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Pourquoi il n’est jamais trop tard pour passer le CFA…

Pourquoi il n’est jamais trop tard pour passer le CFA...

Paul Smith a pris ses fonctions de président et CEO du CFA Institute en janvier, après avoir intégré la structure en 2012 pour en diriger l’activité Asie-Pacifique, alors en plein essor. Il dirige toujours parallèlement Asia Alternative Asset Partners, son propre fonds spéculatif à Hong Kong. S’il dispose d’une solide expérience de plus de trente ans dans la gestion de fonds, il n’a passé et réussi les examens de CFA qu’il y a 15 ans. Nous avons profité d’une rencontre à la conférence CFA de Francfort en mai dernier pour lui poser quelques questions.

« Le CFA est en passe de devenir une référence dans le monde des services financiers, mais il n’induit pas d’augmentation de salaire ni de promotion… »

Paul : « Augmentation de salaire et promotion sont-elles les seules motivations à pousser plus loin vos études ? »

« Mais pourquoi se lancer dans un CFA si cela n’a quasiment aucun impact sur la carrière ? »

Paul : « En réalité, cela a bien un impact en termes de carrière, mais là n’est pas forcément la raison. La motivation première, c’est tout simplement de vous améliorer dans votre job. Et, par voie de conséquence, de pouvoir espérer un jour faire progresser votre carrière et votre rémunération. Mais inutile de suivre le Programme CFA si votre seul objectif est de mieux gagner votre vie. En revanche, si vous voulez mieux comprendre votre environnement professionnel, allez-y ! La formation en elle-même ne fera pas de vous un meilleur fund manager que moi, mais elle est très révélatrice de votre personnalité. Elle souligne votre engagement pour votre carrière ; c’est une preuve tangible que vous accordez une certaine importance à la connaissance et à l’expertise, et que vous êtes prêt(e) à passer du temps à les acquérir ; c’est aussi un signe de votre morale professionnelle, dans le sens où l’intérêt de vos clients prime sur le vôtre – voilà ce qu’induit un CFA. Et non pas : puisque j’ai un CFA, j’aurai plus de chances de décrocher un meilleur job ou une rémunération plus élevée. »

« Un jeune professionnel dispose de trois options : un Master en Finance, un MBA ou le CFA. En quoi le Programme CFA est-il meilleur que le MBA ? »

Paul : « Meilleur n’est pas forcément le terme qui convient. Tout dépend de ce qui vous intéresse et du domaine dans lequel vous envisagez de faire carrière. Si vous êtes attiré par la gestion d’investissement, vous devriez choisir le CFA. Si vous ne savez pas, mieux vaut peut-être vous diriger vers un MBA, qui vous apportera une meilleure visibilité au sein du monde des affaires. Le Programme CFA va plus en profondeur dans la gestion d’investissement. Donc inutile de vous attaquer au CFA si vous n’avez pas d’intérêt particulier pour la gestion d’investissement. »

« Dans ce cas, un MBA n’est-il pas préférable pour faire carrière dans le management ? »

Paul : « Nous n’enseignons pas de compétences en business management. Tout dépend du stade de votre carrière auquel vous suivez ces formations. Un MBA propose une approche plutôt large. Je suis expert-comptable, et c’est pour moi une formation encore plus diversifiée au monde des affaires qu’un MBA – qui lui se déroule exclusivement dans une salle de classe alors que la comptabilité se fait sur le terrain. J’ai donc d’abord opté pour la comptabilité, puis je me suis découvert une passion pour la gestion d’investissement et c’est pourquoi j’ai poursuivi avec le CFA. La façon d’acquérir les compétences de base dépend dans les faits de la tournure que prend votre carrière. »

« Le CFA est ouvert aux étudiants. Vous semble-t-il opportun de le passer le plutôt possible ? »

Paul : « Oui, bien sûr. Si vous vous intéressez à la sphère de l’investissement dès vos études, c’est une excellente qualification.

Avant la licence, vous ne pouvez passer que le niveau I – pas les niveaux II et III. Le niveau I vous donne une base pour ce que vous devez savoir au début de votre carrière de professionnel de l’investissement. Aucun problème donc pour l’acquérir durant vos études. Après cela, il faut aller sur le terrain pour engranger l’expérience professionnelle adéquate et réussir ensuite les deux autres niveaux nécessaires à la certification Charterholder. »

« … Et quand devient-on trop vieux pour passer le CFA ? »

Paul : « Je l’ai passé à 40 ans… »

« Le Royaume-Uni envisage un référendum pour décider de son avenir au sein de l’Union Européenne. Si le pays quitte l’UE, quel sera l’impact sur Londres et les centres financiers du continent tels que Francfort ou Paris ? »

Paul : « J’ai le sentiment, quand je voyage sur le continent, que les Européens en ont plus qu’assez de la position britannique depuis une dizaine d’années. Quand je pose la question à des certifiés CFA dans différents pays, ils me répondent fréquemment qu’il faut trouver une solution : rester ou sortir, mais surtout arrêter de tergiverser. Je trouve très positive la décision d’organiser un référendum car l’issue nous donnera enfin une réponse, dans un sens ou dans l’autre. Que la Grande-Bretagne quitte l’Europe serait de toute évidence une excellente chose pour Francfort – qui s’impose fort logiquement comme la place financière centrale d’un point de vue géographique. Le modèle serait d’ailleurs bien plus cohérent dans la perspective européenne. Mais je ne pense pas que le Royaume-Uni votera en faveur de la sortie de l’UE. »

« Mais quel serait l’impact sur Londres ? C’est le point central que nombre de banques internationales ont choisi pour piloter leur activité en Europe. Certaines ont déjà annoncé leur intention de réduire les équipes et le nombre de postes à Londres pour les transférer dans les pays de l’Eurozone. »

Paul : « Londres deviendrait un marché de second rang. Elle aurait toujours une place entre l’Europe, l’Amérique du Nord et l’Asie  Mais elle en ressortirait affaiblie du simple fait que toute institution financière établie à Londres est bien évidemment pro-Europe. Francfort, comme les autres places financières européennes, aurait tout à y gagner. Tout comme la Suisse a un avenir hors de l’UE, Londres aussi en aurait un – mais un peu moins brillant. »

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