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Un gérant de hedge funds sur quatre a déménagé de Londres pour la Suisse

Furieux de la décision du gouvernement britannique de porter à 50% le taux maximal d’impôt sur le revenu et agacés par le tollé public contre le secteur bancaire en général, des centaines de professionnels travaillant dans les hedge funds ont déjà quitté le quartier chic londonien de Mayfair pour les alpages suisses.

Si ces départs ne représentent encore qu’une infime partie des 10.000 professionnels recensés par la puissante Alternative Investment Management Association (AIMA), ils pourraient néanmoins être suivis par d’autres, tentés d’imiter ainsi des personnalités de premier plan comme Alan Howard, fondateur de Brevan Howard, et Mike Platt, de BlueCrest Capital, qui ont déjà fait leurs valises.

En tout cas, le phénomène prend suffisamment d’ampleur pour inquiéter les caisses publiques de la Grande Bretagne:d’ores et déjà, le manque à gagner des recettes fiscales est estimé à 500 millions de livres, d’après le cabinet conseil Kinetic Partners selon qui un quart des gérants auraient déjà quitté Londres pour la Suisse.

Et ce n’est sans doute pas la directive européenne AIFM (Alternative Investment Funds Managers) sur les gestionnaires de fonds alternatifs, qui impose plus de transparence à cette industrie, qui devrait les faire revenir au bercail.

L’offensive fiscale des villages suisses

La région suisse de Höfe à Schwyz, où se trouve le village de Pfäffikon, prévoit de baisser son taux d’imposition de 17% à 15% et espère ainsi attirer les hedge funds britanniques. Nous savons que de nombreux fonds basé à Londres ne sont pas satisfaits de la hausse des impôts en Grande-Bretagne, d’où le positionnement de la Suisse et Pfäffikon comme une plaque tournante des hedge funds, explique Marcel Jouault, du département de la promotion des affaires à Pfäffikon (Guardian). De nombreux immeubles de bureaux seront achevés en 2011 et 2012. Des impôts plus faibles attireront davantage de business .

Déjà, le plus grand hedge fund mondial coté en Bourse, Man Group, peut se targuer d’avoir deux sièges : l’un à Londres, l’autre à Pfäffikon, un paisible village suisse entouré de collines et de prairies et qui il y a peu de temps vivait de l’agriculture. Or, rien que cette année, plus de 300 entreprises s’y sont établi, parmi lesquelles un certain nombre de hedge funds : Avis Asset Management, Commodity Partners, Fargill Investments, Sussex Partners, Hadrian’s Wall Capital, Highland Capital Management et Twelve Capital pour ne citer qu’eux !

Même les grandes banques helvétiques ne résistent pas au son des clochers des petits villages suisses. Pour preuve, UBS a récemment construit une base dans l’enclave des Alpes, près de Zurich. Enfin, avec un taux d’imposition global de 23% (et de seulement 9% pour les sociétés offshore), le plus petit canton de Suisse, Zoug, est devenu un paradis fiscal pour des hedge funds comme Timber Hill Europe et Amplitude. Mais les gérants de hedge funds insistent sur le fait que leur déménagement n’est pas seulement motivé par la fiscalité, mais aussi pour la qualité de vie.

Un cadre de vie meilleur ?

Nous avons déménagé de Londres à Zoug il y a deux ans, mais uniquement pour des raisons personnelles et non pas à cause des taxes, reconnaît Karsten Schroeder, directeur général de Amplitude Capital. Londres est une grande ville, très bruyante, animée et intense, alors qu’ici, c’est plus cool. J’y trouve un meilleur équilibre, c’est une vie tranquille .

Comparé à Londres, même Genève fait figure de havre de paix. La qualité de vie est ici exceptionnelle. Écoles, soins médicaux, culture et loisirs sont tous de haut niveau par rapport à Dubaï et à Hong Kong, qui sont certes de bons endroits pour faire du business mais moins enviables du point de vue de la qualité de vie , rappelait dans nos colonnes Daniel Loeffler, responsable du Service de la promotion économique de Genève.

Dernier attrait, et non des moindres : le coût de la vie en first class a chuté pour la deuxième année consécutive, selon l’édition 2010 du Stonehage Affluent Luxury Living Index. L’an dernier, la baisse a été attribuée à la faiblesse de l’économie mondiale qui a contraint les particuliers fortunés à modérer leurs dépenses. Cette année, la force du franc suisse – en hausse de 15% par rapport à l’euro et de 3,6% par rapport au dollar – a été le principal moteur d’une nouvelle baisse de 6,2 % , explique Mark McMullen, directeur exécutif du groupe Stonehage à Genève (eFinancial News). De quoi ravir plus d’un gérant amateur de bons vins, de cigares et de belles voitures…

commentaires (5)

Comments
  1. Tiens, et l’an passé les jaloux disaient que personne n’irait en Suisse: trop ennuyeux, trop lent, trop Suisse…

  2. he bien je persiste ! jamais j’irais vivre dans un mouroir comme la suisse ! c’est un pays de mort où les gens n’ont qu’une occupation , compter leurs liasses ….

  3. Prochaine bulle = Hedge Fund

  4. la suisse, c la suisse…un énorme signe de victoire présenté à tous ses voisins…mais tres bonne qualité de vie.

  5. Meme commentaire que king. La Suisse est un véritable exemple économique mais qu’est ce qu’on s’y ennuie. Il faut etre Suisse, vénal ou suicidaire pour y habiter. L’argent est en Suisse mais le bonheur n’y est pas

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