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Le scénario du pire selon SG

Le worst-case debt scenario , rapport rédigé par Daniel Fermon, stratégiste à la Société Générale, a fait les choux gras de la presse britannique hier (telegraph.co.uk). La banque prépare ses clients au pire : une dette publique galopante paralysant l’économie et entraînant déflation, taux de chômage élevé, consommation atone…

Histoire de prendre les choses du bon côté, une fois n’est pas coutume, nous nous sommes creusés la tête pour mettre le doigt sur les secteurs qui tireraient profit d’un tel chaos. Il apparaît que ce scenario catastrophe pourrait faire quelques heureux parmi les professionnels de la finance :

Les spécialistes du distressed debt pourraient voir (enfin !) leur rêve se réaliser alors que
la crise actuelle n’a pas créé le boom attendu. Le marché commence seulement à décoller , nous a confié un chasseur de tête.

Les professionnels du Fixed Income : Inutile de dire que l’espoir déçu de renouer avec la croissance favoriserait massivement le marché obligataire , anticipe le rapport SG. Les marchés primaires et secondaires des emprunts d’Etat et des obligations d’émetteurs souverains deviendraient particulièrement actifs. Travailler sur les governement bonds deviendrait tout d’un coup super sexy !

Les front-officers sur les marchés des commodities verraient leur cote (et leur bonus !) boostées par une spéculation croissante sur les matières premières. Perçue comme une valeur refuge face au dollar, l’or, qui a vu son cours s’envoler de plus de 60% cette année (agefi.fr), atteindrait de nouveaux records.

Les équipes de compliance officers, déjà très occupés, seraient susceptibles de se renforcer. La pression des régulateurs pour obtenir auprès des banques davantage de garanties quant à leurs fonds propres étant d’autant plus forte que l’instabilité menace.

Les régulateurs verraient leur rôle renforcé et pourraient avoir besoin de nouvelles compétences. Le secrétaire américain au Trésor, Timothy Geithner, déclarait hier que malheureusement, le système de régulation qui a si affreusement échoué et entraîné la crise financière est précisément le système de régulation que nous avons aujourd’hui […]. Pour garantir la vitalité, la solidité et la stabilité de notre économie, (…) nous devons amener notre système de régulation financière au XXIe siècle. Nous avons besoin d’une vaste réforme financière (lesechos.fr).

Les contrôleurs internes, coqueluches du moment, verraient leur cote de popularité monter en flèche. La crise augmentant le risque de fraude, selon une étude publiée hier par PwC. Ainsi, 43 % des entreprises en France qui ont relevé des fraudes constatent une augmentation de leur nombre par rapport au passé et 40% des entreprises considèrent que la crise économique actuelle crée un climat propice à l’augmentation du risque de fraude.

Les spécialistes de la communication (de crise !) : pour les banques, communiquer auprès du public nécessite de plus en plus une expertise métiers – de surcroit en période de crise.

Le moment de penser à votre reconversion ?

commentaires (9)

Comments
  1. Tiens je ne savais pas que c’était une nouveauté… alors que TOUS les économistes/stratégies de banques prévoient des Worst Case Scenario dans leurs prévisions globales. Ils y accolent même des % de probabilité.
    De la à dire que la SG prépare ses clients au pire et une vue de l’esprit et un .raccourci journalistique pas très sérieux Mais bon peut on demander plus aux journalistes surtout anglo saxons après deux ans d’incuries, d’aveuglement et d’à-peu-près tout au long de la crise.
    Qui mise sur une Worst Case scenario sur le journalisme financier ?

  2. ” une dette publique galopante paralysant l’économie ..et entrainant la déflation “…Comment peut-on écire une ineptie pareille ? Comment peut-on croire une seconde qu’une hausse du degré d’insoutenabilité de la dette et/ ou altération de la signature souveraine pourrait cohabiter avec une déflation ?

