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2.000 euros, un argument suffisant pour convaincre les recruteurs d’embaucher des seniors ?

Ce n’est pas nouveau, la France figure dans le peloton de queue de l’UE en ce qui concerne le taux d’emploi des seniors. Il est à peine supérieur à 38% pour les plus de 55 ans… qui vont pourtant devoir travailler jusqu’à 62 ans.

Galère

Tout ou presque a été essayé par les gouvernements. Mais le senior – notion que le gouvernement fait démarrer à 45 ans – continue de galérer. Les commentaires désabusés postés sur un article récent du site prouvent que la Finance ne fait pas exception.

Le gouvernement décide donc de mettre à nouveau la main à la poche et annonce qu’il offre une aide supplémentaire de 2.000 € pour chaque embauche d’un demandeur d’emploi de plus de 45 ans, cumulable à celles déjà versées (2.000 € pour les contrats de professionnalisation) et aux exonérations de charges, ces dernières ayant été la seule mesure sur l’emploi des seniors prise dans le cadre de la réforme des retraites

Objectif : faire évoluer la vision des recruteurs sur les seniors. Un leurre ?

En 2008, un sondage révélait que 70% des DRH considéraient âgé un salarié de 45 ans. Plus de la moitié d’entre eux avouaient également considérer ce facteur, en dépit de la loi.

Mars 2011, un chasseur de têtes ne me dit pas autre chose en évoquant le sort malheureux de certains vieux sales sur les marchés et en gestion d’actifs restés sur le carreau : Ce sont les vendeurs âgés de plus de 40-45 ans – licenciés plus que les autres pendant la crise – que l’on a le plus de mal à placer. Les recruteurs nous font comprendre qu’ils ne sont pas intéressés par ce type de profils.

La niac

Dans l’argumentaire de ces derniers, souvent aucune mention n’est faite des compétences. On évoque plutôt une notion floue et non moins subjective:la niac. Ces seniors en seraient moins dotés que leurs confrères trentenaires. Passons.

Parallèlement, les jobs en finance typiquement réservés aux profils mûrs se font ravir par des plus jeunes. Le senior banker, justement, en vogue aujourd’hui sur le marché de l’emploi, ne se caractériserait plus ni par son âge, ni par ses cheveux blancs ! , explique Thierry Aulagnon, responsable des relations clients et de la banque d’investissement de SGCIB, cité par L’Agefi dans un article consacré aux nouveaux visages des banquiers conseils.

Aujourd’hui, on veut des personnes plus jeunes, des spécialistes de la finance d’entreprise qui ne connaissent pas forcément les grands clients mais qui seront capables d’instaurer un dialogue permanent et de créer une relation de confiance, renchérit Florence Soulé de Lafont, associée au cabinet de chasse de têtes Boyden.

Apathie

Les seniors ont encore du souci à se faire. Aides financières aux employeurs, CV anonyme, ou même recrutement sans CV… Ce ne sont pas les idées qui manquent. Mais rien n’y fait.

L’annonce de la nouvelle aide annoncée hier par Nicolas Sarkozy n’a d’ailleurs pas fait beaucoup réagir, sauf peut-être Ségolène Royal (mais qui répond à côté du sujet). Comme si ce fléau mettait tout le monde mal à l’aise. Ou pire, que l’on s’était résigné à vivre avec.

commentaires (5)

Comments
  1. Effectivement gros problème en France où on met les gens dans des cases dont il est impossible de sortir même si on veut faire autre chose et si on sait faire plein d’autres choses…quant à l’age…n’en parlons pas.

    Je pense que question investissement et dévouement vis à vis des entreprises dans lesquels ils se font embauchés les quinqua compensent certainement une “fatigue” par les heures qu’ils ne comptent pas, une vraie expérience, un savoir faire (et non un savoir briller) qui compte beaucoup et compensent aussi avec le comportement moins investi de la génération Y qui soit dit au passage à tout compris à notre société.

    J’en manage quelques uns (bac +5) : ils bossent bien, font juste le nombre d’heures nécessaires et le travail qu’on leur demande (mais pas plus), prennent tous leurs congés, profitent de tous les avantages et n’ont aucun état d’âme concernant la boite qui les paye…ils ont bien raison vu comment on traite les “vieux” qui ont donné plus de 25 ans à se défoncer pour leur entreprise, ont rapporté ces millions d’Euros en PNB et qu’on éjecte quand ils gênent dans l’organigramme ou dans une fusion. ..Les seniors ont encore du soucis à se faire, idem les jeunes…

  2. la gestion des RH dans les entreprises en general est encore a la prehistoire. c’est d’ailleurs un scandale et devrait etre denonce plus souvent. mais d’un autre cote ils peuvent se le permettre avec le chomage galopant.

  3. C’est bien tout le problème de la société française.
    Tant que les drh et les chasseurs de têtes n’auront pas compris que la diversité fait la richesse de l’entreprise, nous aurons des caricatures d’entreprises où la moyenne d’âge plafonne à 30 ans.
    Toucher une prime de 2000 euros me parait renforcer le fait qu’il y ait un réel problème de reconnaissance pour les vieux de 45 ans dont je fais partie.
    Eduquons les drh et les chasseurs de tête qui n’ont jamais eu de problème de chomâge.
    La jeunesse n’est pas éternelle, la bétise non plus.

  4. Il est assez comique de voir, que dans cette société de l’information on ne sache plus choisir la bonne information
    Il y a des vieux qui sont la sagesse ancestrale et des jeunes qui ont le courage et la fougue.
    Il y a des vieux en bout de route et il y a des jeunes trop gâtés qui ne savent pas ce que c’est que la route. C’est de toute façon un faux débat, puisque on est tous derrière des machines et que ce sont elles la force de production. D’ici qu’elles prennent le pouvoir même le DRH pourra aller se rhabiller. Je suis pour la pluralité qui est une richesse lorsqu’il y a cohésion et une bonne énergie. Des entreprises atteintes par leur jeunisme ne montre qu’une chose un manque de confiance en elle.
    Car elles oblitèrent ce qu’est la cité et les citoyens un mélange de gens et de travailleurs. Je pense tout de suite à une politique de dictature lorsque je vois une entreprise ou tout le monde à moins de 30 ans.

  5. C’est affligeant de constater qu’à 40, voire 45 ans passés vous êtes déjà bon pour la casse ou presque…que dire alors de 50, ce qui est mon cas depuis peu.
    Trop expérimenté? 24 ans de vie professionnelle, une douzaine en opérationnel dans la banque d’investissement, 7 dans l’asset management, de vagues études de droit, et donc aujourd’hui je ne vaux plus rien, y compris pour une grande structure associative en recherche de professionalisme.Tant qu’on est pas dans le moule, on entre pas dans la case du recruteur.

    L’ai vécu à 40 ans en postulant pour le fun pour le job à un poste de trader, métier pratiqué pendant une douzaine d’années;qu’ai entendu en guise de réponse.? vous n’êtes pas ingénieur? ah, oui il faut effectivement être ingénieur, même ingénieux pour inventer des produits financiers qui ont contaminé toute la planète, dont les effets se font encore sentir aujourd’hui, hélas pas pour les plus chanceux…puisque ces ingénieurs continuent à se goinfrer de “bonus” presque honteux; continuez ainsi, et vous reverrez des têtes sur des piques un jour prochain, peut être p&lus proche qu’on ne l’imagine…

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