de porter des chaussures marron avec un costume n’est rien moins qu’un sacrilège. Pour Peter Harrison, « adopter un code vestimentaire différent des autres peut paraître insignifiant, c’est pourtant le meilleur moyen de vous faire cataloguer rebelle ». D’où ce sage conseil : « faites de votre mieux pour rester dans la norme ; c’est ce que votre employeur attend de vous. »

  1. Considérer que tout le monde vous apprécie

Peut-être avez-vous passé votre stage d’été à tenter de gagner les bonnes grâces de vos collègues pour décrocher le poste qui vous a finalement été proposé… Si tel est le cas, vous étiez probablement le meilleur candidat, mais cela signifie-t-il pour autant que vous êtes ‘pote’ avec tout le monde ? « Pas le moins du monde », nous confie un ancien analyste. « Vous ne partez pas de rien, mais il vous faut encore gagner le respect de vos pairs. »

  1. Appliquer le proverbe des chefs : “faites ce que je dis mais pas ce que je fais”

Vous remarquerez peut-être que votre managing director (MD) fait preuve d’une certaine arrogance, voire se permet quelques excentricités. N’essayez surtout pas de l’imiter. Le recruteur de jeunes diplômés nous rappelle en exemple « un MD en trading qui venait travailler en jean et T-shirt, tant et si bien qu’un jeune analyste a voulu en faire de même ». Verdict : « je lui ai dit que dès qu’il ramènerait le même volume de chiffre que lui, il pourrait s’habiller comme bon lui semble. »

  1. Echouer sur les fondamentaux

Imprimez tous les documents que vous devez rendre, relisez-les soigneusement et éliminez méthodiquement toutes les erreurs possibles et imaginables avant de les remettre à leur destinataire. Ce n’est pas un devoir de fac – aucun risque de le voir revenir sur votre bureau avec des annotations au stylo rouge. Si c’est nul, vous serez bon pour un savon. « Remettre un dossier à côté de la plaque est le meilleur moyen de se griller, suivi de près par le non-respect des délais », prévient Peter Harrison.

  1. Croire que vous avez droit à une période de mise en jambes

C’est fort dommage, mais la fin de la formation coïncide avec l’entrée immédiate dans l’action. Pas le temps donc de vous installer en mettant tranquillement les pieds sous la table. Vous n’aurez pas un trimestre pour vous mettre en jambes… c’est cap sur la performance, tout de suite ou maintenant. Notre ancien analyste de troisième année confie : « nombre d’analystes pensent qu’ils devraient passer l’été à arpenter l’Asie, alors qu’ils feraient mieux de s’atteler aux macros sous Excel ou de s’attacher à mieux comprendre le secteur. »


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