    Puisque , nous dit-on ,afin de nous convaincre naivement : ” Inutile de dire que l’espoir déçu de renouer avec la croissance favoriserait massivement le marché obligataire Ah oui ? Vraiment ? On va donc signer des chéques en blanc aux gouvernements de tout genre et on va s’empresser de financer une dette obligataire qui, de toute facon n’aura aucune valeur et en écrasant les taux , chemin faisant …Un peu plus de sérieux , svp …

  3. Juste une précision par rapport à mon propos plus haut .

    En effet, il ne faut en aucun cas confondre (comme le fait le stratégiste SG ) , le mécanisme d’explosion de la dette PRIVEE , la spirale déflatonniste qui s’enlenche derrière lorsque les agents privés essayent de réduire sa charge , ainsi que le gonflement de la dette PUBLIQUE qui lui succéde in fine : l’endettement public se substitue sipmplement à une dette PRIVEE défaillante sous peine de voir une récession se transformer en dépression .

    A MT/ LT cet enchainement porte plutot des germes inflationnistes que déflationnistes cad des risques de tensions sérieuses pour le marché obligataire plutot que son soutien.

  4. l impasse des taux directeur a commence a se materialise en 2004 avec la hausse du petrole

    maintenant nous sommes dans l optique d une impasse fiscale

    l anomalie de la masse monetaire de 2001, c est vite transforme en hausse non controlée

    n importe quel economiste censé aurai du tiré le signal d alarme des 2004,

    deja des 1999-2000, la bulle sur les actions aurai du rendre mefiant les gouvernements

    maintenant c est trop tard il va falloir boire la coupe jusqu a la lie

    on va donc avoir baisse des recettes fiscale et hausse des depenses publiques et hausse de la charge fiscale et baisse des revenus des particuliers

  5. @ Julien > dans ce scenario de crise, le petrole est a 50 … Je sais que core CPI est hors-energie, mais le ralentissement de la consommation, pourrait effectivement mener a une chute des prix.

    Du coup, je ne comprends pas bien ta reaction.

    J’aurais mieux conpris si tu avais parle de la de-correlation USD/commodities, entrainant des pressions inflationistes aux US

  6. Bonjour AAA,

    je m’intéresse surtout des causes monétaires d’inflation .Or à MT/LT la principale menace est un chagement de comprtement des BC, FED en tete (mise en place d’exit stratégies ) ou encore les problémes de change des pays émergents qui actuellement soutiennent le marché obligataire (abandon des taux de change fixes, plus hypothétique ).

    Sinon, à CT , au regard des facteurs réels de formation des prix , le contexte inflationniste est neutre . Certes il n’ y a pas de tensions sur les taux d’utilisation équipements ; chomage élevé et seulement alors viennent les commodities , dont pétrole (au passage axer une analyse sur le pétrole est partiel) . Mais d’autre part , et surtout, l’essentiel de la spirale déflationniste, notamment son caractére cumulatif est derriére nous , pas devant .

    Bien sur , à CT/MT tout dépendra de l’amorce durable de la reprise , ainsi que le rétablissement des conditions de crédit privé , car actuellement on est pas loin d’une trappe de liquidité où la régulation monétariste active a du mal à produire ses effets .

  7. Bravo Julien, tu as repris un journaliste. Tant de connaissances, je m’etonne que tu sois libre un jeudi à 11h du matin, Goldman Sachs t’appellera surement cet après midi après avoir pris connaissance de tes remarques sur ce forum…

  8. Julienne, c’est bas comme remarque.
    tu ne fais pas progresser la réflexion…

  9. Julienne, ne t’en fais pas pour moi, va …J’ai tout le temps qu’il faut au monde et quand je l décide moi : je suis opérateur de marché (trader si tu préféres ) et pas analyste .

    Je voulais juste faire remarquer à ce strtégiste SG qu’évoquer un scénario neutre (ou désinflationniste à la rigueur ) ne parait pas aberrant , tant que le output gap n’est pas résorbé avec une reprise durable ,mais évoquer la déflation , c’est trop et nullement justifié .

    Hausse de l’endettement public et déflation en paralléle , c’est le cas Japon des années 90 , de facon implicite on fait référece à ce contexe , mais à l’époque la BoJ a réagi trop tard pour enrayer la spirale déflationniste que j’évoquais plus haut . De ce fait leur déflation étaent devenue cululativ et s’alimentant de facon autonome endémique (vous voyez bien que déflation ne veut pas dire simplement baisse des prix , loin de là ) .

    Quant à la basse du dollar , j’en parle pas en tant que facteur inflationniste car meme s’il tire à la hausse les prix es divers commodities , on n’observe nullment une accélération des prix des rpoduits importés , au contraire ils déclinent. Sans croissance aucun danger de ce coté là …

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