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Les Français hyperspécialisés de La City menacés de licenciement

Du jour au lendemain, des équipes entières ont été rayées de la carte, constate Hélène, une jeune Française qui travaillait chez Lehman Brothers depuis un an. Les banques profitent de la crise pour faire le grand ménage (LePoint.fr).

Sur les quelque 60 000 Français qui travaillent dans les banques de La City, difficile de savoir combien vont perdre leur emploi et revenir au bercail. Malgré la gravité de la crise, nous n’avons pas observé à ce jour de mouvement significatif de retour de Français de La City vers l’Hexagone, explique Jérôme Bonnard, directeur du cabinet RCBF Consulting, spécialisé dans le recrutement d’ingénieurs pour les marchés financiers.

On n’observe pas de vague massive de retour en France, car les gens cherchent d’abord à rester à Londres : il faut être désespéré pour partir en cours d’année quand on a des enfants scolarisés. Attendons juin et la fin de l’année scolaire pour y voir plus clair , explique Stéphane Rambosson, associé du cabinet de chasse Veni Partners (LeFigaro.fr) .

Pour certains, nul besoin d’attendre le printemps pour savoir combien de financiers français vont quitter La City : nous en saurons plus lors de la publication des résultats annuels des banques et le versement des bonus à la fin janvier, les départs ayant alors généralement lieu début février, note Thierry Bossant, responsable de l’équipe basée à Paris du recrutement sur le front-office chez Huxley Associates. Les 35-40 ans à charge de famille sont les plus susceptibles de revenir, le système scolaire étant souvent jugé meilleur dans l’Hexagone. Certains sont d’ailleurs déjà revenus pour chercher du travail, quitte à laisser leur famille à Londres jusqu’au mois de juin. Mais les premiers à partir devraient être les plus jeunes : ils n’ont pas encore eu le temps de s’enrichir ni de mettre beaucoup d’argent de côté…

Retour gagnant ?

Les licenciements concernent surtout ceux qui se sont spécialisés dans les produits complexes et structurés : traders, structureurs, sales et analystes quantitatifs. Si jamais la crise perdurait, ils pourraient toujours, grâce notamment à leur niveau élevé en mathématiques, mettre leurs compétences à disposition de fonctions similaires autour de produits non dérivés , explique Jérôme Bonnard.

En France, sur ces métiers, beaucoup de candidats sont disponibles et peu de structures recrutent. Les compétences de certains Français de La City restent néanmoins recherchées et ils peuvent être embauchés à condition, pour un trader, de posséder un bon PnL (profit and loss) ou, pour un sales, un bon portefeuille clients , ajoute Thierry Bossant.

D’ailleurs, le phénomène n’est pas nouveau. Pour des raisons de coûts, des établissements ont déjà entrepris des déplacements d’équipes de quants de Londres vers Paris , rappelle Kevin O’Reilly, chef de la stratégie du département finance du cabinet Deloitte. Pour preuve, l’une des trois tours de la Société Générale à Paris serait même surnommée London-NewYork Tower en raison du nombre d’anciens des filiales de la SG à La City et à Wall Street qui y travaillent.

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