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OPINION : Fonds et LBO… à fuir ou à suivre ?

L’opinion négative d’un grand nombre de candidats n’est jamais étayée et continue de se propager, note Béatrice Andurand, associé au sein du cabinet Hoffmann & Baretti.*

Vous pouvez me proposer n’importe quel poste mais surtout pas dans un fonds, ni dans une entreprise sous LBO. Les fonds raisonnent à court terme dans une stratégie purement financière sans notion de valorisation pour l’entreprise . Cette remarque est symbolique, surtout émanant d’un candidat en train de quitter un groupe qui l’avait embauché trois ans plus tôt pour fermer un établissement. Elle est souvent fondée sur la mauvaise image qui est projetée des fonds et des opérations de LBO dans le public et ceci malgré les efforts louables des organismes représentatifs de cette profession et des acteurs directement concernés par ce type d’opération.

Déficit de communication des acteurs concernés, méfiance à l’égard de plus-value jugées socialement inacceptables ? On se heurte encore trop souvent à une méfiance diffuse dans le public, qui confond ainsi les fonds de pension avec les fonds d’investissement, les hedge-funds avec les précédents, bref, tout y passe ! Et pourtant il faut revenir à la raison et aux faits : peu de cadres savent qu’en 2006, 1,5 million de salariés étaient employés par des entreprises sous LBO, dont l’avenir n’aurait peut être pas été assuré autrement.

Une activité qui se mesure à moyen terme

Bien sûr nous n’allons pas vous parler d’un monde idyllique et vertueux où règne la philanthropie. Comme dans toute activité économique, il y a des échecs, des succès en demi-teinte et des comportements à risque ou discutables. Les moutons noirs existent, mais il y a aussi des professionnels de haut niveau, comme ce dirigeant d’un fonds connu qui tient compte de l’effort global consenti par les salariés d’une de ses participations et leur réserve une enveloppe sur la plus-value réalisée.

Alors n’écoutez pas trop les victimes supposées des LBO qui ne maîtrisent pas toujours les sujets de fond. Ils sont souvent plus prompts à s’exprimer que les heureux bénéficiaires de ces opérations qui restent trop souvent, par obligation, très discrets dans un pays où la réussite inquiète.

Attention ! Si ces opérations vous intéressent notez qu’elles ne sont pas le résultat de recettes toutes faites reproductibles à l’infini et consultables dans certains magazines. Il faut simplement saisir des opportunités qui sont diverses et se garder de penser que les fonds changent systématiquement le management des entreprises dans lesquelles ils investissent pour en recruter de nouveaux.

Ils préfèrent souvent garder les équipes en place, gage de pérennité et d’expérience. Ajoutons enfin que certaines opérations de reprise, se font aussi en partie avec la Direction existante épaulée par des dirigeants extérieurs (Buy-In Management Buy-Out). Donc si on vous parle de BIMBO ne pensez pas à une blonde accorte mais plutôt à un Buy-In Management Buy-Out. Et si les fonds décident d’associer aux équipes dirigeantes des cadres de haut niveau, pour développer des activités nouvelles ou apporter une nouvelle expérience, c’est là que se situent les vrais challenges pour des candidats experts et ambitieux. Nous disons donc : LBO à suivre !

* Article écrit en collaboration avec Renaud Prodel, associé chez Hoffmann & Baretti (www.hoffmann-baretti.com)

commentaires (2)

Comments
  1. Votre article me rappelle les débuts déjà anciens des opérations de LBO en france …
    Alors que je présentais..en 1995…. au comité de crédit de la banque pour laquelle je travaillais une demande de financement pour participer au montage d’un fond “mezzanine” avec d’autres banques (la dette “mezzanine” est une dette subordonnée qui intervient dans les financements à effet de levier type LBO), l’un des juristes éminent de la banque a voté contre cette proposition au motif que les opérations de “LBO” n’étaient pas “morales” …
    On utilise en effet le cash de la cible..etc . Le fond a finalement été constitué est s’est trés bien porté..; comme quoi les mentalités évoluent lentement ..mais il ne fait pas perdre espoir !!!!

  2. DAF depuis 1 an d’une filiale de groupe d’ingénierie avec LMBO, je vis de l’intérieur ce que vous dites. Le stress de la gestion de trésorerie est amplifié par la difficulté de gérer un rating bas lié à des pertes antérieures.
    La “mauvaise image” citée dans l’article vient d’un déficit d’information des cadres dirigeants qui ne comprennent pas toujours les mécanismes financiers de l’opération, ni la nécessité de respecter les budgets de ventes et surtout d’encaissements.
    Tout en respectant la discrétion inhérente à tout LMBO, je crois que la clé de la réussite tient à la prise de conscience des salariés autres que les membres de la DAF (ex.: Direction Technique, ingénieurs, Direction Commerciale, Achats,…). Les banquiers pourraient même, dans l’intérêt de ces opérations, organiser des cours de sensibilisation économique pour les salariés – ils acceptent bien de former les financiers de leurs clients dans des domaines spécialisés comme par exemple les garanties internationales, alors pourquoi pas un cours d’économie destinés aux vrais acteurs de la réussite d’un LMBO : les salariés?

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