Les Français accros au CFA !

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Crise ou pas, les professionnels de la finance français sont tombés dans la potion. Depuis 10 ans que le CFA a été lancé dans l'Hexagone, le nombre de candidats se présentant à l'examen connaît une croissance annuelle à deux chiffres.

Pour la seule session de juin, 1.600 candidats ont tenté leur chance, soit une augmentation de 20% par rapport à la session de juin 2009, deux fois plus que la moyenne européenne. C'est aussi la deuxième plus forte progression à l'échelle mondiale, après l'Inde ! Pourquoi un tel engouement ?

Il y a quelque chose de spécifique au marché français : on adore les diplômes, c'est dans nos gênes, lance Nathalie Columelli, vice-Présidente de CFA France. Les recruteurs dans l'industrie financière française y sont particulièrement sensibles . Ainsi, il est très courant de voir le diplôme mentionné dans un communiqué annonçant une nomination de personnes à des postes très seniors.

Compenser un diplôme moyen ou un profil très scientifique

En France, l'étiquette du diplôme colle tellement à la peau qu'il y a cette croyance qu'une fois que vous êtes diplômé, les dés sont jetés (pour ne pas dire pipés !). Voilà pourquoi le CFA a gagné en popularité : il permet notamment à ceux qui n'ont pas la chance d'être diplômé d'une grande école de gagner en crédibilité.

Parallèlement, les Français sont plus enclins aux sciences dures en particulier les maths. Les recruteurs en finance cultivent d'ailleurs une certaine préférence pour les diplômes ingénieurs. Si ces profils sont toujours appréciés, ils n'ont plus autant la cote que par le passé, la crise des subprimes étant passé par là. Le CFA apporte un savoir complémentaire en matière d'analyse fondamentale et de compréhension des états financiers. Des qualités aujourd'hui particulièrement appréciés sur le marché de l'emploi en finance, témoigne Nathalie Columelli, vice-Présidente de CFA France.

Les grandes écoles et d'importants établissements financiers séduits

Preuve de cet intérêt grandissant pour le CFA, les grandes écoles en France s'adaptent à la donne. Sept d'entre elles ont déjà signé un partenariat avec CFA France. HEC, ESSEC, ESCP, Dauphine, INSEAD, EDHEC et ESC Reims se sont ainsi engagées à intégrer 70% du curriculum du CFA dans leurs cours. Ces partenariats constituent un facteur majeur expliquant la hausse constante du nombre d'inscrits à l'examen ces dernières années. Mais ce n'est pas le seul.

Le virus est également contagieux chez les professionnels expérimentés. De plus en plus d'établissements financiers s'intéressent d'ailleurs au programme. BNP Paribas, Société Générale, Amundi, AXA, HSBC ou encore Natixis figurent parmi les entreprises qui offrent à certains de leurs salariés la possibilité de financer la formation.

La qualification, surtout le niveau 3, assure une véritable reconnaissance auprès des pairs. Elle est le gage d'une curiosité intellectuelle et d'un vrai travail (250 à 300 heures annuels de préparation !). Les candidats sont chaque année plus nombreux à se présenter à l'examen car le CFA facilite les mobilités et les promotions en interne ainsi que les transitions de carrière, comme sortir de métiers très techniques tel le trading, assure Nathalie Columelli.

Un passeport pour l'étranger

A l'inverse du SFAF, diplôme qui n'est reconnu véritablement qu'en France, le CFA se trouve être surtout un excellent passeport pour l'étranger. Ces dernières années, il y a un déclic chez les jeunes professionnels. Beaucoup désirent partir travailler à l'étranger. Et le CFA clairement aide dans ce sens. Au-delà d'une qualification reconnue internationalement, le CFA aide à vous constituer un réseau à l'étranger. Les membres échangent entre eux, notamment à l'occasion d'évenements (conférences, forums, remises de prix...), relève Nathalie Columelli.

Selon le CFA France, les titulaires d'un CFA se font régulièrement chassés par des recruteurs basés à l'étranger. Environ 60 à 80 personnes sont diplômées chaque année. Dans le même temps, entre 30 et 50 diplômés quittent la France pour partir travailler à l'étranger.

L'effet de mode est mondial

Plus de 140.000 candidats à travers le monde se sont inscrits pour le CFA Exam du 5 juin 2010, ce qui constitue le nombre de candidats le plus important à s'inscrire à un cycle d'examen dans l'histoire de 47 ans du programme CFA. La zone Asie-Pacifique continue de fournir le plus gros contingent de candidats (40% du total), suivie des Amériques (37%) et de la zone EMEA (23%). Aujourd'hui, 86.700 personnes sont détenteurs de la certification CFA dans 133 pays. La France a donc encore un long chemin pour rattraper son retard !

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