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Les atouts pour devenir Risk Manager

Risk

Risk managers : des candidats très demandés

Depuis la crise financière, avec l’afflux de nouvelles règles et de régulateurs de plus en plus intrusifs, les banques d’investissement ont été conduites à recruter et recherchent activement des risk managers. Mais comment devient-on risk manager ? Nous nous sommes entretenus avec Ian Chow, VP Risk Management Asie-Pacifique pour la banque de financement et d’investissement de J.P. Morgan, en poste à Hong Kong.

Comment êtes-vous devenu risk manager ?

J’ai obtenu aux Etats-Unis ma licence en comptabilité et finance, puis j’y ai passé mon CPA – je suis donc expert-comptable. Mais chez J.P. Morgan, je n’ai intégré le risk management qu’il n’y a environ un an. Avant cela, je travaillais dans la gestion financière et gestion de clientèle. C’est en fait le résultat d’une promotion interne.

Quelles sont les qualifications requises pour devenir risk manager ?

Lorsqu’on parle de risk management, on a tendance à penser risque de crédit ou risque de marché. Pour ces deux domaines, il faut impérativement des qualifications en analyse quantitative et une compréhension approfondie des marchés de capitaux.

Cela implique-t-il d’avoir un diplôme de maths, de sciences ou d’ingénieur ?

Absolument. Vous devez être capable de comprendre l’exposition et ses conséquences ; il est donc très utile d’avoir suivi la bonne formation.

En quoi consiste votre poste en Product Risk ?

Comparé au risque de crédit ou au risque de marché, plus scientifique, le product risk tient plus de l’art, d’où l’importance d’avoir un sens critique développé. La remise en cause permanente du process et du business est indispensable. Poser des questions comme « avez-vous pensé à ceci ? », « avez-vous pensé à cela ? », « quelle conséquence pour certains changements liés à la régulation ? », etc. Il faut toujours envisager les conséquences avant le lancement d’un nouveau produit.

Il vous faut aussi de grandes qualités humaines. Par exemple être très discipliné, et à cheval sur les principes. N’ayez pas peu d’être le seul à vous exprimer, car vous êtes le seul, par votre indépendance, à avoir du recul ; et vous remettez sans cesse tout en cause pour vous assurer que tout a été pris en considération avant la mise sur le marché.

Dans la réalité, l’une des compétences fondamentales est de comprendre le bilan, les pertes et profits, et les autres états financiers.

Qu’est-ce que le FRM (Financial Risk Management) ? Est-ce vraiment utile pour devenir risk manager ?

C’est un plus, oui, mais pas un must. Comme le MBA en quelque sorte. Donc non, ce n’est pas indispensable.

Vous semblez préférer le CFA au FRM?

Les qualifications de type CPA et CFA sont toutes liées à la finance. Partant du principe que nous sommes un établissement financier, posséder quelques connaissances fondamentales sur les états financiers constitue bien sûr un plus. Mais là non plus, aucun caractère d’obligation.

Où se trouvent en général les risk managers dans les banques ? En front, middle ou back office?

Tout dépend du type de risque concerné. Certains sont impliqués dans les trois. Prenez mon poste par exemple : nous sommes complètement indépendant du business, j’ai donc plus un rôle de conseil en termes de risque global, environnemental ou profil de risque. Mais de nombreux risk managers ont clairement un rôle à jouer sur les trois tableaux.

Quel est le plan de carrière typique pour un risk manager comme vous, en risque de produit ?

Quand vous commencez au niveau junior, il se peut qu’on vous demande de vous concentrer sur un ou plusieurs produits déterminés, dans un secteur géographique délimité. A titre d’exemple, la région Asie-Pacifique (APAC), où je suis en poste, compte plusieurs sous-régions et marchés spécifiques.

J’imagine qu’il faut d’abord commencer avec quelques produits pris individuellement, avant d’étendre votre champ d’action à des attributions régionales. Après cette évolution, vous serez mieux armé pour occuper un poste à responsabilité régionale en APAC, qui pourra peut-être englober plus d’une ligne de produits.

Mais je devrais aussi insister sur un point : nos carrières ne sont pas nécessairement limitées à la gestion du risque. J’en suis moi-même un bon exemple. Lorsque j’ai rejoint J.P. Morgan après l’obtention d’un MBA à l’Université Chinoise de Honk Kong (CUHK), j’ai intégré une équipe à la direction financière, responsable des services aux investisseurs. Je suis donc passé à la gestion du risque après une période en gestion financière et gestion de clientèle. Et je ne suis pas le seul : notre plateforme internationale d’offres d’emploi propose une multitude d’opportunités et il y a ici quantité d’exemples de personnes passant tour à tour par les trois stades de front, middle et back office dans toutes les configurations possibles.

Donc en termes de plan de carrière, je dirais que le fait d’occuper des fonctions diversifiées vous offre une meilleure exposition et contribue à vous faire progresser plus vite et plus loin – tout simplement parce que le passage à ces différents postes vous permet de mieux comprendre le business et d’avoir une meilleure visibilité.

Vous avez passé une dizaine d’années aux Etats-Unis. Pourquoi êtes-vous revenu à Hong Kong ?

Comme je l’ai expliqué, c’est là-bas que j’ai passé ma licence, puis mon CPA, et j’y ai aussi travaillé pendant plusieurs années. J’avais en quelque sorte atteint l’objectif de mon passage aux US. J’ai donc pensé qu’il était temps de revenir. A cette époque, j’avais été admis à deux programmes MBA, un aux Etats-Unis et l’autre ici à la CUHK. Et je me suis dit qu’on venait de subir une crise financière, que mes racines étaient à Hong Kong et que dans les 20 prochaines années, le moteur de la croissance mondiale se décalerait de l’Ouest vers l’Est. Voilà ce qui a inspiré ma décision de rentrer à Hong Kong et d’intégrer le programme MBA de la CUHK.

Vous avez ensuite trouvé un poste à Hong Kong. Avez-vous déjà envisagé de repartir aux US ?

Je ne ferme la porte à aucune opportunité pour l’avenir, car J.P. Morgan propose un excellent programme de mobilité interne. Pour l’instant, je travaille à Hong Kong, mais il n’est pas impossible que je bouge au niveau régional.

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